Accordée par Gréijoire VII, en
6. P. de Marca, De primatu Lngdun. et creter. primatib., en appendice au De concordia sacerdolii el imperii, p. 10 s([. ; P. de Marca, Dissertationes très, édit. Baluze, in-8, Parisiis, 1669, p. 262 ; (,'allia christiana, t. iv, Instrum. 11 ; Rou(iuot,
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Rodvilf, archevêque de Tours, s'obstinant, malgré les décisions de Brioude et d'Autun, à ne pas reconnaître l'exemption de Marmoutiers, le pape fit reprendre l'enquête et la trancha par un compromis ^. Dans un autre conflit entre Godefroid, évoque de Maguelone, et le couvent d'Aniane, le pape se prononça en faveur de l'évcque. Quant à la controverse entre les abbés de Cluny et de la Chaise-Dieu, elle se termina en présence du pape, les deux partis se partagèrent à l'amiable les églises et possessions objet du litige ^. A la demande d'Adhémar, évoque d'Angouléme, le pape confirma à Clermont, le 21 novembre, l'ordonnance de cet évoque, portant qu'une prévôté située dans son diocèse, et qui jusqu'alors avait été souvent vendue (par les évoques ses prédécesseurs) ou donnée à des parents, appartiendrait aux chanoines d'Angouléme, aussi longtemps qu'ils garderaient la i^ita comniunis. Vers le même temps, Urbain excommunia quelques seigneurs, jusqu'à ce qu'ils eussent rendu à l'église de Saint-Flour les biens dérobés. Il adjugea à l'église de Grenoble un pagus que l'archevêque de Vienne disputait à cette église, et déclara Manassès évêque légitime de Cambrai, tandis qu'il prononça, d'accord avec le concile, la déposition de l'impie Gualcher. Enfin, le dernier jour, 28 novem-
Reciieil îles liist. de la France, t. xiv, p. 715 ; Coleli, Concilia, t. xii, col. 8'i3 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, toi. 828 ; Cocquelines, Bullariuin. t. ii, p. 86, P. L., t. ci.i, col. 438 ; JalTc, Beg. pont, ro/n., n. 5600. (H. L.)
1. Le pape Urbain II fui appelé à statuer sur un procès entre l'archevêque de Tours et le monastère de Marmoutiers. Il donna gain de cause aux moines, décision cjui souleva de vifs mécontentements. Le pape fit donner lecture du privilège concédé à Marmoutiers et permit à qui que ce soit d'élever des objections canoniques s'il en existait. Après cette lecture, les Pères se divisent, les uns soulèvent des objections, les autres approuvent. Alors le pape impose le silence, se lève et à la face du concile proclame les droits du Siège apostolique. Il a le droit, soutien t-ii, de scinder un diocèse en plusieurs, aussi bien que d'en grouper plusieurs en un seul ; de même pour les monastères ; il peut enfin, sans que personne ait le droit de lui résister, faire entrer tout établissement ecclésiastique dans le domaine de saint Pierre. Il invoqua les précédents et lui-même promulgua des actes de cette nature, sans rencontrer de contradiction dans le concile. Notifia seit libelliis de Iribulationibus, et angiistiis, et persecutionibus Majori Monasterio illati.'i, dans Bou(juet, Recueil des hi.stor. de la Fiance, t. xiv^ p. 1)7-'J8. (H. L.)
2. Coleti, Concilia, I. xii, col. 1)20; llarduuin, Conc. coll., (. vi, pari. 2, col. 171)9; Mansi, Conc, ampliss. coll., t. xx, col. 909 sq. ; Analecta juiis pontifcii, t. x, p. 540.
bre 1095, Urbain publia solennellement le décret de rétablissement du siège d'Arras, rédigé depuis deux ans ^.
Le concile de Clermont est demeuré célèbre pour avoir donné l'élan au grand mouvement des croisades. Rien de surprenant si ceux qui ne croient pas au Christ historique ont jugé l — ^'J ces expéditions une folie, un entraînement déplorable, ou même un moyen imaginé par les papes pour étendre leur domination. Tout chrétien digne de ce nom ressent aujourd'hui, comme il y a huit cents ans, une affliction profonde pour la perte de la Terre Sainte et la domination musulmane qui pèse sur les villes sanctifiées par la présence du Sauveur ^. Au xi® siècle, cette affliction,
1. Coleti, Concilia, t. xii, col. 920 ; Hardouin, Conc. roU.. t. vi, part. 2, col. 1655, 1682 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 9U-919, 670, 695 ; JafTé, Reg. ponl. rom., t. i, p. 682 ; Mansi a attribué à tor|, à ce cpnpile une lettre du pape à l'abbé Bérenger.
2. C'est un point de vue. Est-ce celui de l'historien ? Un mpuvemcnt social, un tourbillon comparable à celui qui, périodiquement, secoua l'Europe pendant près de doux siècles se ramène-t-il à cette préoccupation respectable et restreinte <[ue lui assigne l'auteur? Il faut prendre la chose de plus haut. Voici d'abord la liibliographie.
I. — Collections d'ensemble . — J. Bongars, Gesta Dei per Francos sive orienlaliuni expeditionum et regni Francorum Hierosolymitani historia, a variis sed illius xvi scriptoribus Utteris commendata, nunc primum aul editis aut ad libros i'etcres emendatis, 2 tomes in-fol., Hannovia», 1612, ouvrage inachevé ; le t. i est relatif à la première croisade, le t. ii contient surtout Marino Sanudo, cf. G. Barthius, Animadversi.ones et glossaria mss. ad Bongarsianos scriptores, dans Lude^^ig, Reliq. mss., 1720, t. m, p. 1-560, et Michaud, Bibliolh. des croisades, 1829, t. i, p. 1-199. — Les bénédictins de Saint-Maur entreprirent au début du xyiiif" siècle un recueil de pièces de toute nature relatives à l'Orient latin. Les papiers de dom Berthereau ont survécu à la Révolution, qui amena l'abandon du projet; ils sont aujourd'hui conservés à la Bibliothèque Nationale; cf. Riant, Inventaire du recueil dit de doni Berthereau, dans les Archives de l'Orient latin, t. ii, p. 105 sq. ■ — • Michaud, Bibliothèque des croisades, contenant l'ancdyse de toutes les chroniques d'Orient et d'Occident qui parlent des croisades, 2 vol. in-8, Paris, 1822 ; 2*^ édit., avec table générale, 4 vol. in-8, en 5 tomes, 1829, cf. Dausspn, dans le Journal des Savans, 18.30, p. 102-114, 211-225 ; ce recueil forme une table analytique des collections de documents antérieures au xix*^ siècle. I. Chron. de France ; IL Chron. de France, d'Italie et d'Angleterre; III. Chron. d'Allemagne, scandin., grecq., turques. IV. Chron. arabes. — J. Buchon, Chroniques étrangères relatives aux expéditions françaises pendant le xiii^ siècle, publiées pour la première fois, élucidées et traduites, in-8, Paris, IS'iO; in-8, Paris, 1860. — S. Ciampi, Catalogo de' principali scrittori d'Occidcnte dclla storia délie Crociatee che si conoscono per le stampe, dans sa Guerre per Roberlo mon., 1825, préf., p. 22-30, — A. Geoffroy, f'nr enquête française sur les croisades et l'Orient latin, dans la Revue des Deux
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Mondes, 1883, t. lx, p. 607-635 ; — E. P. Georgens, Arabische Quellenbeitràge zur Gcsciticli/e der Kreuzzûge, iiberselzt nnd hcrausgegeben untcr Mihvirkg. von R. Rijiiriclit, in-8, ]5ci'lin, 1879, cf. M. J. de Goejc, dans le Journal asiatique, 1880, t. XI, p. 552-561 ; A. van Hasselt, Document inédit pour sen'ir à Vliistoire des croisades, dans Bull. ann. acad. arrli. Belgiq., 18'i9, t. vi, p. 93-102 ; A. Jellinek, Z.ur Gcschichte der Kreuzzûge, nach IlandscJirift liebr. QueUen herausgegeb., in-8, Leipzig, 1853 ; Zur Litcratur der Geschichtc der Kreuzzûge, dans Ilislorisclte Zeilschrijl, de Sybel, 1870, t. xxiv, p. 257-273 ; P. Paris, dans Histoire littér. de la France, 1847, t. xxi, p. 079-685 ; H. Prutz, Quellenbeitràge zur Geschichtc der Kreuzzûge, in-8, Dantzig, 1876 ; — Recueil des historiens des croisades, public par les soins de l'Acad. des Inscr. et Relies-Lettres. Documents arméniens, par Ed. Dulaurier, in-fol., Paris, 1869, t. i (le t. ii sous presse) ; Historiens grecs, 2 vol. in-fol., Paris, 1875-1881 ; Historiens occidentaux, par Beugnot, Le Prévost, A. Langlois, Ph. Le Bas, PL Wallon, Ad. Régnier, G. Thurot, 5 vol. in-fol., Paris, 1844-1886 ; Historiens orientaux, par de Slane. 3 vol. in-fol., 1872-1887; Lois, par Beugnot. 2 vol. in-fol., 1841-1843; cf. Beugnot, dans les Mémoires de l'Acad. des Incr. et Belles-Lettres, 1839, t. xii, part. 1, p. 30-49. L'œuvre historique entreprise par un bénédictin qui, sans la Révolution, l'eût peut-être achevée, a périclité du moment qu'elle a été promue à la dignité de production académique et collective. Malgré les services qu'ils rendent, les massifs in-folio élaborés par une commission sont loin de satisfaire aux légitimes exigences de la science historique et critique. Alors qu'une commission faiblissait à la tâche, on imagina de tout sauver à l'aide d'une société, ce fut la Société de l'Orient latin, formée en 1875, dont le plan n'a pu être exécuté que partiellement. Les Archives de l'Orient latin, 2 vol. in-4, 1881, 1884, offrent l'ordinaire mélange des recueils de ce genre: textes, inventaires, travaux personnels, en somme plus de choses que d'ordre. La Revue de l'Orient latin, depuis 1893, ajoute à ces productions une bibliographie de tous les ouvrages ou articles relatifs à l'Orient du moyen âge. C'est un gr^nd effort et un grand progrès sur tout ce qui s'était fait jusqu'alors.
IL — Ouvrages généraux. — Nous ne croyons pas utile de transcrire la bibliographie donnée par U. Chevalier, Répertoire des sources historiques, Topobibliographie, t. I, col. 832-834 : généralités. On y trouvera surtout des banalités et des pauvretés, depuis le P. Maimbourg jusqu'à Voltaire, en passant par toutes les nuances, y compris les plus délicates, de la niaiserie et de l'ignorance. Les seuls travaux qui aient droit à vine mentiou spnt : J. Michaud, Histoire des croisades, 5 vol. in-8, Paris, 1812-1822; 4^ édit., revue, corr. et augm., 6 vol. in-8. 1825-1829 ; 6"^ édit., j-evue et augm. par Poujoulat ; 7^ édit., append. ptr Huillard Breholles. C'est un ouvrage d'initiation par un vulgarisateur, avec tableaux et prosopopées dans le goût de l'époque. M. Bréhier le caractérise très poliment : « Comme vérité historique, il correspond assez bien aux tableaux du musée de Versailles qu'il a contribué à inspirer » ; Wilken, Geschichte der Kreuzzûge, 7 vol. in-8, Leipzig, 1807-1832 ; Kugler, Gcschichte der Kreuzzûge, in-8, 1880 ; Rohricht, Geschichte der Kreuzzûge im Lmriss, in-8, Innsbruck, 1893 ; Heyck, Die Kreuzzûge und das heilige Land, in-8, Leipzig, 1906 ; Heeren, Essai sur l'influence des croisades, trad. franc., in-8, Paris, 1821 ; Pruftz, Kulturgeschichte der Kreuzzûge, Berlin, 1883 ; L. Bréhier, L' Egt'se et l'Orient au moyen âge. Les croisades, in-12, Paris, 1907, excellent; Scjilec, Pie Pdpsie und die Kreuzzûge, Halle, 1893.
■'ÎOS LIVRE XXXII
III. — Points particuliers. — On trouvera une bibliographie méthodique dans L. IJrchier, op. cit., p. iv-xiii.
Dans les volumes qui préccdcnl, V Histoire des conciles nous a souvent amené à constater l'état des relations entre l'Orient et l'Occident. Ces relations, ordinairement aigres-douces entre Rome et Constantinople, n'influaient pas autant qu'on pourrait être tenté de le croire sur les rapports entre peuples et entre individus. On laissait la théologie aux théologiens. Plus ]irospèrc, plus afTiné (jiio l'Occident, ([ui avait eu à subir la longue et rude épreuve des invasions de barbares' l'Orient gardait un immense prestige politique, moral et religieux. Malgré tout ce que le séparatisme, d'une part, et les déceptions, d'autre part, pouvaient faire, on se tournait naturellement de ce côté.« L'Orient est donc, à la fin de l'antiquité, le centre politique, le siège de la domination impériale ; il est aussi la terre des saints et des ascètes, la patrie des grands docteurs, il est couvert de basiliqvics somptueuses, enrichies par la piété des empereurs. 11 ne tant donc pas s'étonner qu'il apparaisse aux Occidentaux comme une sorte de Terre promise et que beaucoup d'entre eux, même au prix des plus pénibles sacrifices, cherchent à entrevoir tout au moins ces pays dont on raconte tant de merveilles, x L. Bréhier, op. cit., P-5.
Grands voyageurs, les Occidentaux se sentent attirés vers cette ville sainte de Jérusalem relevée de ses ruines, plus somptueuse que par le passé. L'imagination s'en mêle, les reliques, vraies ou fausses, acquièrent une autorité, un attrait qu'on ne s'imagine plus que difïicilement. Ceux qui ne peuvent faire eux-mêmes le pèlerinage aux Lieux-Saints écoutent avidement ceux qui, plus heureux, en reviennent et les indigènes, qu'on désigne sous le nom général de « Syriens » et qui forment nombre d'établissements dans les grandes villes, à Rome, à Ravenne, à Trêves, à Lyon, à Bordeaux, à Narbonne o1 jusqu'en Afrique et en Bretagne. (L. Bréhier, Les colonies d'Orientaux en Occident au commencement du moyen âge, dans Byzantinische Zeitschrifl, t. xii, p. 1 sq.) L'échange économique facilitait et activait la pénétration de l'orientalisme dans tous les domaines de la vie occidentale, dans l'art, dans la vie matérielle, dans la vie religieuse, dans le culte des saints et des reliques. Il n'est donc pas étonnant que beaucoup d'Occidentaux aient été attirés en Orient par le désir de voir de près les solitaires et les instituts monastiques en si grande réputation. Des Gaulois firent le voyage de Syrie pour vénérer le célèbre Siméon Stylite sur sa colonne. D'autres partaient sans dessein déterminé que de beaucoup regarder, beaucoup apprendre, se remplir les yeux et le cœur. Telle fut l'origine des rapports étroits qui se nouèrent désormais entre l'Occident et l'Orient et des premiers établissements latins qui furent fondés en Palestine. Dès le iv-v^ siècle, la ville de Jérusalem compte environ trois cents monastères, églises ou hospices. Au vi^ siècle, l'ardeur des pèlerinages ne ralentit pas. On ne peut s'empêcher d'être surpris du grand nombre de témoignages sur l'Orient que Grégoire de Tours recueille des pèlerins qu'il est à portée d'interroger : lieux, usages, culture, légende, tout est bon, tout est intéressant qui vient de là-bas.
Les papes se préoccupent eux aussi des pèlerinages et des pèlerins, de l'accueil qui leur est fait. Us ont bientôt à s'occuper plus activement de ces contrées orientales, au moment où les chrétientés prospères de tes pays furent écrasées par les invasions des Perses et des Arabes. C'est ici une conséquence des conflits et des schismes dont le récit a rempli une partie de cette Histoire des conciles