‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 157 sur 505 · Mansi, Conc. ampliss. coll., l. xix. col · texte numérisé non relu

Mansi, Conc. ampliss. coll., l. xix. col

On peut juger par la lettre de recommandation que Grégoire remit à Bcrenger à son départ de Rome, quelle était la bienveillance du pape pour le vieux théologien. Grégoire y menace de l'anathème quiconque nuira à Bérenger ou le qualifiera d'hérétique ^.

2. Mansi, op. cit., t. xx, col. 621 ; L. cl'Aohery, Spicileghim, t. m, p. 413 ; Roye, Vifa Berengarii, p. 76 ; Bouquet, Recueil des historiens de la France, t. XIV, p. 637 ; Epist. colleciœ, 22, dans Mon. Gregor, p. 550 ; Reg. pont, rom., t. I, n. 5103. W. Martens, Gregor VII, sein Leben und Wirken, in-8, Leipzig,

1894, t. I, p. 246-253 s'empresse de laisser planer un doute sur la foi du pape à la présence réelle. C'est une faute de goût, dans un pays où on n'y regarde pas de si près ; et c'est aussi une faute de critique. « Les indices qu'amasse M. W. Martens à ce propos sont excessivement faibles en dehors des incriminations de furieux adversaires du pape, mêlés à d'autres calomnies manifestes; ils se réduisent à des arguments négatifs et à des conjectures très légères, tandis que les paroles de Grégoire VII lui-même et en particulier la profession de foi qu'il imposa à Bérenger dans le concile romain de 1079 ne laissent pas lieu au moindre doute sur sa croyance très ferme et très nette à la conversion substantielle du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Christ. « Analecta bollandiana,

1895, t. XIV, p. 219; Du Boulay, Historia nniversilatis Parisiensis, in-fol., Parisiis. 1665, t. I, p. 458-459 ; L. d'Athery, Spicilegium, t. m, p. 413 ; Labbe, Concilia, t. X, col. 410 : Gregorius servus servorum Dei, omnibus beato Petro fulelibus, salutem et apostolicam benedictionem. Notum i'obis omnibus facimus nos anathema fecisse ex auihoriiate Dei omnipolentis Palris et Filii cl Spiritus Sancti, et beatorum apostolorum, Pétri et Pauli, omnibus qui injuriam aliquam facere prœsumpserinl Berengario Romanse Ecclesise filio,vel in persona, vel in possessione sua, vel qui eum vocabit hœreticum; quem, post multas quas apudnos, quantas voluimus fecitmoras, domum suamremittimus, et cum eo fulelem nostrum Fulconem nominc. Cette lettre et la tolérante bienveillance témoignée par Grégoire VII à Bérenger ont fait imaginer de voir dans le pape un théologien suspect, sinon un hérétique secret que la politique, en laquelle il était passé maître, empêcha de se déclarer. Ce sont là de grosses accusations qui ne reposent sur rien. L'appréciation la plus équitable des rapports entre le pape et l'écolâtre est ainsi présentée par M. J. Ebersolt, Bérenger de Tours et la contro<^'erse sacramentaire au yn^ siècle, dans la Revue de l'hisloire des religions, 1903, t. xlviii, p. 156-157 :« Grégoire VII avait été deux fois en rapport direct avec Bérenger, à Tours en 1054, et à Rome en 1078 et 1079. Au concile de Rome, en 1059, Hildebrand, qui n'était que cardinal, n'avait rien pu faire pour Bérenger, mais plus tard, lorsqu'il fut élevé au siège pontifical, la curie romaine se fit toujours un devoir d'écouter le scolastique avec bienveillance et s'efforça toujours de calmer la fureur de ses adversaires. Il est aussi très probable que le livre de Bérenger, De cœ/ia sacra, n'était pas parvenu à la connaissance du Siège apostolique. Le livre de Lanfranc était certainement connu, puisque le prieur du Bec en avait envoyé un exemplaire à Alexandre II son ancien élève. Mais Hildebrand n'aimait pas Lanfranc, ni son enseignement ; de là, la froideur qu'il lui a toujours témoignée et la sympathie dont il fit toujours preuve envers Bérenger. Ainsi, en 1078, le pape, après

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