‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 32 sur 505 · G8. DIÎIÎUTS DE GRÉGOIRE VII · texte numérisé non relu

G8. DIÎIÎUTS DE GRÉGOIRE VII

[19] Milan. I [erlembuld devait aussi cherchera se réconcilier avec Grégoire de ^'erceil, <jui venait de promettre obéissance au pape '■.

De Capoue encore, le 15 septembre, le pape écrit deux lettres aux chrétiens deCarthageet à leur évoque Cyriaque; ce dernier avait été, au mépris des canons, accusé par quelques-uns de ses diocésains, auprès des Arabes, maîtres de la contrée, et mis à la torture ^.

Le 14 octobre, Grégoire entreprend de réconcilier la Sardaigne avec l'Eglise romaine "^ ; le 15 novembre, il reproche à Gebhard, archevêque de Salzbourg, de ne lui avoir pas encore écrit, et, s'il fallait en croire les on-dit, de n'obliger passes prêtres au célibat^;

1. RcL-islium. 1. I, u. liG ; Jalïé, Moiium. Gregoriana, n. 42. (II. L.)

2. A. AudoUciit, Cartilage romaine, iii-8, Paris, 1901, y. 561 ; H. Leclerctj L'Ajrique chrétienne, in-12, Paris, 1904, t. ii, p. 319; H. Leclercq, dans Dictionn., d'archéol. chrél. et de liturg., t. u, au mot Carthage. Les deux lettres dans le Registriiin, 1. I. n. 21, 23 ; Monum. Gregoriana, p. 37 sq. (H. L.)

3. Regintriini, 1. I, n. 29 ; Jalïé, Moniun. Gregor., p. 45 sq. La lettre était adressée aux quatre juges, sorte de roitelets de l'île : Mariano I de Torres, Onroco d'Arborea, Onroco de Cagliari et Constantin de Gallura. Le pape les invitait à se soumettre spontanément à l'Eglise romaine tant au point de vue politique qu'au point de vue religieux et les menaçait dans le cas contraire de les abandonner à leur sort, c'est-à-dire probablement de laisser les Génois ou les Pisans s'emparer de lîle. Il leur annonçait l'arrivée prochaine d'un légat, chargé de faire connaître avec plus de détails les intentions du Saint-Siège. Le 16 janvier, nouvelle lettre de Grégoire à Onroco, Registr., 1. I, n. 41 ; Mon. Gregor., p. 59; Jafïé, Reg., pontif. Roman., 2^ édit., n. 4817. La correspondance de Grégoire VII relative à la Sardaigne a été reproduite et étudiée avec soin par P. Tola, dans Historix patriic monumenta, t. x, Codice dipiomatico di Sardegna, t. i, p. 156, 157. Le pape se conduit ici comme avec l'Espagne: il réclame une véritable suzeraineté sur l'île et s'en rapporte à ce qu'il a dit autrefois là-dessus : .Y^i■^ in hoc anno ccrta nobis miper liac re ratione respondealis, nec ampUus veslra responsa quxremus, ncc Idiiien, ullcrius jus et hunorem sc.niii Pciri irrequisilum relinquenius. Sur cette question des droits pontilicauxà la suzeraineté de la Sardaigne, voir /itrf., Tola, Diimerlazione sopra i monuDicnti slorici e diplomatici di Sardegna antcriori al secolo XI, p. 21-121. (il. L.)

4. Gebhard d'Helfenstein ou de Diburg, archevêque de Salzbourg le 30 juin 1060, mort le 16 juin 1088; \ ila Gebhardi, dans AIonum.Germ. Iii.sl., t. xui. Script. t. XI, p. 25-33 ; Gottl. v. Ankcrshofen, Ob der Salzburger Erzbischof Gebehard dcr Gurker Kirclic Friesach entzogen und Erzbischof Thiemo ihrselbe vorenthaUcn /(a 6c .^ dans Archi\>kunde bsterr. Gesch.QuelL, 1854, t. xiii, p. 367-397 ; K. Tangl, Enigegnung auf den Aufsatz ... dans recueil cité, 1855, t. xiv, p. 387-399 ; Basnagc, Thesaur. mojium., 1725, I. m, part. 2, p. 275-276, 313, ^t33; Bibliotli., hagiogr. lai., 1899, p. 493; G. Cassandcr, Zeilallcr llildcbrands, 1842, p. 67-69;

CONCILES - V — r.

pure calomnie, car Gebhard, ses deux amis d'enfance, Alimann é\ êque de Passau et Adalbéron de Wiirzbourg, étalent partisans déclarés des idées réformatrices de Grégoire auxquelles l'archevêque en particulier sacrifia la tranquillité de sa vie et la possession de son siège. Nous le verrons luentôt chassé par Henri, et errant en Allemagne.

Cette lettre de Grégoire à l'archexcque de Salzbourg est

R. Ceillier, llisluire des auteurs ecclésiastiques, 1757, t. xx, p. 677-682; 2° édil., t. XIII, p. 397-399 ; Fabricius, nibliolli. tiiedii sévi, 1735 ; t. iir, p. 79 ; édit. Harles, p. 27 ; J. Ilelfenstein, Gregors \' 1 1 Desirebungen, 1856, p. 149-153 ; A. von Jaksch, dans Millh. Iiislif. oslerr. (iesch-jorsch., 1885, t. vi, p. 454-455; Acla sancL, 1715, jim. t. vi, p. 145-147 ; 3^ tklil., I. iv, p. 2-4 ; Fr. Mayer, ŒstUche AJpenlànd. im 1 iivestilurstreil, 1883, p. 28-67 ; E. Michel, dans Bull, soc. avchéol. hisl. Moselle, 1867, t. x, p. 43 ; P. L., t. ci., col. 847 ; L. Schmued, Gebhard von Salzburg, 1060-1088, iii-8, Wien, 1857, dans Programm. d. Ober- Realschule am Schollenfelde ; L. Spohr, Ueber die politische und publizislische Wirksamkeit Gebhardts von Salzburg [1060-1088), in-8. Halle, 1890; Zcissbcrg, dans AUgemeinc deutsche Biographie, t. viii, p. 472-475 ; J. Wichncr, Geschichle des Bcnedictiner Stiflcs Admonl., 1874, 1. 1. — Sur Alimann de Passau : Bischof Altmann von Passau ini. Inveslilurstreit, dans llisl. polit. Bldll. fiir hatliol. Deulschland, 1849, t. xx, j). 257-276; 333-350, 402-'il9 ; Bibli»!h. hagiogr. lat., 1898, p. 52, n. 1312 ; Acta sancl., 1735, aug. 1. ii, p. 356-366 ; A. Linsenniayer, Zur Erinneruïig an den Biscitof Altmann von Passau, in-8, Passau, 1891 ; B. Pez, Script, rer. Austriac, 1721, I. i, p. 111-115; M. Sdralek, Die Streitschriflen Allmanns von Passau und WeziWs von Mainz, in-8, Paderborn, 1890, cf. E. Michael, dans Zeitschrift fiir katholische Théologie, 1891, 1. xv, p. 81-95 ; Strunck, Wcstphalia sancta, 1715, t. i, p. 9-16 ; 2° édil., p. 143-147 ; Jod. Stûlz, Bas Leben des Bischofes Altmann von Passau, dans Denkschrifl d. j\kad. derWissenschaflen, Wien, 1853, t. iv, part. 1, p. 219-287; W. Wattembach, dans Monum. Germ. hisl.. Script., 1856, t. xii, p. 226-228; W. WalLcmbach, Deutschlands GeschiclUsquellcn, 1874, t. Il, p. 55-56 ; Th. Wiedcmann, Altmann, Bischof zu PasscH(, nach seinem Leben und Wirken dargestellt, mit Vorrede von G. T. Rudiuu-dt, in-8, Augsbourg, 1851 ; Heigel, dans Allgemeine deutsche Biographie, t. i, p. 369-371. — Sur Adalbéron de Wurzbourg, 30 juin 1045, déposé en 1085, résigne en 1088, mort le 6 octobre 1090 : Hibl. hagiogr. lat., p. 6-7 ; Fr. Emincrt, Adalbert und das Bisihum }yûrzburg zu seiner Zeit, dans Archiv Verein Unlcrjranken und Aschaf- (enburg, ISiJÏ, t. xv, p. 179-259 ; G. Juritzsch, Adalbero, Graf von Wels und Lambach, Biscliof von Wûrzburg und Grûnder des Bcnedictiner Stiftes Lambach in Ober-Oesterreich, cin lieilrag zur Invesliturhampjc, in-8, Braunschweig, 1887; Mabillon, Observationes prœviie, dans Acta sanct. O. S. B., 1701, t. vi, part. 2, p. 661-663 ; 2^ édit., p. 658-659 ; II. Pcrtz, Observationes, dans Script, rer. Austriac., 1725, t. II, part. 1, p. 1-6; P. Schmiedcr, Argumenta cultus beati Adalberonis, in-8, Vienme, 1868, Acla sanct., 1770, octobr. t. m, p. 451-469 ; W. Wattembach, dans Deutschlands Geschichtsquellen, 1874, t. ir, p. 56, 127 ; Monum. Germ. hisl., 185G, l. XII, 1». 127-128. (H. L.)

5G8, DEBUTS DE GKÉGOllir; \11 07

la dernière qu'il ait JaU'e de Cai)tme ^. Le pape reprend le chemin de Rome et, pendant le \ oya^e, s'oecupe avec succès des affaires de plusieurs Eglises -. 11 a^'aitdéjà, mais nous ne savons à quelle date, notifié à Lanfranc, primai d'Angleterre, son élévation, et à cette occasion avait blâmé la coutume des Scots de vendre leurs femmes '^; le 20 novembre, il lui écrit de nouveau de San Germano, lui donnant des instructions au sujet des violences que l'évéque Arfast d'Elmham s'était permis d'exercer contre Ballduin abbé de Saint-Edmond *. Le 4 décembre, il écrit de Piperno à l'évéque de Chalon-sur-Saône, Roclin, le chargeant de rappeler au roi de France Philippe sa promesse d'éviter à l'avenir la simonie et son devoir d'autoriser l'élévation à l'évêché de Mâcon de l'archidiacre d'Autun nommé en dehors de toute simonie. Si le roi ne remplissait pas sa promesse, la France serait frappée d'interdit ^. Arrivé à Rome, Grégoire VII noue avec Wratislas II, duc de Bohême, d'amicales relations, et ordonne à ses légats de rendre à Jaromir, évêque de Prague, ses anciens revenus sous la défense d'exercer les fonctions épiscopales avant

1. Le séjour du pape à Capoue se prolongea jusqu à la nii-uoveuihie, Jalîé- Lœwcnfeld, ii. 'i790 ; F. Chalandon, op. cit., t. i, p. 230. (II. L.)

'2. Le '20 novembre, à San-Gennano, au pied du î\Iont-Cassin, ce jour-là, lettre à Lanfranc de Canlorbéry; le 27 novembre, à Argentea ; le 2 décembre, à Tcrraoine; le 4 décembre, à Piperno; le 7 décembre, à Sezze; la première lettre du Regislrum datée de Rome après le voyage est datée du 17 décembre, cf. Jaiïé, Regestapontificum, 1851, p. 408, n. 3566-3574, 2^ édit., p. 601, n. 4802-4812. (H. L.)

3. Mansi, Conc. onipliss. coll., t. xx, col. 374 ; Hardouin, Coll. concil., t. vi, part. 1, col. 1509 ; Jaiïé, Reg. pontif., 4801. (H. L.)

4. RegislruDi, 1. I, n. 31 ; Moniiiii. (ji-egoriana. j). 49 ; Jaiïé, Regesta pontifium, n. 4803. (H. L.)

5. Regislrum, 1. I, n. 35; Aloniiin. Gregortana, p. 53 ; Jaiïé, Rcge.sla pontificuni, n. 4807 : O. Dclarc, Saint Grégoire \ II, 1889, t. m, p. 45-47 et au t. n, p. 254-385 une excellente Elude sur le clergé de France ditraul le pontifical d'Alexandre II, 1061-1073. Sur le personnage de Roclin, destinataire de la lettre papale, cf. Gallia christiaiui, X. iv, p. 885 sq., et M. Canat de Chizy, JSolcs hisiori- (jues sur quelques évèques de Chalon-sur-Saône, dans Mémoires de la société d'histoire et d'archéologie de C}iàlo)i-sur-Saànv. 1872, I. v, jiarl. 3, \). 95-101, 109. Dans le Gallia on lit à propos de cette lettre : Mime hucusque inauditiv nec usquam à Romanis pontificibus iiitenfativ. Le même jour, 4 décembre, Grégoire écrivait à llundjcrl, archevêque de Lyon, relativement à la même affaire. Regislrum, 1. I, n. 36, Monum. Gregor., p. 54 ; Jaffé, Regesta pontificum, n. 4808 ; O. Delarc, op. cit., t. III, p. 47 (traduction). Sur Ilumbert de Lyon, cf. Gallia christiana, t. IV, col. 88 sq. Le différend se termina par la venue à Rome de l'évéque nommé de flacon. Grégoire Vil le sacra liii-niènie, cf. Gallia chrisliana, t. iv, Instruin.,

de s'être présenté à Rome ^. Le 20 décembre, le pape écrit aux évoques de Magdebourg et d'IIalberstadt, et aux princes des Saxons: il leur dit la peine que lui cause leur guerre avec le roi Henri, et les informe qu'il a conseillé au roi une suspension d'armes jusqu'à l'arrivée de ses messagers. Jus({ue-là, ils doivent eux-mêmes s'abstenir pareillement de toute hostilité ^.

569. Vaste plan de Grégoire VII et concile du carême de 1074.

Les lettres de Grégoire laissent entrevoir la haute idée (|u'il se faisait de la papauté et le coui'age avec lequel il alfrontait les luttes ([uc sa charyc lui imposait. Toute sa conduite s'expli({ue

p. 282; Scvert, Chronologla JiisL, i. u, p. 113; Bouquet, Recueil des hisl. de la France, l. xiv, p. 575 ; Jalîé, Bibliolli. ver. Gevman., t. ii. Monum. Gregoriana, p. 527 ; Jafîc, Regesta ponllficum, n. 4857. (H. L.)

1. Ce n'est qu'en 108G que le duché de Bohême fut élevé au rang de royaume. En 1073, le pape Grégoire, peu après soia avènement, envoya en Bohème deux légats, Bernard et Grégoire, qui furent bien accueillis par le duc Wratislas, mais fort aigrement par Jaromir, frère du duc et évêque de Prague, qui refusa de soumettre aux légats le différend qui existait entre lui et son collègue d'Olmûlz. Les légats, modelés sur le type du nouveau pape, déclarèrent simplement Jaromir déchu de la dignité épiscopale et les biens de son église furent confisqués ; il aurait à s'expliquer à Rome, Regisfruni, 1. I, n. 17; Moniuu. Gregoriana, p. 2t); Jalïé, Regesla ponlificuni, n. 4788. Jaromir répondit qu'on l'avait ruiné el qu'il n'avait pas le moyen d'entreprendre un long et coûteux voyage ; on s'y prendrait autrement sinon il ne remuerait pas. Les légats en référèrent au pape qui donna avis à Wratislas de rendre à son frère les revenus confisqués de Prague, mais non la charge épiscoi)ale, Rcgislrain, I. I, n. 45; JMonuni. Gregoriana, p. 63; Jaifé, Regesla ponli/icani, n. 4822 ; et Jaromir était prévenu d'avoir à se trouver à à Rome le 13 avril 1074, dimanche des Rameaux, Regislruin, 1. I, n. 44 ; Monum. Gregoriana, p. 62 ; Jalîé, Regesta. pontificum, n. 'i82l. Sur ces entrefaites, Siegfried de Mayence, métropolitain de Prague cL d'Olmùtz, évoqua l'affaire devant lui, manda ses deux suffragants et s'apprêta à rendre jugement. Siegfried en avertissait le pape, février 107'j, Moituinenla Bainhergensia, p. 84 et s'attirait de Grégoire VII une réponse du ton le plus vif, Regisiruni, 1. I, n. 60, Monum. Gregoriana, p. 78 ; Jaffé, Regesta pontificum, n. 4837 ; le même jour, 18 mars 1074, le pape écrivait à Wratislas, Registrum, 1. I, n. 61; Monum. Germanix, p. 80 ; Jaffé, Regesla pontificum, n. 4838 ; Jaromir vint à Rome, se justifia et emporta une lettre pour le duc, Registrum, 1. I, n. 78 ; Monum. Gregoriana, p. 98; Jafîé, Regesta pontificum, n. 4859. (H. L.)

2. Registrum, 1. I, n. '.j.) ; Monum. Gregoriana, p. 57 ; Jafïé, Regesta ponHp.' ium, n. 4813.

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