‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 59 sur 544 · SEPTIEME ET HUITIÈME SESSIONS · texte numérisé non relu

SEPTIEME ET HUITIÈME SESSIONS

siège (le Jérusalem les provinces de la Palestine, de la Phénicie et de l'Arabie. Mais Cyrille lui fit de l'opposition. Par contre, l'empe-

le concile à l'égard de Jérusalem ? Lui a-t-il conféré l'autocéphalie ? On n'en a aucune preuve et on n'a même aucune bonne raison pour le croire, car le cas de l'évoque de Jérusalem n'était pas assimilable en 325 au cas du siège de Constantinople en 381, ni au cas de l'évêque de Tomes qui n'avait ni métropolitain ni suffragant pour la bonne raison qu'il était seul dans la province. Ce qu'a voulu le canon de Nicée, c'est assigner au siège de Jérusalem le second rang dans la province. L'objection tirée des souscriptions aux conciles est ici sans valeur. En effet, si au concile d'Antioche de 272, Hyménée de Jérusalem est nommé avant Théoctiste de Césarée et si, à Nicée, Macaire de Jérusalem signe avant Eusèbe de Césarée, il faudra dire que les métropolitains marchent à la suite de leurs suffragants, puisque deux autres évêques de Palestine signent avant Eusèbe et que le métropolitain d'Isaurie ne signe qu'après quatre de ses suffragants. La convocation d'un synode par Maxime de Jérusalem qui rassemble les évêques de Syrie et de Palestine en faveur d'Athanase s'explique par la nécessité de lutter contre l'influence arienne d'Acace de Césarée, le métropolitain. Socrate, Hist. eccles., 1. II, c. xxiv, P. G., t. lxvii, col. 262. Acace va trouver en face de lui un adversaire d'une activité, d'une souplesse et d'une ténacité redoutables, Cyrille de Jérusalem. Cyrille exploita la situation religieuse au profit de ses revendications honorifiques ; son collègue n'était pas d'une orthodoxie irréprochable, il entreprit de le faire déposer. Acace plus alerte le prévint, l'accusa de semi-arianisme, de la vente des vases sacrés de son Église, assembla quelques évêques et déposa Cyrille. Sozomcne {Hist. ecclés., 1. IV, c. xxv, P. G., t lxvii, col. 1196) qui connaît ces prétextes avoue que le but poursuivi des deux côtés est d'obtenir la primauté de la province. Socrate (Hist. eccles., 1. II, c. xxxvin, P. 67., t. lxvii, col. 324) ne s'est pas expliqué ces manœuvres et Théodoret (Hist. ecclés., 1. II, c. xxn, P. G., t. lxxxii, col. 1064) a adopté l'explication de Sozomène. Cyrille l'emporta dans celte lutte au cours de laquelle Acace disparut en 365 ou 366. Cyrille lui donna pour successeur Philouménos que suivit Cyrille le Vieux et Eutychios, intrus, pendant l'exil de Cyrille de Jérusalem qui, à peine remonté sur son siège, nomma son propre neveu Gélase, à Césarée. Cependant cette dernière ville, maintenait ses droits sans en rien abandonner lorsque, à la fin du ive siècle, s'exécuta un remaniement de l'administration civile. La Palestine fut fractionnée en trois provinces et l'Eglise ayant modelé ses divisions sur celles-ci, Jérusalem se trouva reléguée au quatrième rang, après les métropolitains de Césarée, de Scythopolis et de Petra. Le coup était rude et cependant le successeur de Cyrille, Jean de Jérusalem, s'en accommoda assez bien pendant son long épiscopat. En 415, il consentait à assister au concile de Diospolis présidé par Euloge de Césarée ; c'était une sorte d'acquiescement à la situation humiliée du siège de Jérusalem. La seule tentative faite pour s'y soustraire est celle de Jean portant au tribunal de Théophile d'Alexandrie sa querelle avec saint Jérôme. Là-dessus, ce dernier éclate : « Quel droit a l'évêque d'Alexandrie sur Jérusalem ? La métropole de la Palestine, c'est Césarée, et celle de tout l'Orient, c'est Antioche. Voilà ce qu'ont réglé les

reur Théodose II assigna, par un abus de la puissance impériale, ces provinces au patriarche de Jérusalem. Le siège d'Antioche, lésé

canons de Nicée dont on a fait tant de bruit. » Dans une lettre à Parnmachius, Jérôme interpelle son antagoniste Jean de Jérusalem : Tu qui régulas quxris ecclesiasticas et Nicxni concilii canonibus uleris, ùt alienos clericos, et cum suis episcopis commorantes, iibi niteris usurpare : responde mihi, ad Alexandrinum episcopum Palxstina quid pertinet ? Ni fallor, hoc ibi (dans les canons de Nicée) decernitur, ut Palxstinx metropolis Cxsarea sit et totius Orientis Antiochia. Aul igitur7 ad Cxsariensem episcopum referre debueras, cui, spreta communione tua, communicare nos noteras ; aut, si procul expetendum judicium erat, Antiochiam potius litterx dirigendx, Sed noyi, cur Cxsaream, cur Antiochiam nolueris mittere, sciebas quid fugeres quid vitares) maluisti occupais auribus molestiam facere, quant debitum métro politano tuo honorent reddere. L'évèque Prayle de Jérusalem demeura en repos ; la querelle reprit, terrible, sous Juvénal. Vers 428, Juvénal nomme à l'évêché de Paremboles (ou Castra Saracenorum), nouvellement érigé, Pierre Aspebet. D'autorisation de l'évèque de Césarée, il ne fut même pas question. Tillemont, Le Quien, Hefele lui ont donné tort. Le P. S. Vailhé est d'un sentiment contraire, L'érection du patriarche de Jérusalem, k51, dans la Revue de l'Orient chrétien, 1896, t. iv, p. 50, et nous adoptons son jugement sans réserves. « Nous avons raconté, écrit-il, autant qu'on peut le faire, l'origine assez singulière de cet évêché formé d'une série de campements bédouins. S. Vailhé, Le monastère de saint Théoctiste et l'évêché de Paremboles, dans la Bévue de l'Orient chrétien^ Supplém. trim., t. ni, p. 58-76. Nous avons aussi précisé, autant qu'on peut le faire, son emplacement entre les monastères de saint Euthyme en Khan-el-Amar et de saint Théoctiste dans le Ouady-el-Dâhor à gauche de la route qui monte de Jéricho à Jérusalem. Paremboles se trouvait donc sur le territoire de Jérusalem et relevait de cette ville. Juvénal devait-il consulter le métropolitain pour prendre une sorte de coadjuteur, chargé d'instruire et de diriger les arabes catholiques ? Car il n'y a pas de doute possible, les tentes des Bédouins étaient dressées dans le diocèse de Jérusalem et changeaient plusieurs fois de place. S'il était réservé au métropolitain de dédoubler un évêché de sa propre autorité, Juvénal a mal fait de ne pas consulter l'évèque de Césarée ; sinon, il a bien agi. Nous pencherions plutôt pour la dernière hypothèse. Juvénal devait pourtant s'en référer à Césarée pour la consécration de l'élu, privilège réservé exclusivement à la métropole. Il n'en fit rien cette fois et nous savons de plus qu'il ordonna Etienne, disciple de saint Eulhyme, évêque de Jammia près de Japha. »

Au concile d'Ephèse (431), Juvénal entreprit de jouer un grand rôle. Jean d'Antioche était absent ; ensuite, quand il se fut rendu sur les lieux, il se consuma en intrigues. Juvénal, escorté d'un groupe compact d évêques toujours disposés à ne jurer que par lui, prit le premier rang, tout de suite après saint Cyrille d'Alexandrie, dans le parti de l'orthodoxie. Sentant, dès le début, quelles suspicions laissait planer sur Jean sa conduite tortueuse, il ne craignit pas d'engager la partie un peu prématurément et de réclamer que l'évèque d'Antioche prêtât obéissance au trône apostolique de Jérusalem. Labbe,

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