Mansi et Hardouin, loc. cit
2. Les actes de cette session se trouvent dans Mansi, op. cit., t. vu, col. 302- 114 ; Hardouin, op. cit., t. H, col. 563-571.
sée à l'évêque de Nicéc, pour lui dire de se rendre à Basilinopolis et d'y établir une Église. Il pouvait également prouver que beaucoup [498 de clerc9 et d'évêques de Basilinopolis avaient été ordonnés par l'Église de Nicée.
Eunomius répondit : « Si cela a eu lieu, c'est à tort, et on n'en doit rien conclure contre mes droits. Je puis prouver qu'il y a eu à Basilinopolis plus d'ordinations faites par l'Eglise de Nicomédie que par l'Église de Nicée, et si cette dernière en a fait quelquesunes, ce ne peut être que subrepticement, ou bien lorsque le siège de Nicomédie était vacant. » Les répliques faites de part et d'autre montrèrent que les deux partis s'étaient déjà adressés à l'archevêque de Constantinople pour faire juger ce différend ; de plus, Eunomius de Nicomédie ayant une fois cité pnr-devant lui l'évêque de Basilinopolis pour répondre des plaintes que les clercs de Basilinopolis avaient portées contre lui, celui-ci s'était enfui à Nicée, pour s'assurer la protection d'Anastase.
Les commissaires, agissant comme ils lavaient fait dans une circonstance presque semblable, ordonnèrent la lecture d'un ancien canon (c'était le 4e canon de Nicée, déjà lu à la fin de la iv° session de Ghalcédoiue). Si la suscription que lui donnent les actes de Chalcédoine est authentique, ce canon aurait eu le n° 6 dans la collection des cauonsdont se serait servi le concile de Chalcédoine ; toutefois, comme toutes les anciennes collections de canons commencent par ceux de Nicée, il est très probable que cette suscription est erronée, et qu'il faut lire 4 au lieu de 6. Le canon est ainsi conçu : « L'évêque doit être choisi par tous les évêques de l'éparchie ; si cela n'est pas possible à cause d'une nécessité urgente, ou parce qu'il y aurait trop de chemin à faire, trois évêques au moins doivent se réunir et procéder au sacre avec l'approbation -écrite des absents. La confirmation de ce qui s'est fait revient de droit, dans chaque éparchie, au métropolitain. »
Anastase de Nicée fit observer que ce canon lui était favorable : car il était, en fait, métropolitain. Pour le prouver, il fit lire un décret des empereurs Valentinien Ier et Valens confirmant à la ville de Nicée ses droits de métropole, et lui accordant les mêmes privilèges qu'à Nicomédie. Mais Eunomius cita un autre décret, plus récent, de Valentinien, lequel disait expressément, que l'honneur accordé à Nicée ne pourrait nuire en rien aux droits de Nicomédie, et que ce serait, au contraire, pour cette dernière ville un grand honneur d'avoir sous sa juridiction une ville honorée du nom