G05, CONCORDAT DE SUTRI
[299 ] espérer voir les prélats allemands sacrifier la plus grande partie de leurs possessions terrestres à la liberté de l'Eglise. Mais les ministres du roi Henri, politiques avant tout, n'ont jamais jugé ce principe applicable. Leur mauvaise foi, dans toute cette affaire du concordat, se révèle dans l'admission de ce même principe qu'ils comptaient voir presque immédiatement dénoncer; s'ils ont adhéré, au moins en apparence, à l'idée fondamentale et par trop idéale du pape, ils ont aussitôt fait h» us leurs efforts pour faire retomber sur le pape, aux yeux des prélats allemands, tout l'odieux de cette mesure et le rendre seul responsable de l'exécution de ces projets inexécutables : « Leur maître, déclarent-ils, ne fera jamais cette violence à l'Église et ne commettra pas ce vol, » c'est-à-dire il ne forcera jamais les prélats allemands à restituer les regalia ; à quoi les ambassadeurs du pape répondirent : « Dimanche prochain Esto 77iihi ^, le pape ordonnera
j3()()"i aux prélats, sous peine d'anathème, de rendre les regalia. » Henri déclara alors à ses ambassadeurs que cette manière d'envisager la question ne pouvait résoudre le problème.
-Sous laissons au tact du lecteur le soin de juger ces procédés, au risque de voir porter une appréciation incomplète sur ces difficiles questions.
Quoi qu'il en soit, les ambassadeurs des deux partis conclurent le traité suivant : « Au jour de son couronnement, le roi renoncera à toute investiture, en présence du clergé et du peuple, et, après que le pape aura fait sa déclaration au sujet des regalia, le roi promettra par serment de ne jamais plus s'arroger le droit d'investiture. Il laissera complètement libres, avec toutes leurs possessions, les églises qui ne sont pas fiefs de l'empire, et déliera les peuples du serment qu'ils avaient été obligés de prêter contre les évêques ^. Il rendra, conservera et
mer. Jusqu'à ce que cette preuve soit faite, on doit admettre et retenir, en s'appuvant sur les faits incontestables cités plus loin, que le pape avait de sa propre initiative proposé ce renoncement aux regalia pour les prélats allemands, parce que (en pur idéologue) il y voyait lui moyen assuré et de réalisation facile d'aboutir à une issue amicale. En cette circonstance, le pape est certainement plus excusable de s'être trompé par excès d'amour de la paix, qu'Henri V' d'avoir péclié par défaut d'amour du prochain.