HENRI VIOLE LE TRAITÉ DE CANOSSA
nement comme roi de Lomhardie. Grégoire répondit :« C'est impossible, tant q\ie Pierre sera prisonnier ^. » Et tout en renonçant, à lu suite de cette réponse, à se faire solennellement couronner à Monza, Henri n'en persista pas moins à ceindre la couronne de fer, (juttique avec moins de solennité, peut-être à Pavie ^.
1. Lp pape faisait allusion à la priin p]iis qu'à la captivilô do son séjour actuol à Canossa, à moins que ce no fût une manière de hâter la délivrance du légat. Gérald d'Ostie, retenu prisonnier, au su du roi, par l'évêque de Plaisance, Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 290.
Le récit des scènes de Canossa avait rendu courage aux Patares de Milan qui envoyèrent au pape une députation ; le pape y répondit par l'envoi de Gérald dOstie et d'Anselme de Lucques qui furent reçus on triomphe. De Milan, les légats visitèrent quelques villes voisines, notamment Pavie et Plaisance ; mais ici l'évêque Denis les fit arrêter et mettre en prison. Arnuir, Gesta archiepisc. JMediolan., 1. V, dans Mon. Germ. hisL, t. viii, p. 31, faisait partie de l'ambassade envoyée de Milan; cf. Bcrnold, Chronicon, ad ann. 1077, dans Mon. Germ. hisL, Script., t. v, p. 433 ; Berthold, Annales, ad ann. 1077, dans Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 290 ; Vita Anselmi Lucensis episc, c. XVII, dans Mon. Germ. hist., Script., t. xii, p. 18 ; d'après ce dernier document, Gérald aurait seul été emprisonné; Anselme, malgré ses protestations, aurait été laissé en liberté, — une liberté relative. (H. L.)
2. Berthold, Annales, ad ann. 1077, dans Mon. Germ. hist.. Script., t. v, p. 290; Bernold, dans Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 433 ; Paul de Bernried, Vita S. Gregorii, c. lxxvii, dans Watterich, Vitse pontif. roman., t. i, p. 526; P. L., t. cxLviii, col. 80. L'obstination avec laquelle le roi refusa de procurer la liberté de Gérald d'Ostie, montrait assez qu'il était retombé sous l'influence de ses conseillers. « Dans les nombreuses conversations qu'il avait avec eux, raconte Lambert de Hersfeld, le roi s'emportait en récriminations contre le pape, soutenant que la tempête violente qui avait ébranlé l'État et qui sévissait partout était due uniquement aux machinations de ce pontife, il le dénonçait comme l'auteur et le fauteur de tout ce qui venait de se passer dans l'Eglise; aussi demandait-il que tous vinssent se grouper autour de lui, afin de tirer vengeance de tant de maux et d'injures. Quant aux stipulations intervenues entre le pape et lui, quant aux prescriptions des lois ecclésiastiques, il les traita comme des toiles d'araignée que l'on fait dédaigneusement disparaître, il obéit en toute licence à ses caprices et repoussa la crainte de Dieu. Un tel langage et une telle conduite désarmèrent la colère des Italiens, leur fureur se calma et fit place peu à peu à des sentiments opposés; ils commencèrent à fréquenter sa cour, lui fournirent pour son armée d'abondants subsides et lui promirent d'exécuter ses ordres avec célérité. Voici les noms des princes alleniands alors dans son entourage : Liémar, archevêque de Brème ; Ebbo, évêque de Neubcurg-Zeitz ; Benno, évêque d'Osnabrûck ; Burchard, évêque de Lausanne ; Burchard, évoque de Bâle, et parmi les laïques Udalric, Eborhardt, Berthold et presque tous ceux que les légats avaient éloignés de lui à Oppenheim à caysc de rexcomraunicnlioii. Rein-