‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 205 sur 505 · MORT DE GRÉGOIRE VIT · texte numérisé non relu

MORT DE GRÉGOIRE VIT

597. Réunions et conciles en Allemagne en 1085. Mort de Grégoire VII.

Le légat Otton, cardinal d'Ostie, porteur de la lettre papale et des décisions du concile de Salenie s'étant rendu en Allemagne, consacra évèque de Constance (décembre 1084), Gebhard, fils de Berthold duc de Zahringen, et donna en même temps au chroniqueur Bernold l'ordination sacerdotale ^. Le 20 janvier 1085, les deux partis qui divisaient l'Allemagne se réunirent en une grande conférence souvent appelée concile ^, afin de rechercher la solution pacifique si fort recommandée par Grégoire ^. Walram, [1781 évoque de Naumbourg, indique comme lieu de réunion la villa de Gerstungen, tandis que, dans sa chronique, Ekkehard mentionne la villa de Berchach (Berka), l'une et l'autre en Thuringe, non loin d'Eisenach. Bernold, qui parle également de cette assemblée, en indique la date, mais non le lieu ^. Kunstmann, auquel nous devons une monographie sur le synode de Gerstungen ^, a cherché à expliquer cette difficulté, en disant que le premier jour, la réunion s'était tenue à Gerstungen, et le second à Berka. Cette hypothèse serait admissible si l'annaliste saxon, un contemporain, ne disait explicitement que la réunion des princes saxons eut lieu à Gerstungen en 1084,

1. Bernold, Chronicon, dans Alon. Germ. hist., Script., 1. v, p. 441.

2. Une partie de la noblesse saxonne était d'accord avec Henri, cf. Gfrorer, Gregor VII, l. vu, p. 883.

3. Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 594; Jafïé, Mon. Gregoriana, p. 44i, et quelques autres imaginent la réunion d'un conciliabule de l'antipape Guibert, en janvier 1085; on y aurait décrété la priorité pour les évêques de Ravenne sur tous les autres évêques. Ce début attribué à Clément III est de Clément II et de l'année 1067. Voir § 538, cf. Mansi, op. cit., t. xix, col. 625. Les autres actes attribués à ce conciliabule de janvier 1085, dans Mansi, op. cit., t. xx, col. 596 sq., sont de date plus récente.

4. Mon. Germ. Iiist., Script., t. v, p. 442 ; t. vi. p. 206 : Hartzbcim, Conc. Germanise, t. m, p. 199.

5. Kunstmann, dans Zeitschrijt jiir Théologie (Freiburg), 1840, t. iv, p. 116 sq. Sur cette conférence du 25 janvier 1076 à Gerstungen en Thuringe, cf. Sdralek, Die Streilschrlflen AUnianns von Passau iind Wezilos von Mainz, in-8, Paderborn, 1890, p. 3-13, qui contient le seul exposé complet de ces négociations. Les évoques grégoriens qui y allaient en toute bonne foi se taisaient fort de démontrer

et à Pères Lad (Berechach) le 20 janvier 1085 ^. On vit à cette assemblée le légat du pape, Odon d'Ostie, arrivant de Constance, les archevêques Hartwig de Magdebourg et Gebhard de Salzbourg, les évoques Udo d'IIildcsheim, Burchard d'IIalberstadt, Hartwig de Verden (et non de Verdun, comme l'a écrit Kunstmann), Werner de Mersebourg, Giinther de Zeitz (prédécesseur de Walram), Benno de Meissen et le sous-diacre Henri, évêque nommé de Paderborn. A la tête du parti impérial, nous trouvons Wezel, le nouvel archevêque de Mayenoe (Siegfried était mort en 1084), Sicgwin, archevêque de Cologne et l^^gilbert de Trêves avec plusieurs de leurs suffragants. Jusqu'à nos jours, il était malaisé de connaître la vérité sur cette question, à cause des divergences entre Walram et les autres documents. Mais Kunstmann a découvert, dans un manuscrit de saint Emmeran du xii^ siècle, une pièce provenant du légat du pape et de ses amis, qui peut nous servir de fil conducteur et s'accorde entièrement avec les données fournies par d'autres historiens, sauf celles de Walram qui, on le sait, sont empreintes d'une trop grande partialité ^. Il est même facile de mettre Walram en contradiction avec lui-même. Dans cette lettre encyclique, le légat et ses amis veulent faire connaître la vérité sur la conférence qui venait d'avoir lieu, parce que les adversaires du pape prétendaient faussement y avoir remporté la victoire.

à leurs collègues que des évêques ne pouvaient obéir à un roi excommunié. Ils ne se doutaient pas que leurs contradicteurs apporteraient peu de loyauté et feraient échouer tout essai de conoilialion. Le beau rôle n'appartient certes pas dans cette conférence contradictoire aux évêques henriciens. Ceux-ci, et particulièrement Wezilon de Mayence, nouvellement installé, avaient produit, sans en indiquer l'origine, un texte de la Préface des fausses Décrétales (Hinschius, Decrelales pseudo-isidorianic, p. 18, n. 6). Ce texte aurait été fabriqué par un pseudo-Isidore pour retarder la procédure juridique contre les évêques. Wezilon voulait faire bénéficier les laïcs et le roi Henri IV de cette disposition.Les évêques grégoriens ne se doutaient de rien, le légat non plus; aussi furent-ils battus à Quedlinburg. Quelques jours plus tard, ayant découvert la fraude, ils rédigèrent une protestation. Si la manœuvre de Wezilon avait réussi, il aurait fallu remettre Henri IV en possession de tous ses droits, avant de procéder contre lui judiciairement. C'eût été annuler les principaux actes de Grégoire VII. L. Saltct, op. cit., p. 212, note 2. (H. L.)

1. Mon. Cerm. hlsl.. Script., t. vt, p. 721 ; Giesebrccht, np. cil., f. m, p. 590, p. 1128 ; 4e édit., p. 605, p. 1169.

2. Giesebrecht, Kaiser gesch., i*^ édit., t. m, p. 12'i8, a publié également cette lettre circulaire d'Otton.

Page 1