‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 158 sur 505 · CONCILE ROMAIN, cahême · texte numérisé non relu

CONCILE ROMAIN, cahême

[130] La seconde grande affaire du concile fut la compétition au trône d'Allemagne. Au dire de Berthold, les ambassadeurs de Rodolphe exposèrent à l'assemblée les exactions et les cruautés commises en Souabe par Henri ^ et tant d'autres actes tyranniques, au point d'arracher des larmes au pape et à plusieurs évêques ^. Ils remirent alors la troisième lettre adressée au pape et au concile par les rodolphiens ^. Comme au précédent concile romain ^, on avait élevé des doutes sur la réalité de l'excommunication d'Henri ils vovilaient en donner une preuve circonstanciée. « L'Eglise romaine disaient-ils, nous est témoin qu'il a été déjà frappé d'anathème dans un concile'^, à cause de ses crimes. Il est vrai, que. poussé par la nécessité, il a sollicité l'absolution et l'a obtenue après s'être engagé à comparaître, selon l'ordre du pape (dans une diète) et à y répondre aux plaintes portées contre lui. Mais il a maltraité les messagers du pape chargés de lui rappeler sa promesse, et s'est montré si désobéissant, qu'en vertu de l'autorité pontificale, le cardinal-légat Bernhard l'a de nouveau excommunié et confirmé l'élection du roi Rodolphe. Dépouillé de son royaume pour la deuxième fois, il n'en a pas moins continué à gouverner brutalement ; il a ravagé l'empire, chassé les évêques, dévasté la Souabe, etc. D'autre part, il a violé à plusieurs reprises son serment de ne jamais molester quiconque voudrait se rendre à Rome. L'archevêque de Mayence, assisté de sept évêques, a prononcé

lui avoir fait signer une formule, déclare à qui veut l'entendre que Bércngcr n'est pas un hérétique. En 1079, après le concile, il renvoie Bérenger, avec un sauf^ conduit où la même chose est spécifiée. Au fond de cette affaire il y avait encore des considérations de politique ecclésiastique. Bérenger était, en effet, un partisan d'Hildebrand ; comme lui, il voulait une réforme ecclésiastique; comme lui, il avait la simonie en horreur. Par ses mœurs sévères et son ascétisme, Bérenger dépassait le niveau moral du clergé de son temps. En fait, Bérenger n'avait jamais manifesté l'intention de sortir de l'Église romaine ; au contraire, il avait toujours combattu avec un courage admirable les mœurs dissolues du clergé et la corruption sans cesse grandissante. » (H. L.)

1. Berthold, Annales, ad ann. 1079, dans Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 316. {H. L.)

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