‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 73 sur 544 · ONZIÈME SESSION · texte numérisé non relu

ONZIÈME SESSION

avait été obligé, depuis lors, c'est-à-dire depuis quatre ans, de mendier son pain à Constantinople avec Bassien. » Ces dépositions [4y5J de Cassien et de Bassien avaient fait impression ; Lucien, évêque de Byze, et Méliphtongue d'Héliopolis s'avancèrent au milieu du concile et firent, au nom de beaucoup de leurs collègues, la déclaration suivante : « Un homme qui, comme Bassien, a exercé pendant quatre ans, et sans conteste, les fonctions épiscopales, qui a été reconnu par Proclus et qui s'est trouvé en communion avec Etienne lui-même, n'aurait pas dû être déposé par la force et sans un jugement formel. » Etienne en appela une fois de plus au pape Léon, qui avait reconnu la déposition de Bassien ; mais Cécropius, évêque de Sébastopol, plusieurs évêques, et les clercs de Constantinople crièrent: « Voici que Flavien se venge maintenant sur lui, même après sa mort » (Etienne avait été, en effet, l'un des principaux chefs du Brigandage d'Ephèse). Les commissaires impériaux dirent qu'à leur avis ni Bassien ni Etienne n'étaient légitimement évêques d'Ephèse, mais qu'il fallait en choisir un autre : toutefois, ils laissaient au concile le soin de décider. Les évêques approuvèrent cette proposition qu'appuyèrent les légats du pape, Anatole de Constantinople et Eusèbe de Dorylée. Mais les évêques asiatiques (c'est-à-dire ceux de l'exarchat d'Ephèse) se jetèrent à genoux, demandant qu'on les prît en pitié : car il s'élèverait de grands troubles à Ephèse, si le concile donnait à Chalcédoine un successeur à Bassien. Leur exarque devait être ordonné à Ephèse même. Les vingt-sept évêques qui, depuis Timothée (le disciple de saint Paul), s'étaient succédé sur le siège épiscopal d'Ephèse, avaient tous été ordonnés dans cette ville, à l'exception d'un seul, Basile, ce qui avait fait verser beaucoup de sang. Les clercs de Constantinople soutinrent le droit de leur archevêque de sacrer l'évêque d'Ephèse, et dirent qu'il fallait maintenir les décisions des cent cinquante Pères 4 (c'est-à-dire celles du second concile œcuménique). De fait, plusieurs évêques d'Ephèse avaient été ordonnés à Constantinople, par l'évêque de cette ville, ou avec son assentiment ; ainsi Memnon avait été ordonné par Jean Chrysostome, et Castinus par Héraclide. Proclus de Constantinople

1. Les clercs de Constantinople interprétaient évidemment d'une manière inexacte les 2« et 3e canons du concile œcuménique de Constantinople. Voyez, plus haut, § 98. Toutefois le concile de Chalcédoine leur donna raison pour le point principal, ainsi que nous le verrons plus loin, dans le 28e canon du concile de Chalcédoine.

avait sacré Basile d'Éphèse, et l'empereur Théodose II, avec Cyrille [496] d'Alexandrie, avait travaillé à son ordination.

Il s'agissait donc de savoir si l'exarchat d'Ephèse était, oui ou non, sous la juridiction de l'archevêque de Constantinople. Comme on pouvait redouter un conflit sur cette question, les commissaires impériaux remirent à la séance suivante de décider s'il fallait choisir un nouvel évêque d'Éphèse K

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