DÉBUTS DE GRÉGOIRE VII
pour ritnlio, l'évoque Grôrroire de Verccil assista le 29 juin à la consécration du pape en qualité de commissaire royal.
L'attitude de Grégoire entre le moment de l'élection et celui de la consécration correspond également à la situation telle que nous l'avons exposée. S'il respecle les droits du roi, il ne lui reconnaît cependant jias un droit arbitraire de confirmation. Jusqu'au 30 juin il ne prend d'autre titre que celui d'electus in Romanum Pontificem, mais il s'affirme comme étant en complète possession du pouvoir pontifical qu'il exerce d'ailleurs sans restriction. De même dans plusieurs lettres il s'exprime de la manière la plus absolue, disant que le fardeau de la charge pontificale vient de lui rire imposé ^ Un homme convaincu que la confirmation ou le rejet de son élection dépend du bon plaisir royal ne pourrait agir ni écrire ainsi.
Mais comment Bonitho et les Acta Vaticana ont-ils pu reproduire l'étrange récit cité plus haut, lequel non seulement contient une impossibilité matérielle en matière de droit ecclésiastique, mais attribue au pape un singulier manque de tact ? Une pareille attitude n'aurait-elle pas eu pour résultat, comme on dit vulgairement» de casser les vitres » ? Dans la première édition on a tenté de résoudre cette difficulté en admettant que Grégoire, « dès le début, avait exposé au roi ses principes et lui avait fait connaître avec un noble courage qu'au sujet de sa confirmation il no lui était pas possible de tolérer plus longtemps les empiétements de la cour sur la liberté et le droit de l'Église, etc.. Le ton énergique de celle lettre fut exagéré par la rumeur ; de là les données de Bonitho et des Acta, car on dut se dire que le nouvel élu avait, à proprement parler, engagé le roi à ne pas confirmer son élection. » Outre que cette explication suppose un droit de confirmation arbitraire inadmissible, elle contredit formellement les déclarations contenues dans les lettres de Grégoire. Celui-ci dans plusieurs lettres s'exprime librement dans le sens que nous venons d'indiquer ; c'est ainsi par exemple que le 6 mai il écrit au duc Gottfried :« Est autem hsec voluntas nostra : ut primum ohlata nohis opportunitate, per nuncios nostros super his, quœ ad profectum Ecclesiœ et honorem regise dignitatis suse pertinere arhitramur. paterna eum dilectione et admonitione