GU-. AUTRES CONCILES SOUS URBAI.N IJ
Le 11 juillet, l'abbé Bertrand de Ripoll {Rwipollensis) se plaignit de ce que Bérenger, archevè<iue de Tarragone, et le clergé de Vich en Catalogne avaient frappé d'interdit l'église du monastère, contrairement aux privilèges apostoliques. L'archevêque déclara que cela s'était fait sans son ordre, et que les clercs qui avaient pris cette mesure donneraient satisfaction au monastère. Comme cet archevêque était en même temps évêque d'Ausona ^ ( — Vich), et que Ripoll se trouvait dans ce dernier diocèse, il se pouvait que ses vicaires ou le chapitre eussent rendu cette sentence à son insu. On passa ensuite au conflit qui divisait les monastères de Figeac "^ et de Conques ^, et il fut réglé que chacun d'eux aurait son abbé. Grâce à l'intervention de Hugues, abbé de Cluny, on confirma les privilèges du monastère de Saint -.Martin-des-Champs, à Paris *.
Le 12 juillet, Raimond comte de Toulouse^, que nous avons vu prendre la croix à Clermont, étant sur le point de partir pour l'Orient, rendit au couvent de Saint-Gilles ^ tous les biens et droits de cette abbaye dans la vallée de Flaviana et ail- *'J leurs, qui avaient été, à tort ou à raison, retenus par lui-même et ses prédécesseurs. A la deinande du comte, le pape confirma
ooimne faisant partie du royaume d Ailes, tandis qu une partie du diocèse appartenait à la France. Ce fut au milieu des luttes de Frédéric II avec l'Église que Lyon se donna au royaume de France.
1. Province de Girone, Catalogne. Une ahhaye de bénédictins, sous le vocable de Sainte-Marie, fut fondée à Ripoll en 888, cf. Florez, Espana sagrada, 177'i, t. XXVIII, p. 31-35 ; J. Pellicicr y Pages, El monaslerio cli Ripoll, memovia descriptii'a de este célèbre monume?ita en sus relacioiies con la religion, las ciencias y el arle, in-8, Gerona, 1873. (H. L.)
2. Historia monasterii Eigiacensis in diœcesi Cadurcensi, aiict. incogn., sed vetuslo, dans Iialuze, Miscellanca, 1679, t. ii, p. 298 ; 2^ édit., t. iv, p. 1-2. (H. L.)
^. li. Massabie, Questions de prééminence entre les abbayes de Conques et de Figeac laissée à l'état de doute par les conciles du xi^ siècle et par les annalistes du xviio, aujourd'hui résolue avec toute la certitude désiiable, in-l2, Figeac, 1879, cl. Reu. hist. de droit, 1882, t. xviii, p. 185-180. (H. L.)
'i. Coleti, Concilia, t. xu, col. 9'il ; Mansi, Conc. anipliss. coll., t. xx, col. 940.
5. Raimond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, cf. Orderic Vital, Hist., t. m, p. 485 ; Gesta Francorum, édit. Hagenmeyer, p. 131, n. 3 ; Ekkehard, édit. Hagenmeyer, p. 98 sq., note 51 ; Rohricht, op. cit., p. 75 sq. (M. L.)
6. Saint-Gilles, arrondiss. de Nîmes, département du Gard, cf. Goilïon, Bullaire de l'abbaye de Saint-Gilles (685-1777), Nîmes, 1882-1884 ; Saint-Gilles, son abbaye, sa paroisse, so}i grand prieuré d'après des documents o)igin(ui.t\ in-8, Nîmes, 1883.
452 1.1 \ ni; xx.vii
cet acte en concile, consacra, après'son départ de Nîmes, un autel dans l'cglise de Saint-Gilles, et, le 21 juillet, publia à Avignon une bulle défendant à tous les archevêques et évoques de frapper d'excommunication ou d'interdit l'église de Saint-Gilles ^,
Le Chronicon Malleacense '^ ra])])orte qu'à ce concile de Nîmes, Urbain II reçut dans la communion de l'Église Philippe^ roi de France ; c'esl aussi ce que dit Bernold : (f Tandis <[ue le pape était en France, le roi Philippe promit, enfin de renvoyer l'adiillère, cl il fut reçu en grâce ^. » Des historiens récents oui nié rexactiludc de ce renseignement cl placé la réconciliation du loi au concile de Paris, en 1104. Une lettre du Y)ape aux évc([ues français, daLcc du Latran le 24 avril (1097 ou 10!)8), nous fournil les ex})lications désirables. ()n y voit qu'à Nîmes Philippe a ])romis au pape d'abandonner Bertrade. Cependant il n'obtint pas alors (10î)6) l'absolution, mais seulement un ou deux ans après, lorsqu'il envoya à Rome un ambassadeur chargé d'affirmer que, depuis cette promesse, son maître n'avait eu aucun commerce charnel avec sa femme. Le pape lui permit alors de porter la couronne, mais exigea, pour la fête de la Toussaint, l'envoi à Rome de plusieurs évêques français qui confirmeraient l'assertion des ambassadeurs *. Nous verrons le roi retomber dans sa faute.
Les collections conciliaires rapportent qu'on traita à Nîmes la ({uestion d'Anselme, évêque nommé de Beauvais. Mais Yves de Chartres^ dit que cette affaire fut traitée familiariter devant le pape, et par conséquent ne fut pas déférée au concile. Du [248 reste, le pape refusa, au moins extérieurement, la confirmation demandée.
1. Coleli, ('o;it(7((/, l. xu, col. 'J'A'J ; ilardouin, Cunc. colL.l. vi, part. 2, col. 1052 ; Mansi, Conc. ainpliss. coll., 1. xx, col. 937 sq. ; Jaffé, Reg. pont, rom., t. i n. 5659. Le premier de ces documents porte une suscription fausse : Odilo, abbé de Saint-Gilles, y est à tort désigne comme abbé de Cluny. Odilo de Cluny mourut dès l'année 1049. (H. L.)
2. Chronique de Maillezais, dans Rerutu <j,allicarum cl jraiicicaruni scriptores, t. xir, p. 403. (H. L.)
3. Coleti, Concilia, t. xii, col. 939 ; Hardouin, Cofic. coll., t. vi, part. 2, col. 1751 ; Mansi, Conc. ainpliss. coll., t. xx, col. 937 ; Bernold, Chron., ad ann. 1096, dans Mon. Germ. hist., Script., l. v, p. 464. (H. L.)
4. Coleti, Concilia, t. xii, col. 758 ; Hardouin, Coll. conc, t. vi, pari. 2, col. 1G73 ; Mansi, Conc. amplis.'^, coll., i. xx, col. 687.