‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 278 sur 505 · CONCILES DE PLAISANCE ET DE CLERMONT · texte numérisé non relu

CONCILES DE PLAISANCE ET DE CLERMONT

Marie-Latine subit le mèmp sort. La populace fut invitée au pillage, les moines furent chasses et tous les monuments monastiques détruits (28 septembre 1009). En même temps, une violente persécution, qui dura plusieurs années, atteignait tous les chrétiens soumis au kkalife fatimite. » Alors commença contre chrétiens et juifs une rude persécution qui dura une dizaine d'années ; quand elle prit lin, vers 1020, la situation des chrétiens de Terre Sainte redevint tolérable, mais 1 influence des Latins avait vécu. Le protectorat franc établi par Charlemagne était détruit. Un autre protectorat lui succéda, celui des empereurs de Byzance. On reprit la restauration des Lieux Saints, les constructions ne furent terminées qu'en 1048 par le patriarche Nicéphore et avec les subventions de Constantin Monomaque. Survint le schisme grec de 105''i et la rupture définitive entre Rome et Constantinople, au temps de Michel Cérulaire. Dès lors, les Grecs ne cachent pas leur mauvais vouloir à l'égard des pèlerins qui, cependant, sont plus nombreux que jamais au xi^ siècle. « Obligés cependant de faire face à des dangers inconnus jusque-là, ils prirent le parti de modifier le caractère de leurs pèlerinages. Au lieu de se diriger vers la Terre Sainte en petites troupes de quatre ou cinq pèlerins et sans armes, ils se groupèrent quelquefois au nombre de plusieurs centaines d'hommes armés et leurs pèlerinages ressemblèrent à de véritables expéditions. Sans doute, les pèlerins qui voyagent séparément sont encore très nombreux au xi^ siècle ; mais à côté de ces voyages entrepris individuellement, on trouve, surtout à cette époque, de véritables expéditions qui traversent toute l'Europe et l'Orient, non sans être parfois en butte à l'hostilité des indigènes. De toutes ces expéditions, la plus célèbre et la plus importante fut celle des évêques et des chevaliers de l'Allemagne du sud, qui eut lieu en 1065, sous le commandement de Gûnther, évêque de Bamberg, et qui comprenait plus de douze mille hommes. Sur le passage de cette armée, des logements avaient été préparés à l'avance et la route est marquée par des incidents, escarmouches, combats, qui font de ces pèlerinages de vraies expéditions militaires. Ce ne sont pas encpre des croisades, mais elles en sont comme l'essai et l'avant-garde. Non seulement elles ont rendu familières aux Occidentaux les étapes de la route de Palestine et repéré les itinéraires, mais elles ont entretenu l'idée d'atteindre coûte que coûte Jérusalem. Vers cette fin du xi^ siècle, on s'occupe de relever les établissements latins détruits sous la persécution de Hakem, on revient peu à peu avi régime du protectorat de Charlennagne, lorsqu'une nouvelle catastrophe, l'invasion des Turcs, remit tout en question. «

Depuis l'année 1064, ceux-ci faisaient de nouveaux progrès ; en 1092, ils pénétraient à Smyrne, Clazomène, Chio, Lesbos, Samos, Rhodes. « Les Occidentaux ne pouvaient rester indifférents à cette catastrophe qui menaçait d'emporter l'empire byzantin. Non seulement la sécurité des pèlerinages en Terre Sainte était compromise, mais l'existence même du Saint-Sépulcre et des établissements latins de Jérusalem pouvait paraître remise en question .Enfin la destructipn des églises d'Asie-Mineyre ptait pour tous les chrétiens un sujet de crainte et d'humiliation. Il semble donc que, dès les premiers désastres, l'idée d'une expédition au secours de Constantinople et de Jérusalem soit née en Occident. Cette idée fut d'ailleurs provoquée par les empereurs byzantins eux-mêmes. En 1073, Michel VII écrivit dans ce sens au pape Grégoire VII (Regislruin, 1. I, 18; P. L., t. cxLviii, col. 300), en lui promettant la réunion de l'Église grecque au Saint-Siège. Le pape accueillit favorablement cetlo invitation. Dans une lettre

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datée du 2 février lOT'i, il exhorle'Guillaume, comte de Bourgogne, à aller défendre Constantinople menacée par les infidèles (P. L., t. cxlviii, col. 325). Le l*^' mars, dans une encyclique adressée à tous les fidèles, il leur annonce le danger que court r« empire chrétien» et leur demande de lui faire connaître par des ambassades les résolutions qu'ils auront prises (P. L., t. cxlvui, col. 329). Le pape reçut immédiatement des propositions de secours, car, dans sa lettre à Guillaume VI, comte de Poitiers, il le remercie de ses offres : le bruit d'une victoire sur les Turcs t fait ajourner l'expédition (P. L., t. cxi.vni, col. 3C0). Au contraire, dans la lettre adressée à Henri, roi des Romains (7 décembre), respire un nouvel enthousiasme pour la guerre sainte : il annonce qu'Italiens et ultramontains ont répondu à ses demandes et qu'il est prêt à marcher en personne à la tète d'une armée de 50.000 hommes pour délivrer l'Orient et le Saint-Sépulcre, en faisant rentrer dans l'unité chrétienne les églises dissidentes; avant son départ, il confie à Henri IV la défense de l'Église romaine (P. L., t. cxr.viii, col. 386).

« Ainsi le pape Grégoire VII, dont les conceptions politiques ou religieuses sont si remarcpiables par leur netteté, a vu clairement l'intérêt qu'avait l'Occident à s'opposer aux progrès de l'islam et à la ruine éventuelle de l'empire byzantin. Sans doute, l'expédition qu'il méditait n'avait pas tous les caractères d'une croisade. Il est moins question dans ses lettres de la conquête du Saint-Sépulcre que de la défense de Constantinople et de la réunion des églises dissidentes ; aucune indulgence spéciale n'est promise aux fidèles qui prendront les armes. Malgré ces différences, les lettres de Grégoire VII n'en exposent pas ntioins le premier plan de guerre sainte qui ait été conçu en Occident. Les circonstances empêchèrent le pape de réaliser cette grande idée, (mais) il est permis d'affirmer qu'en 1088, au moment de l'avènement d'Urbain II, l'idée de la guerre sainte de tous les chrétiens contre musulmans flottait pour ainsi dire dans l'air. Le danger immédiat des Turcs poussa Grégoire VII à la formuler le premier, mais elle est, en réalité, l'expression spontanée de l'enthousiasme pour la Terre Sainte que deux siècles de pèlerinages ininterrompus et les souvenirs de la grandeur de Charlemagne avaient imprimé dans le cœur des chrétiens d'Occident. Si l'on méconnaît la valeur de ce passé, il est impossible de s'expliquer la genèse des croisades.

« Il était réservé au pape français Urbain II, deuxième successeur de Grégoire VII. de réaliser des projets dont il fut peut-être le dépositaire. Mais, avant d'apercevoir clairement d'oii est partie l'initiative de la croisade, il faut d'abord se dégager des documents apocryphes et des légendes (jui ont longtemps obscurci la vérité. (Nous avons parlé de la prétendue lettre d'Alexis Comnène au comte de Flandre, nous savons qu'elle) n'a rien à voir avec les origines de la croisade. D'après une aulie théorie qui n'a en sa faveur que l'aveuglement avec lequel les historiens l'ont acceptée longtemps sans contrôle, l'initiative de la croisade appartiendrait à un ascète picard, Pierre l'Ermite, qui serait venu trouver le pape de la part du patriarche de Jérusalem et, après lui avoir dépeint la situation lamentable des chrétiens de la Palestine, aurait reçu de lui la mission de prêcher la croisade. En réalité, aucun document vraiment contemporain de la première croisade, ni les chroniqueurs, ni les correspondances, ne mentionnent cette intervention. Tudebode, Foucher de Chartres, Raoul de Caen et même Guibert de Nogent et Ordéric Vitsl parlent des prédications de Pierre l'Ermite, sans dire un seul mot de son pèlerinage à Jérusalem. Anne Comnène, qui semble n'avoir commencé à écrire fiiv'après la mori de l'empereur Jean (11 'iS) et ne

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si naturelle à tout chrétien, fut accrue par les traitements rigoureux infligés aux chrétiens de Jérusalem, et par les dévastations des sanctuaires les plus sacrés. Les nombreux pèlerins

t'oiiiiais?ant ijuc par des recils les faits tic la i)rcniière croisade, dit seulement que Pierre, à la suite des maux qu'il eut à souffrir de la part des Turcs, dut renoncer à accomplir le pèlerinage de Jérusalem. C'est seulement au milieu du xii*-" siècle que se forme la légende ae Pierre l'Ermite. L'historia bclli .sacri, rédigée vers 1131 , raconte qu'après s'être endormi dans une église de Jérusalem, il vit en songe le Christ, qui lui ordonna de se rendre auprès du pape et de prêcher la croisade. Pierre tient surtout une grande place dans le récit d'Albert d'Aix, qui essaie visiblement d'attribuer aux ascètes tout le mérite de la croisade, Hislor. ItierosoL, i, 2 ; à la vision s'ajoute une lettre du patriarche de Jérusalem au pi,pc. Ce récit figure désormais avec des variantes dans les chroniques postérieures. Désormais, Pierre l'Ermite sera considéré comme le principal instigateur de la croisade. En f^it, il est loin d'avoir joué ce rôle éminent; il fut seulement un des nombreux prédicateurs que souleva l'appel d'Urbain II et, plus tard, un des chefs de la croisade populaire (Hagenmayer, Peler der Hermite, in-8, Leipzig, 1879, trad. franc. Furcy-Raynaud, Le vrai et le faux sur Pierre l'Ermite, Paris, 1883). Sa réputation ne semble pas avoir dépassé un cercle assez restreint ; elle apparaît dans le nord de la France et en Allemagne, mais ni les Anglais ni les Italiens ne la connaissent.

'( C'est en réalité au pape Urbain II, et à lui seul, qu'appartient l'initiative de la prédication de la croisade. Le désir de mettre fin, par luie diversion en Orient.aux désordres et aux violences qui accablaient la chrétienté et de délivrer les provinces orientales tombées sous le joug des Turcs, telles sont, d'après les contemporains, les raisons qui ont déterminé Urbain II à convoquer le concile de Clermont. En fournissant une carrière infinie à l'humeur batailleuse des princes et des chevaliers d'Occident, la croisade pouvait réussir où la trêve de Dieu avait échoué ; d'autre part, le pape abandonne momentanément l'idée de réunir les Eglises orientales et se préoccupe d'abcrd de les délivrer. Avec une largeur de vues admirable et appuyé sur le seul prestige de son autorité religieuse, Urbain II va accomplir ce prodige de réunir dans une entreprise commune des peuples de toutes les provinces de l'Europe, que leurs langues, leurs habitudes nationales, leurs intérêts divergents tendaient à éloigner les uns des autres. » L. Bréhier, op. cit., p. 51-61.

Riant, Inventaire critique des lettres liistoriques des croisades, dans Archives de l'Orient latin, 1881, t. i, p. 2, définit ce terme de croisade : « une guerre religieuse, prêchée au nom de l'Eglise, provoquée par l'oclrci solennel de privilèges ecclésiastiques, faite par une armée plus ou moins cosmopolite et visant directement ou indirectement le recouvrement des Lieux Saints. »

Outre la bibliographie générale donnée plus haut, on pourra utilement suivre les événements dans Hagenmeyer et Bréhier. Pour les pèlerinages : Ch. Kohlcr, Itinerum bellis sacris anteriorum séries chronologica (30-600), Genevœ, 1885 ; Revue de l'Orient latin, t. v, p. 462-480, 489-541 ; Tobler et Molinier, Itinera Uierosohjmitana et descriptio lerrae sanctx bellis sacris anteriora, Genevœ, 1879; Geyer, Itinera llierosohjmitana, s;ec. iv-viii, dans Corp. script, latin. ecclesiasL,

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revenus de Palestine enflammèrent l'Occident, en dépeignant le joug qui pesait sur les chrétiens d'Orient, et provoquèrent le vif désir de mettre fin à cette situation. L'attrait des pèlerinages à Jérusalem existait dès le temps de Constantin, mais à l'époque où nous sommes parvenus, on ne songea plus uniquement à aller prier auprès du Saint-Sépulcre, on voulut s'organiser pour aller le délivrer, et les sentiments d'ascétisme, fortement excités alors par Cluny, les Camaldules, Vallombreuse, elc, firent envisager les peines et les fatigues de pareilles expéditions comme le meilleur moyen d'obtenir le pardon des fautes commises ^ C'est ainsi que des milliers de personnes prirent la croix avec enthousiasme, bravant les sacrifices et les dansers, criant : « Dieu le veut ! )> et « le Christ est notre guide et notre chef ! » A côté de ces motifs religieux et respectables, il y eut parfois, nous n'avons pas à le dissimuler, des motifs purement humains : désir de se signaler par des hauts faits, prouesses extraordinaires, goût des aventures hardies, espoir d'un riche butin, dégoût de la vie monotone dans le pays natal, etc.

Ce n'était pas seulement un peuple ou un royaume qui était pénétré de ces sentiments, c'était l'Occident tout entier ; aussi le pape était-il dans son rôle lorsque, chef de la chrétienté et véritable lien de ses diverses parties, il chercha à réaliser tous ces vœux et à donner carrière à cet enthousiasme qui se manifesta surtout de l'est à l'ouest.

Lorsqu'en 637, le second khalife Omar s'empara de Jérusalem, [228] il accorda des conditions acceptables aux chrétiens de cette ville, qui traitèrent avec lui par l'intermédiaire du célèbre patriarche

t. xxxix, Vindoboii;c, 1898 ; Rôhnchl, Die Piliierjaluieii iiacli dcin hcilii-en Lande irn Zeltalter vor den Kreuzzugen, dans Raumcr's, Hislor. Taschenbuch, 1875, p. 3l'l, 3'JG ; IT. Schiader, Die Pilgerfahrlen luuli deiu heiligen Dainle im Zeiialler t'or den Kreuzzugen, Merzig, 1897. (11. L.)

1. Rôhricht, Der erste Kveuzzug, p. 5 ; Riant, Inventaire critique, p. 22 sq. ; Schmitz, Der Trostbrief fiir ausziehende christliche Pilger ans dem ix Jalirit., dans Neues Archiv, t. xv, p. 605-G07 . Déjà Jean VIII promet à ceux qui sont tués en combattant les Sarrasins : illi qui cunt pietale catholicœ religionis in belli certaniine cadunt, requies eos seterme vitœ suscipiat; Riant, op. cit., p. 22-26, n, 3. Alexandre II donne une indulgence plénicre aux Normands qui combattent en Sicile les Sarrasins, cf. L. von liçinomann, Geschichle der Normannen in L'nlerilalien, 1894, t. i, p. 210. (H. L.)

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Sophrone ^ On leur interdit d'ériger des croix, de faire des processions extérieures, de construire de nouvelles églises, etc., mais pour tout le reste, on leur accordait la pratique de leur religion 2. Ces stipulations ayant été assez fidèlement observées, les pèlerinages de Terre Sainte ne furent pas interrompus sous la domination musulmane ^, et on sait que Charlemagne et Haroun-al-Raschid eurent les rapports les plus amicaux *. Les deux princes s'envoyèrent des présents, et les successeurs de Charlemagne firent parvenir aussi de riches aumônes aux pauvres chrétiens de Jérusalem ^. La situation de ces derniers empira beaucoup, lorsqu'en 9(j!), le fatimite Moez, se séparant de l'ancien khalifat, fonda en Egypte un nouveau khalifat fatimite, auquel appartinrent la Syrie et la Palestine ^. Moez rompit le traité conclu entre Omar et les habitants de Jérusalem, et les chrétiens ne tardèrent pas à se plaindre hautement du joug et des exactions qui pesaient sur eux. Ils firent parvenir leurs plaintes en Occident et, vers l'an 1000, l'illustre pape Silvestre II engageait les chrétiens à venir au secours de Jérusalem. Néanmoins, les fatimites n'ayant pas continué leur système de rigueur, il ne se produisit aucun grand mouvement en Occident ''. Au

1. Même pour les musulmans, Jérusalem était une « ville sainte»; cf. R. Rôhricht, Beitrcige ziir Geschichle lier Kreuzziige, in-8, Berlin, 1874, t. i, p. 80, note 147 ; Geschichie des Kônigreichs Jérusalem (1100-1291), in-8, Innsbrûck, 1898, p. 452, 596 ; Geschichte des ersten Kreuzzugs, p. 2, n. 5. (H. L.)

2. Il y eut des désaffectations d'églises en mosquées, cf. Schick, dans Zeitschrift des deulschen Palestina-Vereins, t. xvii, p. 175-177; R. Rôhricht, Geschichle des erslcn Kreuzzugs, p. '.i, n. 4. (H. L.)

3. L. Bréhier, L'Église et l'Orient au moyen âge. Les croisades, in-12, Paris, 1907, p. 20-22. (H. L.)

^. Einhard, Annales, ad ann. 800, dans Mon.Germ. histor., Script., t. i, p. 187; Le moine de Saint-Gall attribue, sans raison, la recherche de cette aniitié au khalife, Mon.Germ. histor., Script., t. lï, p. 753, mais le témoignage d'Einhard est formel, ce sont les envoyés de Charlemagne qui font part du « désir de leur maître. » (H. L.)

5. Einhard, Vita Caroli, c. xvi, dans Mon. Germ. histor., Script., l. 11, p. 451. On trouvera tout ce qu'on sait de certain sur les relations de Charlemagne avec Haroun-al-Raschid et sur les fondations franques en Terre Sainte par Charlemagne, dans Bréhier, op. cit., p. 24-28.

6. L. Bréhier, op. cit., p. 35 : « R ne semble pas que la révolution qui plaça la Palestine sous la domination des khalifes fatimites d'Egypte (969) ait modifié d'abord la situation des chrétiens ou compromis la sécurité des pèlerinages. » (H. L.)

7. llefele oublie de signaler la persécution de Hakcm, 1009-1020. Sur ce pcr-

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xi^ siècle, les pèlerinages pour la Palestine devinrent beaucoup plus nombreux, après que se fut évanouie la crainte du jugement dernier et de la fin du monde, qui avait si fort agité les esprits vers l'an 1000 ^. De cette époque datent, en effet, les pèlerinages de Richard II, duc de Normandie (en l'an 1010), de Siegfried, évêque de Mayence, de Gûnther (le beau), de Bamberg et d'autres, avec environ (douze mille) compagnons (en 1065) -. Celte dernière

soniiaffc, nommé Abou Ali cl Maiisour el Ilakem, cf. Wùstenfeld, GescJiiclite der Fatiiniteu, dans Abliandlungeii der Gotling. Akad. d. ]Visscnscli., 1881, t. XXVI, XXVII, p. 189, 190, 198. La destruction de l'église du Saint-Sépulcre remonte au 28 septembre 1009. Sur ces événemenls, voir la relation du médecin juif Jahjâ d'Antioche, témoin oculaire, analysée de ns G. Schlumberger, L'épopée bi/zanfine, t. ii, p. 442-444. On a bien gratuitement impute aux Juifs cette perse" cution, qui ne les épargna pas plus que les chrétiens, cf. Raoul Glaber, HisL, édit. Prou, p. t. ii, 71 ; Adhémar de Chabanne, édit. Chavanon, p. 169 ; Cliroiiique de saint Martial de Limoges, dans Bouquet, Recueil des hist. de la France, t. X, p. 262 ; Cedrenus, dans P. G., 1. cxxii, col. 189 ; Zonaras, dans P. G., 1. XVII, 11. 9. La lettre attribuée aux juifs est un faux, de même que celle de Serge IV aux villes d'Italie les poussant aux représailles contre Hakem, cf. Riant, Inventaire critique, p. 39-47; Rôhricht, Gesc/iic/i/e der crsten Kreuzziige, p. 8 sq. (H. L.)

1. Sur les prétendues terreurs de l'an 1000, cf. Hisl. des conciles, t. iv, part. 2, p. 901, notel. (H. L.)

2. Mettons un peu de chronologie dans tout cela. Le 28 septembre 1009, dos- Iruclion de l'église du Saint-Sépulcre et pendant dix années une persécution ouverte. Les pèlerinages ne sont guère possibles. L'évèque de Verceil, Pierre, fut arrêté en Egypte, mis en prison et élargi grâce à l'intervention d'un comj)a- Iriotc italien, Bonon, établi en Orient depuis longtemps; Vi/a S. Bononii, dans Mabillon, Actaord. d. S. Bened., sœc. vi, part. 1, p. 268. Le pouvoir d'Hakem est assez contesté pour que, dès 1012, un chef bédouin puisse se rendre maître de toute la Syrie et ordonner aux chrétiens de Jérusalem de reconstruire le Saint- Sépulcre; il y eut au moins un commencement d'exécution. Schlumberger. Epopée byzantine, t. ii, p. 447. En 1020, accalmie. En 1027, le fils de Hakem, le khalife Aboul Ilasan Ali ez Zahir, conclut un accord avec l'empereur byzantin Constantin VIII, aux termes duquel le nom du khalife devait être prononcé à la prière dans les mosquées situées sur le territoire de l'empire ; une mosquée établie à Constantinople serait relevée et on y établirait un muezzin pour appeler les iidèlcs à la prière. Do son côté, le khalife autorisait ofilciellemcut la rcédificatioii du Saint-Sépulcre et permettait à tous les chrétiens convertis de force à l'islam de retourner au christianisme; Schlumberger, Epopée byzantine, t. m, p. 23 ; Riant, Inventaire critique, p. 52; La donation de Hugues, marquis de Toscane, dans les Mémoires de l'Acad. des Inscr. et BeUes-Lcltres, 1881, t. xxxi, p. 156 ; cette donation est de 1021 ; Wùstenfeld, Geschichtc der Fatimilen, dans Abhandluhgen der Gotling. Akadem. d.W'issensch., 1881, t. xxvi, xxvii, p. 228, retarde

la rcconstiudion du Saint-Sépulcie juscju en 1037-1058. .Après de nouvelles

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