Septième et huitième sessions, le 26 octobre 45Î
Quelques conflits de juridiction survenus entre Maxime d'Àntioche et Juvénal de Jérusalem donnèrent lieu à la viie session 1. L'un et l'autre s'étaient en cette occurrence adressés à l'empereur, qui avait confié à ses commissaires la solution de cette afîaire. Sur leur demande, les deux archevêques étaient entrés en pourparlers et s'étaient, en effet, arrêtés à une solution, qu'ils firent connaître aux commissaires impériaux sans la consigner par écrit. Les commissaires invitèrent, lors de la vne session à laquelle ils assistaient au nombre de trois, les deux archevêques à faire connaître leurs conclusions, afin qu'elles fussent confirmées par le concile et par les commissaires. Se conformant à ce désir, Maxime d'Antioche répondit qu' « après de longues contestations il s'était entendu avec Juvénal pour que le siège de saint Pierre à Antioche eût (sans compter ses provinces ordinaires) les deux Phénicies et l'Arabie, et pour que le siège de Jérusalem eût les trois Palestines sous sa dépendance. On demandait au concile ratification, par écrit, de ce traité. » Juvénal fit la même proposition, et tous les évêques, les légats du pape en tête, le ratifièrent en effet. Les commissaires impériaux l'approuvèrent aussi. Plus tard, le 31 octobre, on revint sur cette affaire, dont la solution fut une fois de plus ratifiée par l'assemblée 2.
1. Les actes de cette session se trouvent dans Mansi, op. cit., t. vu, col. 178- 184 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 491-495.
2. Mansi, op. cit., t. vu, col. 179 sq. ; Hardouin, op. cit., t. Et, col. 491 sq. Dans leur édition des OKuvres de S. Léon, t. h, col. 1223, les Ballerini ont édité une très ancienne traduction latine du procès-verbal du traité entre Antioclie et Jérusalem, et ils ont pensé que le texte qui avait servi à composer cette très ancienne traduction (V. plus loin la dernière note au sujet du § 196) était le meilleur. Ibid., col. 1231, n. 10, et col. 1237. Eusèbe nous a laisse les listes épiscopales des quatre principaux sièges. D'après lui, la succession des évoques ne fut jamais interrompue à Jérusalem depuis les temps apostoliques. Cependant le siège de cette ville connut peu de gloire et ses titulaires n'exercèrent que tardivement les droits de métropolitains. Si on ne regarde qu'au rôle historique et à l'antiquité de la chaire épiscopalede cette ville on, a le droit
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Nous avons vu que, dès le concile œcuménique d'Ephèse, Juvénal, comptant sur l'amitié de Cyrille, avait cherché à soumettre au
d'en être surpris, mais des conditions secondaires exercèrent une influence si considérable qu'elles suffisent à expliquer cette longue humiliation du plus ancien siège épiscopal du christianisme. Nous avons exposé dans Y Appendice /er du tome i de cette Histoire des Conciles les conditions intérieures de l'Église de Jérusalem à ses débuts. Elles étaient peu favorables au développement d'un grand rôle. Ce qui suivit acheva de ruiner pour longtemps toute velléité d'ambition. Ce fut l'exode à Pella pendant le siège de Titus, le retour et l'établissement sur des ruines, la persécution recommencée sous Hadrien qui enleva les lieux consacrés par les souvenirs du Sauveur et les « désaffecta ». Jusqu'au temps de Constantin et des grandes fondations palestiniennes et hiérosolymitaiues de ce prince et de sa mère Hélène, l'Eglise de Jérusalem végéta. Saint Épiphane nous apprend que jusqu'au temps de l'empereur Hadrien les Églises apprenaient de l'Eglise de Jérusalem la fixation de l'époque de la Pàque. Après cette date d'Hadrien tout sombre dans l'obscurité et l'impuissance. Le prestige historique de la ville avait disparu avec son nom. Lorsqu'elle fut rebâtie et appelée IFAia. Capilolina elle n'évoquait plus que l'idée quelconque d'une ville païenne. La nouvelle communauté établie dans ces lieux avait nécessairement rompu avec ses traditions et ses souvenirs abolis et pulvérisés. Quand l'évèque Marc, après l'expulsion des Juifs de race, rentra dans la ville, il conduisait à sa suite sur les ruines du mont Sion une communauté composée de fidèles venus de la Gentilité. L'occupation romaine avait ruiné Jérusalem et fait la fortune de Césarée devenue la vraie capitale administrative de la province. Cependant les traces du passé évangélique avaient disparu, le culte profond demeurait dans les cœurs et, dès le ne siècle, l'évèque de Jérusalem faisait bonne figure aussitôt après l'évèque de Césarée. C'est ce que nous apprend Eusèbe. « Dans un synode tenu au sujet des discussions sur la fête de Pâques, au temps du pape Victor, Théophile de Césarée et Narcisse de Jérusalem ont exercé la présidence. » Ceci se passait vers l'an 196. Eusèbe, Ilist. eccles., 1. V, c. xxni, P. G.y t. xx, col. 492. Depuis lors et jusqu'au concile de Nicée (325) on ne constate aucun progrès dans l'état des évêques de Jérusalem. A Nicée les Pères remercient officiellement Macaire de Jérusalem du zèle déployé par lui contre l'arianisme. Nous avons rencontré et expliqué déjà le 7e canon du concile relativement au rang de cet évêque. 'Etiôio-t, crjvr,0Eta xexpaTY)XS xocl 7rapàSoo-tç appâta <o<tte tov èv AtXia tafoxofCOV Tty.à'rOai, èyézu ttjv àxoXou- 6tav xr\; Ttfj.f(; rij fj.Y|Tpo7toXst crto^o^evou toO otxecou à£ia>u.a-roç. « Comme la coutume et l'ancienne tradition portent que l'évèque d'JElia doit être honoré d'une manière particulière, il doit suivre immédiatement pour ce qui est de l'honneur, sans préjudice cependant de la dignité qui revient à la métropole. » Sur l'autorité de Marca, De concordia sacerdotii et Imperii, 1. V, c. xn, n. 4, on a longtemps soutenu que l'évèque de Jérusalem marchait immédiatement à la suite des évêques de Rome, d'Alexandrie et d'Anlioche et que le concile de Nicée avait érigé le siège de Jérusalem en patriarcat tout en réservant à Césarée les droits métropolitains. Le fait de la possession et du maintien du titre de métropole à Césarée est hors de discussion. Qu'a donc prétendu faire