Sixième session, le 25 octobre 451 l
La vie session l'emporta en solennité sur les précédentes2. L'empereur Marcien et l'impératrice Pulchérie y assistèrent avec un grand cortège, tous les commissaires et sénateurs 3. L'empereur [475] ouvrit la séance par un discours en latin 4: « Dès le début de mon règne, j'ai eu à cœur la pureté de la foi. Mais, par l'avarice et la malice de quelques-uns, beaucoup ayant été induits en erreur, j'ai convoqué le présent concile pour éloigner toute erreur et dissiper
1. Tillemont, Mém. hist. ecclés., in-4, Paris, 1711, t. xv, p. 919, note l sur saint Léon : « Que le 25 d'octobre n'estoit point la feste de saint Callinique, ni de sainte Euphémie. » Tillemont réfute une opinion de Baronius qui s'était appuyé sur quelques versions latines. Au contraire, on voit par le grec que ce prétendu saint Callinique n'est que l'épitliète xaXXtvixou = victorieux donnée en cet endroit, comme en beaucoup d'autres, à sainte Euphémie. C'est d'ailleurs le 16 de septembre et non le 25 octobre que les grecs aussi bien que les latins fêtent sainte Euphémie. (H. L.)
2. Hardouin, op. cit., t. n, col. 458-491 ; Mansi, op. cit., t. vu, col. 118-178. Cf. Tillemont, Mém. hist. eccles., 1711, t. xv, p. 920, note li sur saint Léon: « Que Pulchérie n'a point assisté au concile de Chalcédoine. » Dans cette note, Tillemont fait remarquer que le fait de la présence de l'impératrice aux côtés de l'empereur pendant la vie session du concile ne nous est attestée que par des sources discutables, comme la traduction latine des actes du concile et le « Code de l'Église romaine ». Mais, ajoute-t-il, on n'en trouve rien ni dans le texte grec ni dans les deux abrégés assez amples qu'en a faits Évagre, ni dans Théopbane, ni dans Nicéphore. Plusieurs lettres écrites à l'empereur Léon disent que Marcien fut présent au concile avec ses officiers, il n'est fait nulle mention de Pulchérie, de sorte qu'on peut dire que les grecs n'ont rien su de cette présence de l'impératrice au concile. Il semble que, parmi les latins, plusieurs l'aient également ignorée ; par exemple Libératus et le diacre Ferrand de Carthage qui n'en disent rien. Raluze tenait pour certain que Pulchérie n'avait pas accompagné Marcien à la vie session, mais les raisons qu'il en donne ne seraient pas irréfutables. Quant à la présence incognito de Pulchérie, ceci nous transporte de l'histoire dans le domaine de la fantaisie. (H. L.)
3. Quesnel a voulu mettre en doute la présence de l'impératrice au synode, parce que les actes latins sont seuls à la mentionner ; mais la lettre écrite par Anatole, évêque de Constantinople, au pape Léon, et conservée dans le recueil des lettres de ce dernier sous le n. 101, confirme la donnée des actes latins. Mansi, op. cit., t. vi, col. 175.
4. Le latin était la langue officielle du gouvernement romain. (H. L.)