CINQUIÈME SESSION
évoques ont établi et qui leur agrée à l'unanimité sera communiqué à l'empereur 1. »
C'est probablement à ce moment que se place cette allocutio (lepOŒfcùvnjTtxoç) du concile à l'empereur Marcien, que Mansi et Hardouin ont insérée après tous les procès-verbaux des sessions, mais qui évidemment appartient aux premiers temps du concile, et qui a clù ou bien être présentée par écrit à l'empereur à l'issue de la v° session (les commissaires avaient, en effet, promis de lui faire connaître ce qui se passait), ou bien être prononcée dans la vic session et en présence même de l'empereur 2. Or le titre de TupoaowvYjTixoç ou allocutio semble donner raison à cette dernière hypothèse ; toutefois Facundus 3, qui se sert également de l'expression allocutio, pense qu'elle a été simplement écrite à l'empereur, et c'est aussi l'opinion de Tillemont4. 11 est dit dans cette allocution : « Dieu a donné au concile un lutteur contre toutes les erreurs, dans la personne de l'évêque de Rome qui, semblable h Pierre toujours si zélé, voulait conduire tout le monde à Dieu. Que nul ne se permette, pour éviter que ses propres erreurs soient condamnées, de dire que la lettre de Léon est en opposition avec les canons, sous prétexte qu'il est défendu de donner une déclaration de foi autre que celle de Nicée ; celle de Nicée
de Théodoret et d'ibas. La majorité veut d'abord exclure l'évêque de Cyr. Les légats insistent pour qu'on le reçoive : il en a appelé à saint Léon et saint Léon a proclamé son orthodoxie. On l'introduit ». On lui tend un piège en l'invitant à jeter l'anathème sur Nestorius, il prononce l'anathème. Ibas est admis à son tour et rétabli sur son siège. Ainsi Théodoret et Ibas étaient entièrement réhabilités par les soins des légats. « Nous ajouterons que des monophysiles comme Dioscore se rencontrèrent avec des nestoriens comme Jean d'Egée pour voir dans le concile de Chalcédoine la revanche du parti néo-nestorien. La profession de foi de Chalcédoine coufirme-t-elle ce jugement ? Après avoir réprouvé d'un coté ceux qui rejettent l'expression Oeotoxo;, elle condamne ceux qui parlent de confusion et de mélange des natures (o-jy^-jt'.ç, y.pâcri;) et le Théopaschite ; plus ceux qui, admettant les deux natures avant l'union, n'eu admettent qu'une seule après l'union. » (H. L.)
1. Mansi, Conc ampliss. coll., t. vu, col. 118 ; Ilardouin, Coll. concil., t. n, col. ',55.
2. Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vu, col. 455 ; Hardouin, Coll. concil., t. n, col. 643.
.'i. Facundus, Dcfensio trium capitulorum, 1. II, c. n, P. /,., t. lxvii, col. 560 sq.
4. Tillemont, Mémoires pour servir à Vhistoire ecclésiastique des six premiers siècles, in-4, Paris, 1711, t. xv, p. 714 sq.
suffit, il est vrai, amplement pour les fidèles, mais il faut s'opposer à ceux qui cherchent à altérer la foi, donner les réponses les plus concluantes contre leurs arguments, et cela non pour ajouter rien de nouveau à la foi de Nicée, mais pour réfuter les nouveautés des hérétiques. Ainsi, par exemple, la foi orthodoxe au sujet du Saint-Esprit avait été déjà exprimée dans ces mots (du symbole de Nicée) : Je crois au Saint-Esprit, et ce texte était suffisant pour les orthodoxes ; mais à cause des pneumatistes, les Pères (du second concile général) ont ajouté : Le Saint-Esprit est Seigneur et Dieu et provenant du Père. De même la doctrine sur Tincarnation est déjà contenue dans ces mots du symbole de Nicée : 77 est descendu et s'est fait chair et homme (y.axôÀÔovTa %a\ aap«/,G)ÔÉvxa xal èvav6pcoTC^aavia) ; mais Satan a induit en erreur bien des gens, poussant les uns à nier que Dieu fût né d'une vierge et à rejeter l'expression de 6sot6xoç, d'autres à déclarer que la divinité du Fils était soumise au changement et à la souffrance (ïp$%vffl *$ ^aÔ^T^v), d'autres à défigurer le caractère (xà Yvcopur- {j.aia) de l'humanité prise par Dieu, d'autres à affirmer que la divinité s'est simplement unie au corps d'un homme et non pas à une âme, du moins à une âme raisonnable ; d'autres à nier le mystère de l'union (des natures), et à représenter celui qui a paru (xb çaivojpisvov) comme un simple homme semblable à un prophète ; d'autres enfin à ruiner par la base la différence des natures ; c'est pour cela que les Pères, Basile le Grand, le pape Damase, etc., et les conciles de Sardique * et d'Ephèse ont jugé nécessaire d'ajouter de nouvelles déclarations à l'antique foi de Nicée. Qu'on ne dise pas : On aurait dû s'en tenir là (à la déclaration du concile d'Ephèse) ; car les hérétiques eux-mêmes ne s'en tiennent pas là, et saint Cyrille, dans sa lettre aux Orientaux, de même que Proclus de Constantinople et Jean d'Àntioche ont recon- [474 nu, eux aussi, la nécessité de nouvelles explications. On ne doit donc pas regarder comme une nouveauté la lettre du vénérable évêque de Rome. En fait, Léon n'a rien changé à la foi proclamée par les Pères. » Gomme preuve le concile ajoutait à son allocutio une série de passages extraits de saint Basile le Grand, saint Am-
1. C'est une allusion au decretum de Fide qui fut proposé au concile de Sardique, mais qui ne lut cependant pas promulgué. V. plus haut, l'histoire du concile de Sardique.