‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 90 sur 544 · Commentar., loc. cit., p · texte numérisé non relu

Commentar., loc. cit., p

nom du Seigneur ne soit pas blasphémé. L'évêque de la ville doit surveiller d'une manière très exacte les couvents 1.

1. La simple lecture de ce canon dit assez son origine. Les abus qu'il réprime concernent autant la police civile de l'Etat que la discipline ecclésiastique. Le retour offensif contre les moines eutychiens de Barsauma n'est pas fait pour surprendre puisqu'il Chalcédoine on était en plein esprit de réaction contre les excès de tous genres commis à Ephèse. En 451, plus personne ne pouvait songer sérieusement a remonter la pente rapidement descendue de l'institution monastique primitive, mais on cherchait à endiguer et à ralentir le mouvement qui s'en éloignait chaque jour un peu plus. L'esprit érémitique avait fait place à l'esprit cénobitique par l'effet des immenses agglomérations monastiques et le cénobitisme se montrait de plus en plus tourné vers les préoccupations cléricales ou même simplement séculières. Le fait de Dalmatius séjournant pendant sa vie presque entière dans son monastère paraissait inouï et nous avons vu que la décision prise par Eutychès de refuser les assignations du concile sous prétexte de ne pas s'éloigner de son couvent était considérée comme une ruse. Le principe du séjour perpétuel ne pouvait prévaloir du reste, puisqu'on était en mesure de le combattre avec des faits d'une signification considérable. Saint Antoine lui-même avait consenti à faire le voyage d'Alexandrie pour y encourager les chrétiens et une autre fois pour y combattre les ariens. Bien d'autres exemples venaient fortifier celui-ci. Ce sont des moines qui parfois se chargent d'une mission officielle, comme quand il faut envoyer une délégation à Théodose pour l'apaiser à propos de l'affaire des statues outragées à Antioche, en 387 ; aussi, en 390, voyons-nous qu'on leur interdit cette sorte d'activité (Code théodosien, 1. XVI, tit. in, 1. 2) et une loi rendue, au mois de juillet 398, par Arcadius condamne l'audace des clercs et des moines qui ont commis des actes de désordre pour venir en aide, grâce au trouble, aux individus mis en état d'arrestation. Code théodosien,\. IX, tit. xl, 1. 16. Saint Jérôme (Epist., xxn, P. /,., t.xxx, col. 27), Cassien, (Collât., xvm, 7, P. Z., t. lxvi, col. 246), saint Benoît (Régula, c, i, P. L., t. lxvi, col. 245), nous parlent de ces moines ambulants qu'ils nomment Remoboth ou Sarabaites et Gyrovagues, qui promènent en tous lieux le scandale de leur vie désorbitée. Les violences des moines anthropomorphites, les séditions des moines de Césarée d'Anlioche contre saint Jean Chrysostome, les révoltes des moines de Nitrie contre le préfet Oreste d'Alexandrie suffisent à montrer les éléments médiocres ou même franchement mauvais que renfermait l'ordre monastique. L'intervention de ces cohues était parfois suffisante pour menacer la liberté et la sécurité des membres d'un concile, comme ce fut le cas en 431, lorsque Théodose II ordonna à Gandidianus d'expulser d'Ephèse tous les moines qui s'y étaient rendus à l'occasion du concile; par contre, on se rappelle les remerciements adressés par une partie du concile à l'archimandrite Dalmatius qui avait, à Constantinople, conduit une manifestation monastique au concile. Mansi, op. cit., t. iv, col. 1427. En ce cas on n'avait eu qu'à se louer, mais dans le cas de l'archimandrite Barsauma on n'avait eu qu'à se plaindre et cela tout seul eût suffi à convaincre des inconvénients de ces interventions déplacées.

Le canon de Chalcédoine interdit la construction ou la fondation d'un rao-

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