‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 166 sur 505 · GREGOIRE VII TENTE INE SOLUTION PACIFIQUE · texte numérisé non relu

GREGOIRE VII TENTE INE SOLUTION PACIFIQUE

tout ce qui dépcndail dv lui pour assurer la victoire au parti de Henri ^

Cette tardive arrivée ilcs légats eu Allemagne lil,t)ii le comprend, échouer le plan de Grégoire, d'après lequel les ambassadeurs des deux rois devaient se trouver à Rome le jour de l'Ascension; de |)lus il s'écoula quekjue temps avant qu'Henri consentît à ratifier le serment prêté en son nom jiar ses ambassadeurs au concile du carême de 1070, et à se rendre à la Conférence. Les légats s'adressèrent alors à Rodolphe, aux Saxons et aux autres chefs rodolphiens, pour les inviter à se rendre à Fritzlar. Les deux partis s'y rencontrèrent au mois de juin, et les légats parvinrent, non sans peine, à faire accepter un armistice jusqu'à ce ((ue la Conférence de Wûrzbourg eût rendu sa décision. Toutefois. Henri ayant déclaré (pi'il ne confirmerait la promesse faite à 1^'ritzlar par ses ambassadeurs que si les partisans de Rodolphe consentaient à se soumettre à lui dans <ctte assemblée, Rodolphe pensa cju'il valait mieux ne pas s'y rendre et se préparer à la guerre, d'autant qu'Henri était parti ])our Wiirzbourg avec de nombreux hommes armés. Sans tenir compte de l'absence de Rodolphe. Henri parut à Wiirzbourg au jour fixé (vers la miaoût) et fit proclamer par ses avocats la valeur de ses droits, sa parfaite obéissance pour le pape, alors que Rodolphe, n'ayant aucun droit pour lui, désobéissait au pape, et N381 méritait par conséquent d'être excommunié. Berthold assure à plusieurs reprises que les légats furent gagnés, et même corrompus par Henri ; néanmoins ils ne voulurent pas se prononcer en sa faveur, ils se contentèrent de déclarer qu'on ne pouvait prendre de décision dans cette assemblée, mais seulement dans une conférence telle que la voulait le pape ; que leurs instructions ne leur permettaient pas d'aller plus loin, et ([uc le ])ape enverrait à leur place d'autres légats plus habiles. Les négociations que Rodolphe et les Saxons entamèrent aussitôt, povir prendre part au colloque de la paix, n'aboutirent pas, et la guerre civile paraissait imminente, lorsque les légats s'entremirent et déterminèrent les deux partis à rester en paix jusqu'à la Conférence ^.

Les partisans de Rodolphe envoyèrent au pape (été 1079),

1. licrthold, dans Mon. Gerrn. Iiisl., Sciii>f., t. v, p. 319 sq.

2. P.crllinlfl, dans Mon. Grrm. Iiixt., .'^rrij,/., I. v, p. 320 sq.

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un sixième mémoire, aujourtl'luii perdu, dans lequel ils accvisaient Grégoire Vil d'a^oir \ine politique inintelligente et le prouvaient par des faits. Le pape répondit par les deux lettres Perçeiiil cl Sunl niuJti. adressées aux Allemands et aux légats ^. Sans nier (pic la lettre Perce^iii fasse aussi allusion au cinquième mémoire incriminatif des partisans de Rodolphe, Non latet, il faut admettre que cette lettre va plus loin, et touche à des ])oints qui prouvent l'existence d'un sixième mémoire des rodolphiens, maintenant })erdu. Dans la lettre aux Allemands, le pape déclare aux rodolphiens que le reproche (ju'ils adressent à sa politique n'est pas fonde, et que personne n'a eu ]dus à souffrir que lui-même du )»arli d'Henri : « le parti est le plus nombreux et plein d'amertume contre le pape. 11 n'a cependant voulu })rendre fait et cause pour personne, et regretterait vivement ([ue ses légats agissent contrairement à leurs instructions. Tout leur pouvoir se borne à fixer, d'accord avec les Allemands, le temps et le lieu de cette Conférence à laquelle il compte envoyer d'autres légats. Ils doivent, en outre, demander le retour des évêques exilés et se garder de communiquer avec les excommuniés. Si, par erreur ou par la force, [130] ils ont dépassé ces instructions, le pape le déplore ; quant à lui, personne ne pourra lui faire abandonner le sentier de la justice. ))

Grégoire écrit à ses légats : « Je reçois beaucoup de j)laintes contre vous ; on prétend qvie vous contrevenez à nos instructions; l'un de vous (Pierre), agit sans duplicité -, mais Ulrich emploie la ruse. Je ne veux pas ajouter foi à ces bruits, mais soyez très prudents pour couper court à de pareils soupçons, et vous le pouvez, si vous avez constamment mes ordres sous les yeux et ne les transgressez en rien. Vous n'avez aucune décision à porter dans la question des rois ou de l'empire, ni au sujet des évêques élus de Trêves, de Cologne et d'Augsbourg, et en général de tous les prélats qui ont reçu l'investiture laïque. Occupez- vous uniquement de réintégrer les évêques chassés de

1. Ces deux Ici Ires sont du l^'"" octobre, Regislrum, VII, n. 3; Mon. Gregor., p. 383 ; Reg. pont, rom., n. .5138 : Pervenit ad vos. ■ — Hugues de Flavigny, Chroninique, dans Mon. Germ. hist., Sciipl., t. viii, p. 'i50. ^'\/o;i. Gregor., p. 557; Beg. pont, rom., ii. 5137. (H. L.)

2. Quotquot cnini laici suni, omncs cansam llciniid hiudaul ac dvjcndiinl cl pcrnuiiiir dinili:r ne inipir'.alis ciica eiint nie redarguunt. (H. L.)

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