‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 87 sur 544 · Mansi, Concil. ampliss. coll., t. vu, col. 173 (H. L · texte numérisé non relu

Mansi, Concil. ampliss. coll., t. vu, col. 173 (H. L

2. Le locus classicus au sujet de cet abus est le passage de saint Cyprien, De lapsis, c. vi, daus lequel il signale des évoques qui au mépris de leur caractère sacré se livrent à l'agiotage et aux affaires ; ou les voit devenir procuratores rerum sœcularium, dcrelicta cathedra, plèbe déserta, per aliénas provincias oberrantes negotiationis qusestuosx nundinas aucupari. On voit encore saint Cyprien signaler dan<* sa correspondance l'abus d'un évêque qui, en dépit des prescriptions conciliaires, a nommé un prêtre à l'office de tuteur qui leur est interdit sons peine de privation de recommandation dans les diptyques après leur mort. Nous avons, au cours de cette Histoire des conciles, rencontré Paul de Samosale qui scandalisait son Église d'Anlioche par l'acceptation du lilre de ducenarius à lui conféré par la reine Zénobie. Eusèbe, Hist. ecclés., I. Vil, c. xxx, P. f7., t. xx, col. 712. A partir de la paix de l'Église, lorsque les périls intermittents de la persécution ne forment plus le redoutable revers des honneurs de l'épiscopat, des hommes dépourvus de piété briguèrent les sièges épiscopaux, les obtinrent trop souvent et y apportèrent des habitudes à peu près complètement étrangères au christianisme. De là des abus sans cesse renaissants comme celui que signale et condamne le présent canon et qui arriveront parfois, comme avec un évêque africain, Paul de Cataqua, au v« siècle, à des excès qui rappellent les mœurs des accapareurs et des trusts. Les canons des conciles forment une longue série de prescriptions dont le retour périodique montre assez la profondeur du mal et l'obstination des coupables. Les canons apostoliques 7e et 20e, qui comptent au nombre des plus anciens de ce recueil, interdisent aux évêques, prêtres, diacres, d'entreprendre xofffuxk; çpovu'Sa; ; le 19e canon du concile d'Elvire, qui s'inspire évidemment des prescriptions de saint Cyprien que nous venons de rappeler, défend aux gens d'église de s'éloigner du lieu de leur résidence negotiandi causa ; le concile d'IIippone et Je 111e concile de Carthage interdisent les emplois de conductores ou procuratorcs, de s'adonner aliquo turpi reZ inhonesto negotio, enfin ut episcopus tuitionem testamentorum non suscipiat. Mansi, Conc. ampliss. coll., t. m, col. 921, 883, 952. Saint Jérôme, dans plusieurs épilres, met en garde ses correspondants contre un vice si répandu. 11 dit à Nepotiauus : Negotiatorem clericum, et ex inope divitem, quasi quantdam pestent fuge. 11 se demande comment les clercs qui proprias jubentur contemnere facilitâtes peuvent devenir procuratores et dispensatores domorum alieuarum alque villarum. Nous pourrions multiplier les exemples presque indéfiniment. Le canon de Chalcédoine pourrait à lui seul montrer l'extension de l'abus. 11 s'agit non seulement de quelques cas exceptionnels, de per-

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