‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 13 sur 505 · Cf. Uislor. polit. Blâttcr, 1884, t. xciii, p. 511 sq · texte numérisé non relu

Cf. Uislor. polit. Blâttcr, 1884, t. xciii, p. 511 sq

conveniamus ^. » Le texte même indique l)ien cru'une pareille ,„ exhortation ne peut être tenue pour une notification de ^ l'élection adressée à la Germanie ; de plus, cette lettre n'avait pas encore été envoyée le 24 juin, comme le prouvent sural)ondamment les lettres destinées aux comtesses Béatrice et Mathilde ^. Nous devons donc supposer une autre origine à l'étrange récit qui nous occupe ; il procède vraisemblablement d'une rumeur qui s'est répandue peu à peu, car on n'a pas dû l'inventer de toutes lîièces et sans aucun fondement. Certainement à Rome, on était dûment averti des idées et des desseins des clercs simoniaques et débauchés et on ne doutait pas qu'il ne missent tout en œuvre pour empêcher l'élévation au pontificat du redoutable Hildebrand. Les données fournies par Lambert de Hersfeld ^ et par l'abbé Walo de Metz ^ ne laissent subsister aucun doute. On conçoit qu'en présence de ces rumeurs grandissantes, le parti de Grégoire dut éprouver des inquiétudes et poussa instamment son chef à mettre un terme à toutes ces machinations en se faisant consacrer sans retard, renouvelant ce qui s'était passé lors de l'élection d'Alexandre IL Mais Grégoire y répugnant et voulant attendre la décision royale, on imagina qu'il encourageait ses adversaires et voulait rendre la tiare dépendante du visa royal. Voici d'ailleurs une autre explication : d'après l'usage ancien, avec lequel s'accordaient les vues personnelles

1. Jaffé, Monumenta Gregoriana, p. 19. Cette lettre est dans le Regislrum, p. 9, datée du 6 mai. Voici le paragraphe qui concerne le roi Henri : « Au sujet du roi, connais toute notre pensée et nos vœux. Personne ^, nous le croyons devant Dieu,n'a, plus que nous, souci de ta gloire présente et future et ne la souhaite avec plus d'effusion. Notre volonté est, au premier moment opportun, de l'entretenir par nos légats, avec l'alTection et la vigilance d'un père, des choses qui nous paraissent intéresser la prospérité de l'Eglise et l'honneur de la dignité royale. S'il nous écoute, nous aurons de son salut autant de joie que du nôtre, car il fera certainement son salut s'il se confie à nos avertissements, et à nos conseils dans la voie de la justice. Mais, si, ce que nous ne souhaitons pas, il nous rend haine pour amour, si, méconnaissant la justice de Dieu, il ne paie que de mépris le grand honneur qu'il a reçu, la sentence « maudit soit l'honime qui détourne son glaive du sang » ne retombera pas sur nous grâce à Dieu. Il ne nous est pas permis de sacrifier la foi de Dieu à des égards personnels et de quitter le sentier de la justice pour la faveur humaine, m D'après ce oassage, on juge du ton dont Grégoire parlait de Henri. (H. L.)

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