‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 209 sur 505 · Cf. Kober, Kirchenbann, Tubingen, 1867, p · texte numérisé non relu

Cf. Kober, Kirchenbann, Tubingen, 1867, p

4. Wezilon de Mayence n'avait pu empêcher qu'on ne découvrît sa fraude quelques jours après l'assemblée de Gerstungen tenue le 25 janvier. Aussi la réunion de Quedlinburg, 20 avril , ne peut être en aucune façon considérée comme la continuation de pourparlers rompus sans retour. A l'issue de la réunion de Gerstungen, lorsque les évêques grégoriens ne purent douter qu'on les avait joués, leur exaspération fut grande. Le schisme leur apparaissait comme irrémédiable el nu! iio pouvait ])i('juger sa durée, vu le gTand nond)ro des adhérents de l'empe-

316 LIVRK XXXI

l'Église, à moins que cet évcqiie lui-même ne soit dégradé de ses

rcur ; quelques-uns pronoiieaient même le mot d'hérésie. Ces graves eireonstances aident à comprendre la décision prise à Quedlinburg. Les évèques catholiques publièrent le canon suivant dont l'analyse est fournie par le procès-verbal publié alors : In eadem synodo onliiialio Wccilonis Moguntini invasoris, immo omnes ordinationes vel consecrationes ah excommunicntis jnctx irritse jiidicalse sunt juxta décréta sanctonini Patrum Innocentii, Leonis, Pelagii atqiie siiccessoris ejus sanctissimi papx Gregorii. Sdralek, Dit' Slreitsclirijlen .Mlmann's von Passait und Wezilos i'on Mainz, in-8, Paderborn, 1890, p. 179. Il faudrait, écrit M. Saltet, op. cil., p. 213, lenonccr à interpréter cette décision si on était réduit à utiliser un texte aussi peu explicite. Heureusement on peut appeler les contemporains en témoignage. Dans ce canon, Bernoldde Constance a vu affirmée la nullité des sacrements conférés par les excommuniés. Il en est de même de Bernard de Constance, qui résidait alors en Saxe [Liber ca non uni contra Henricuin quavlmn, dans Libelli de lite, t. i, p. 515 sq.) Ce sont des témoignages qu'il est difficile d'écarter. Bcrnold mérite d'autant plus d'être écouté que, quelques semaines plus tôt, le 22 décembre 1084, il avait été ordonné à Constance par le légat Odon dOstie, qui se rendait alors en Saxe. Etant donné que Bernold s'intéressait si vivement à la controverse des sacrements, il est impossible qu'il n'ait pas parlé, sur ce sujet, avec Odon. Si un intermédiaire avait été nécessaire entre l'humble moine et le légat, Gebhard, le nouvel évêque de Constance, ordonné prêtre le même jour que Bernold, aurait rempli ce rôle. Quelques mois après le synode de Quedlinburg, entre le milieu de 1085 et la fin de 1088, Bernold écrit à un personnage du parti royaliste, povir réfuter les attaques dirigées contrôles évêques grégoriens. Il s'exprime ainsi pour justifier la thèse de la nullité des sacrements administrés en dehors de l'Église : Quid aulein mirainini, si sacramenta Ecclesise apud excommunicatos esse negantur, ciim beatus Augustinus locum veri sacrificii extra Ecclesiam non esse protestetur. Item sanctus Gregorius de consécrations Maximi prsesumptoris scribens :« Quam rem, inquit, nullo modo possumus dicere consecraiionem, quia ab excommunicatis celehrata est.)) Item prsedecessor ejus papa Pelagius : « Extra Ecclesiam, inquit, non consccratur sed execratur episcopus ». Item beatus Innocentius, papa : « Qui, inquit, honorcm amisil, lionorem dare non potest. » Et post pauca : « Dampnationem ergo quam Iiabuit, per pravam manus impositionem dédit. « Item sanctus Léo papa Leoni Augusto scribens de quodam Timotheo dampnalo, ejusque sequacibus, « omnia sacramenta se eorum sacrilegis manibus subtraxisse » testatur. [Apologeticee rationcs, dans Libelli de lite, t. ii, p. 99), Dans ce passage, Bernold se réfère certainement aux décisions de Quedlinburg. Il ajoute à un fameux texte de Prosper [Lib. Sentent, ex Augustino, xv, dans P. L., t. Li, col. 1.30), souvent cité dans ces controverses, l'autorité des quatre personnages mentionnés dans la circulaire synodale. Seulement, comme Bernold intervertit l'ordre, il écrit: prœdecessor ejus (Gregorii) Pelagius, tandis que le synode dit : Pelagii atque successoris ejus Gregorii. Dès lors les textes Cités ici par Bernold sont ceux-là même que le concile de Quedlinburg avait invoqués et dont Bernold aura eu connaissance, par le personnage qui représentait l'évêque Gebhard de Constance à Quedlinburg. A ce moment, après le désagrément qui leur était arrivé à Gerstungen, trois mois plus tôt, les grégoriens appuyaient leurs décisions de bonnes autorités patristiques. (H. Jj.)

i97. MORT DE GREGOIRE VII

fonctions ou privé de la communion, et qu'il n'ait été frappé injustement {etsi injuste) \ 2. Ceux qui ont été excommuniés pour avoir dépouillé les églises ne doivent pas être réintégrés sans la réconciliation ordinaire, quand même ils auraient rendu depuis longtemps ce qu'ils avaient volé. 3. Tous les prêtres, diacres et sous-diacres doivenl vivre dans une perpétuelle continence. 4. Les laïques ne doivent pas toucher les pâlies de l'autel ni les autres vases sacrés. 5. Les laïques ne doivent pas, sans l'assentiment du possesseur légitime, s'arroger des dîmes, soit en propriété, soit en lief. (i. Les Quatre-Temps du printemps doivent se célébrer dans la première semaine du carême, et ceux de l'été à la Pentecôte. 7. Dans le carême, nul ne doit manger du fromage ni des œufs. 8. Le sacre de Gebhard comme évêque de '■ Constance est confirmé, ainsi que toutes les décisions du légat.

On s'occupa aussi de la parenté du roi Hermann avec sa femme -. Le roi jura c^u'il se conformerait à la décision du concile; mais l'assemblée pensa que cette question ne pouvait être traitée, à défaut d'accusateur. Elle refusa de donner suite à la proposition des légats, d'après laquelle les laïques de la Saxe et de la Thuringe auraient dû rendre tout le bien pris aux églises. En terminant, on anathématisa Guibert, Hugues Candide, Jean, archevêque de Porto, l'archichancelier Pierre, les évêques Liemar de Brème, Udo d'IIiklesheim (l'apostat), Otton de Constance, Burchard de Bâle, Huzmann de Spire, l'usurpateur Wezilo de Mayence, Siegfried d'iVugsbourg et Norbert de Coire ^.

Deux ou trois semaines plus tard, dans les premiers jours de mai 1085, les partisans d'Henri tinrent un synode à Mayence dans l'église de Saint-Alban, en présence d'Henri lui-même et de quelques légats de l'antipape Clément III *. Tout le monde

Page 1