‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 55 sur 544 · CINQUIÈME SESSION · texte numérisé non relu

CINQUIÈME SESSION

broisc, saint Grégoire de Nazianze, saint Àthanase, saint Jean Chrysostome, saint Cyrille 4. Tillemont et dom Ceillier ont pensé que cette allocutio rédigée pour l'empereur, probablement par les légats du pape, avait été composée d'abord en latin et traduite en grec. Ce qui le prouve, c'est qu'elle se borne à parler de YEpistola dogmatica du pape Léon, dont elle fait l'éloge, et que le texte latin de cette allocutio, que nous possédons encore, loin de paraître une traduction, est d'un style beaucoup plus élégant que la version latine des autres actes de Chalcédoine 2.

t. Mansi, Coll. ampliss. conc, t. vu, col. 455-474 ; Hardouin, Coll. conc, t. ii, col. 643-654.

2. Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire des six premiers siècles, in-4, Paris, 1711, t. xv, p. 713 ; dom Ceillier, Hist. des auteurs sacrés, l'e édit., t. xiv, p. 690. Àm. Thierry, Nestorius et Eutychès, in-8, Paris, 1878, p. 376, résume les légendes auxquelles donnèrent naissance les péripéties de la vc session de Chalcédoine. « La séance de martyrium resta célèbre dans l'antiquité, dit-il, et la légende s'en empara bientôt. Elle raconta que les évêques réunis autour du tombeau d'Euphémie, ne pouvant s'accorder sur la rédaction d'un projet, convinrent de s'en remettre au jugement de la sainte. Chaque parti, hérétiques d'un côté, catholiques de l'autre, formula sa proposition sur deux rouleaux de papier séparés qui, vers le soir, furent déposés à l'extrémité du cercueil, fermé ensuite à clef et scellé soigneusement. Puis l'assemblée se mit à supplier la sainte de l'éclairer par une révélation, et suivant le récit légendaire, la commune prière aurait duré toute la nuit. Le lendemain matin, les évêques enlevèrent les sceaux et ouvrirent la châsse et alors un spectacle étrange frappa leurs regards. La sainte tenait un des rouleaux dans sa main ; l'autre était jeté sous ses pieds avec l'apparence du mépris : celui qu'elle tenait était naturellement le symbole catholique. Une variante de la légende porte que l'empereur et l'archevêque de Constantinople ayant été appelés pour contempler le prodige, Euphémie, levant le bras, leur tendit le rouleau qui contenait la profession de foi orthodoxe. Cette fable, recueillie dans les temps postérieurs par des historiens peu scrupuleux sur la vraisemblance, devint tellement populaire qu'on ne peignit plus la patronne de Chalcédoine qu'un rouleau de papier à la main, comme une sibylle qui guidait les conciles œcuméniques eux-mêmes dans l'interprétation des dogmes sacré». » (H. L. )

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