Job., XX
3. Kunstmann, op. cit., p. 12G conclut de là que le recueil du pseudo-Isidore n'a pas dû se répandre rapidement en Allemagne, et qu'à la fin du xi'^ siècle il n'y jouissait encore que d'une faible autorité.
cas : il dit que ni les laïques ni les clercs ne peuvent, sans être d'abord réintégrés, être cités à comparaître devant xin tribunal civil, ni les clercs devant un tribunal ecclésiastique (les conciles), ce qu'il appuie de décrets des empereurs et des papes, et il termine par ces mots : Si ce droit a été accordé à des laïques et à des femmes, à plus forte raison doit-il être accordé à des [180] ecclésiastiques. Les adversaires citèrent aussi ces paroles, leur faisant dire, à tort, que le laïque spolié n'était ])as tenu à comparaître devant un synode. D'après cela, un laïque, auquel on aurait pris un cheval, ne pourrait pas être cité à comparaître devant un synode pour cause d'adultère ou tout autre crime. — Nous répondîmes : Ce n'est pas à nous à examiner si le Siège apostolique a jamais condamné quelqu'un à tort ou à raison, car personne n'a le droit d'émettre un jugement sur ce Siège. La seule question à examiner, c'est si l'on peut rester en communion avec un excommunié. » En terminant, on prie le lectevir de bien remarquer que le légat et ses amis n'ont cité que des autorités connues, tandis que leurs adversaires avaient agi avec ruse et n'avaient pas voulu donner les noms de leur autorité.
L'annaliste saxon ajoute que, du côté de l'Eglise, l'archevêque de Salzbourg prit la parole, que l'évêque Conrad d'Utrecht et l'archevêque Wezel de Mayence furent les principaux orateurs des adversaires ^. On s'était, continue-t-il, séparé sans s'être entendu. Le lendemain, les Saxons et les Thuringiens se réunirent à part (à Berka, suppose Kunstmann), pour tirer au clair la scission qui s'était produite parmi eux et compter ceux (jui étaient disposés à résister jusqu'à la mort et ceux qui voulaient abandonner la cause. On accusait en particulier Hugues, évêque d'Hildesheim, son frère Conrad, et le comte Thierry (de Katelembourg), d'avoir conclu avec Henri un traité secret. On en vint à de telles extrémités, que le comte Thierry fut massacré ; l'évêque d'Hildesheim s'enfuit à Fritzlar chez le roi Henri, s'attacha à sa cause, et plus tard occasionna la défection de beaucoup de ses compatriotes.
Peu de temps après, les prélats et les chefs des deux partis se réunirent dans des conciles séparés à Quedlinbourg et à
1. Le long discours qu'Aventin met clans la bouche de Conrad d'Utrecht est de la composition d'A\'cntin lui-même.