‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 69 sur 544 · NEUVIÈME ET DIXIEME SESSIONS · texte numérisé non relu

NEUVIÈME ET DIXIEME SESSIONS

lettre contenant la définition de la vraie foi, et il lui donna pour instruction que, dans le cas où Cyrille adhérerait à cette foi et anathématiserait ceux qui disent : La divinité a souffert, et la divinité et l'humanité sont une seule nature, il devait entrer en communion avec lui. Dieu toucha le cœur de l'Egyptien, qui adhéra sans hésiter à cette déclaration et anathématisa tous ceux qui avaient une foi différente. Ils sont donc entrés en communion l'un avec l'autre, le débat a cessé, et l'Eglise a de nouveau joui de la paix. J'ai mis sous tes yeux la correspondance échangée entre Jean et Cyrille, afin que tu voies et que tu annonces la fin du débat et de toute difficulté, et que ceux qui ont poursuivi injustement les vivants et les morts doivent être couverts d'ignominie. Ils doivent maintenant avouer leurs fautes et enseigner le contraire de ce qu'ils ont [489] enseigné auparavant, car nul ne peut dire maintenant que la divinité et l'humanité ne sont qu'une seule nature; il y a unanimité dans la foi au temple (c'est-à-dire à l'humanité du Christ) et à celui qui l'habite comme étant le seul Fils Jésus-Christ 4. »

Ainsi se terminaient les actes de Béryte. Il ne paraît pas que l'on ait discuté les autres chefs d'accusation ; mais peu après on essaya à Tyr la réconciliation des deux parlis, et on y parvint. Après la lecture à Chalcédoine des actes de Béryte, Ibas sollicita des commissaires impériaux - la lecture du mémoire en sa faveur, envoyé à Béryte par les clercs d'Edesse ; ce que fit aussitôt le secrétaire Béronicien. Ce mémoire, adressé à Photius de Tyr et à Eustathe de Béryte, déclare complètement faux quTbas ait prononcé en leur présence les blasphèmes contre le Christ qu'on lui prêtait. Les clercs protestent avec serment n'avoir entendu de lui rien de pareil ; s'ils avaient entendu de pareilles choses, ils ne seraient pas restés un instant de plus dans sa communion. Les juges devaient donc exhorter Ibas à revenir le plus tôt possible vers son troupeau, où la fête de Pâques, qui était proche, rendait sa présence nécessaire, à cause des catéchèses et de l'administration du baptême. Treize prêtres, trente-sept diacres et douze sous-diacres et lecteurs avaient signé cette lettre :;.

Le diacre Théophile, adversaire d'Ibas à Chalcédoine, lit, contre

1. Mansi, op. cit., I. vu, col. 242-247 ; Hardouin, op. cit., t. Il, col. 527.

2. Mansi, op. cit., t. vu, col. 250 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 531. Ils n'ont pas indiqué que ce qui suit s'est passé au concile de Chalcédoine.

3. Mansi, op. cit., i. vu, col. 250-255 ; Hardouin, op. cit., t. u, col. 531-538.

le mémoire que nous venons d'analyser, une objection nssez obscure. Sans vouloir la discuter, les commissaires impériaux demandèrent qu'on lut la partie des procès-verbaux du Brigandage d'Ephèse concernant lbas. Les légats du pape réclamèrent contre le nom de concile donné à une assemblée si peu légale, et s'opposèrent à ce que l'on ne lut rien de ses procès-verbaux, parce que l'évoque de Rome avait condamné toutes les décisions prises par cette assemblée, à l'exception de l'élévation de Maxime sur le siège d'Antioche. Tous les autres évoques adhérèrent à cette réclamation. On arrêta donc la lecture commencée, et les commissaires demandèrent : « Que décide le saint concile au sujet d'Ibas ? » Les légats dirent à leur tour: «La lecture des documents nous a appris que, de par la sentence des vénérables évêques, lbas avait été déclaré innocent ; et par la lecture de sa lettre, nous avons vu qu'il était orthodoxe : notre jugement doit donc être qu'Ibas soit réintégré dans sa dignité épiscopale et dans l'Église dont il a été [490] injustement dépossédé, pendant son absence. Quant à l'évèque (Nonnus) qui occupe depuis peu le siège d'Ibas, l'évèque d'Antioche décidera ce qu'il faut en faire. » Anatole de Constantinople dit alors : « L'équité des évêques qui ont porté sur lbas un premier jugement et la lecture de la procédure antérieure prouvent l'inanité des accusations portées contre lui. Je n'ai donc plus le moindre doute à son sujet, et comme il a dernièrement accepté et souscrit la définition de foi donnée peu auparavant par le concile, de même que la lettre du pape Léon, je le juge digne de l'épiscopat. » Maxime d'Antioche vota le troisième et dit : « Il est évident par ce qui vient d'être lu qu'Ibas est innocent de toutes les accusations portées contre lui, et la lecture d'une copie d'une lettre d'Ibas communiquée au concile par ses ennemis a prouvé l'orthodoxie de ses sentiments ; aussi je vote pour qu'il recouvre sa dignité et son siège épiscopal... Nonnus doit conserver la dignité épiscopale (sans en exercer les fonctions) jusqu'à ce que j'aie décidé à son sujet avec les évêques du diocèse. » (Il fut plus tard le successeur d'Ibas.) Tous les autres membres du concile se prononcèrent pour la réintégration d'Ibas, mais plusieurs y mirent pour condition qu'Ibas anathématisât maintenant Nestorius et ses erreurs. Quant à la lettre à Maris, le concile ne porta sur elle aucun jugement. Le vote terminé, lbas fit la déclaration suivante : « J'ai déjà anathématisé par écrit Nestorius et sa doctrine ; maintenant je l'anathématise dix mille fois. Anathème à Nestorius, à Eutv-

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