DOUZIÈME ET TREIZIÈME SESSIONS
soin de décider lequel des deux prétendants était digne d'occuper le siège d'Ephèse. Un troisième parti s'exprima d'une manière ambiguë. Après ces déclarations, les commissaires posèrent nettement la question : « Conformément à la proposition d'Anatole et de Paschasinus, doit-on choisir un nouvel évêque pour Ephèse, tandis [497] que les deux autres conserveront la dignité épiscopale et seront entretenus aux fra>s de l'Eglise d'Ephèse ? » Cette proposition fut admise par acclamation et déclarée par les commissaires décision synodale ; ils ajoutèrent que chacun des deux évêques déposés recevrait par an deux cents pièces d'or. Cette dernière proposition obtint l'assentiment général par acclamation ; on décida également que l'on rendrait à Bassien tout ce qu'il pourrait juridiquement prouver lui avoir été enlevé 4.
Ce même jour, 30 octobre, se tint la xme session générale 2. Eunomius, archevêque de Nicomédie, avait demandé à l'empereur le rétablissement et le maintien des privilèges de son siège épiscopal, foulés aux pieds par Anastase, évêque de Nicée, et l'empereur avait remis au concile le jugement de cette affaire. Eunomius porta donc ses plaintes devant l'assemblée, et après lecture de la supplique adressée à l'empereur, les commissaires impériaux demandèrent à Anastase des explications. Mais celui-ci, ne se contentant pas de nier, retourna l'accusation contre l'évêque de Nicomédie qui avait selon lui empiété sur ses droits. On demanda à Eunomius des détails sur cette affaire, et il dit : « De tradition immémoriale, j'ai sous ma juridiction les Eglises de l'éparchie de Bithynie. Or Anastase a excommunié des clercs de Basilinopolis qui sont sous ma juridiction. Il a donc agi en opposition avec les canons. » Anastase répondit que Basilinopolis appartenait, au contraire, à l'Eglise de Nicée ; que c'était autrefois un village dépendant de Nicée, et que, lorsque l'empereur Julien ou un autre empereur avait élevé ce village au rang* de ville, il y avait envoyé des hommes d'affaires pris a Nicée. Cet échange durait encore, et l'on envoyait des hommes d'affaires de Nicée à Basilinopolis ou de Basilinopolis à Nicée, suivant les circonstances. Depuis que Basilinopolis était devenue ville, l'évêque de Nicée y avait conféré les ordres. Tl pouvait produire une lettre du bienheureux évêque Jean Chrysostome de Constantinople, adres-