‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 98 sur 544 · Beveridge, op. cit., t. n, Annotât., p · texte numérisé non relu

Beveridge, op. cit., t. n, Annotât., p

2. Beveridge, op. cit., t. i, p. 122 sq. ; t. n, Annotât., p. 115 sq.

exarques que dans le sens restreint du mot (c'est-à-dire des évoques d'Ephèse et de Césarée), et non pas des patriarches proprement dits de Rome, d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem. C'eût été porter une trop forte atteinte aux anciens canons, et en particulier au 6e canon de Nicée, que de permettre l'appel à l'évêque de Constantinople, sans tenir compte de la juridiction du patriarche ordinaire (Zonaras pense de même dans son explication du 17e canon). A plus forte raison, le concile n'aurait-il pu porter une pareille ordonnance pour l'Occident, et permettre de s'adresser à l'évêque de Constantinople sans tenir compte du patriarche de Rome, dont le 28e canon de Chalcédoine reconnaissait la primauté 1. — Quanta moi, je trouve du vrai et du faux dans l'opinion de Beveridge, comme dans celle de Van Espen. Il faut admettre avec Van Espen qu'en rendant ce canon, le concile a eu exclusivement en vue l'Eglise grecque : car ni les légats du pape ni aucun évêque latin n'assistaient à la séance lorsque ce canon fut porté. Mais Beveridge a raison de soutenir que le concile n'avait pas distingué entre les patriarches proprement dits et les exarques (si on avait fait cette distinction, le texte en porterait quelques traces), et avait permis de faire juger par l'évêque de Constantinople les différends qui pourraient s'élever entre les évêques des autres patriarcats. Le tort de Beveridge a été de ne pas comprendre que Rome et l'Occident faisaient exception à cette règle. Ce qui peut paraître étrange dans ce canon s'explique ainsi : il y avait toujours à Constantinople un grand nombre d'évêques venus de divers pays [515] pour soumetre à l'empereur leurs différends. Il arrivait assez souvent que ce dernier faisait juger ces affaires par l'évêque de Constantinople, qui, réunissant ces évêques, formait avec eux une auvcooç èvov;- (jLOuaa. Ainsi s'établit peu à peu l'usage de faire décider à Constantinople, et sans tenir compte de leur propre métropolitain, les difficultés entre évêques des autres patriarchats ou exarchats. Nous en avons vu un exemple frappant lors du célèbre concile de Constantinople de 448, dans lequel fut pour la première fois soulevée l'affaire d'Eutychès.

Denys, aussi bien que la version Hispana, traduisent le mot èÇap^ov par primatem . Nicolas Ier avait du reste attribué à ce mot le sens de pape ; car dans une lettre à l'empereur grec Michel, il donne à notre canon le sens suivant : « On ne doit en principe porter une

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