Mansi, Conc. ampliss. coll., t. n, col
férant l'épiscopat avec le titre de coadjuteur.il sollicita l'agrément du primat de Carthage, l'obtint et fit donner à Augustin la consécration épiscopale par le primat de Numidie avec l'assentimeut des évêques voisins, des clercs et des fidèles d'Hippone. Ce n'est que plus tard que Valère et Augustin apprirent que le concile de Nicée avait établi en principe qu'il ne devait pas exister en même temps deux évêques dans la même ville *. Aussi, trente ans plus tard, en 426, saint Augustin à son tour choisit son successeur, Héraclius, proclame ce choix qui soulève les applaudissements du clergé et du peuple 2, mais il se gardera de faire conférer l'épiscopat de son vivant à l'élu ; il se contentera de le charger de l'administration du temporel et du contentieux de l'Eglise qu'Héraclius est appelé à gouverner un jour. Si saint Athanase, soucieux de ne pas contrevenir aux dispositions du concile d'Antioche, s'est borné à présenter son successeur éventuel, saint Augustin n'a pas eu le même scrupule, vraisemblablement parce qu'il ne connaissait pas ce concile oriental, et s'il n'a pas « sacré », il a certainement « établi» son successeur. Mais à défaut du canon 13e d'Antioche, on aurait pu, peut-être, avoir connaissance en Afrique du canon 76e (75e) du recueil intitulé « Canons apostoliques » 3. Ce canon est ainsi libellé : « Un évêque ne doit pas élever à l'épiscopat son frère, son fils ou tout autre parent, car il ne sied pas de réduire l'épiscopat aux conditions qui règlent le patrimoine et ce qui vient de Dieu ne supporte pas les mesures humaines, qu'on ne transmette donc pas l'Église de Dieu par héritage. Une élection accomplie dans ces conditions sera nulle et l'évêque qui l'aura rendue possible sera excommunié 4. »
Les « Canons apostoliques », quoique répandus en Occident par plusieurs versions latines, n'y ont pas été toujours strictement observés. Au viie siècle, saint Avit de Clermont transmet son siège épiscopal à son frère saint Bonet, avec l'agrément du roi et du clergé 5, et au vie siècle, en Gaule, aucune trace n'existe du canon d'Antioche, puisque Grégoire de Tours nous montre saint Domnole du Mans, Bertrand de Bordeaux et saint Félix de Nantes essayant de faire agréer les sujets choisis par eux pour leur succéder 6.
Il semble toutefois que la concession des coadjuteurs épiscopaux pourvus du droit de succession n'ait jamais été qu'une tolérance. Au concile
1. On rassura Augustin en lui expliquant que son cas s'était rencontré en Afrique et ailleurs. Possidius, Vita Augustini, c. vni.