Mansi, Cunc. antijUss. coll., i. xxi, col. 15 sq
2. l'agi, Crilicfi, ad aiui. 1112, n. 2 ; Pistorius, Germ. Script., t. ii, p. 1340 sq. ; lîouqiiet, Rec. des lii.st. de la France, t. xii, p. 394 ; Ilardouiii, Conc. coll., l. vi, part. 2, col. 1903; Mansi, Coiic. ampliss. coll., t. xxi, col. 54. Azzo, évèque d'Acqui, parle, dans sa lettre à l'empereur, du projet de déposer tout simplement le pape. Cad. Ldalrici, Jalîé, Biblioth., t. v, p. 288; cf. aussi à ce sujet la lettre de Tabbé de Farfa (tout dévoué à l'empereiu') adressée à Henri, dans le Cad. Udalrici, Jafïé, loc. cil., p. 289.
3. Sur ce projet d'abdication et le choix de Vinsula Poiitiaua, il est possible que ce choix ait été déterminé par le fait que le seul pape qui eût jusqu'alors abdiqué était Pontien (depuis, il y a eu saint Pierre Célestin). Sur ce projet, cf. Suger, Vita Ludovici VI et Gesta episcoporum et comitum En golismensium, c.xxv, dans Mon. Germ. hist.. Script., t. xxi, p. 52 : ad hereminn soliludinis confugit; p. 823 ; ad Poucianas insulas habita religioso evalire disposucrat; cf. Libelli de litc, t. ii, ]i. 671 ; W. Schum, Kaiser Heinrich 1 luul Papst Paschalis II iin Jaltre 1112, dans Jahrbûcher der kônigl. Akad. gemeinnulziger Wissenscli. zu Erfurt, 1877, nouv. série, t. viii, p. 221. (H. L.)
4. 18-23 mars. P. de Marca, Concordia sacerdotii et imperii, 1603, t. ii, p. 367- 'M>i ; 1669, t. ii, p. 431-432 ; Labbe, Concilia, t. x, col. 767-784 ; Hardouin, Conc. coll., t. VI, part. 2, col. 1229 ; Cololi, Concilia, t. xit, col. 1163 ; Mansi, Concilia, Supplem., t. ii, col. 271 ; Conc. antpli.'is. coll., t. xxi, col. 49 ; Perlz, I\Ion. Gcrni. hist., Leges, t. ii, part. 2, p. 181-182 ; Jafl'é, Reg. pont, roni., t. i, p. 745; Liber pontif., cdit. L. Duchcsne, t. n, p. 369-371 ; Ekkchard, Chron. univ., ad ann. 1112, dans Mon. Germ. hist., l. vi, p. 246 ; Leges, sect. IV, Constitut. et acia, t. I, p. 570-574, n. 399 : Gesta dampnalionis privilegii; n. 400 : Breviarium geslorum; cf. Bernheim, Quellen, t. ii, n. 19, p. 43; Watterich, ^'itse pontif. rom., t. n, p. 73 sij. ; ]\leycr von Klionau, .fahrbiirhcr, l. vi, j). 231 sq. (H. L.)
GOC, OPPOSITION CONTRE l'eMPEREUR 533
l'Italie. Les contrées transalpines n'étaient représentées que par deux évêques, Gérard d' Angoulême et Gualo de Saint-Pol-de-Léon, envoyés par les archevêques de Bourges et de Vienne; aucun évêque allemand n'y assista. On ne sait ce qui se passa dans les premières sessions. Les fragments des actes parvenus jusqu'à nous ne parlent que des opérations des quatrième, cinquième et sixième jours. Le quatrième jour, on s(î plaignit que les Guibertistes exerçaient de nouveau les îomtious ecclésiastiques, se basant pour cela sur une promesse du pape. Pascal déclara n'avoir aucunement absous les excommuniés, personne ne pouvant obtenir l'absolution avant d'avoir fait pénitence et donné une satisfaction suftisante. Loin d'avoir rendu aux Guibertistes leurs fonctions ecclésiastiques, il approuvait et confirmait au contraire la sentence portée contre eux par ses prédécesseurs. Le cinquième jour, on exposa à l'assemblée comment le pape, avec de nombreux évêques et cardinaux, avaient été faits prisonniers par le roi Henri, et comment, afin de détourner les grands maux qui allaient fondre sur l'Eglise et sur le peuple, Pascal avait accordé au roi le droit d'investiture et juré de ne jamais linquiéter pour ce qui venait de se passer. Quoique le roi n'eût pas tenu ses promesses, Pascal ne voulait pas violer son propre serment ; il était décidé à ne pas excommunier Henri et à ne pas en tirer vengeance. Le pape avouait [3181 que le privilège pour Henri était contraire à la justice et comptait le modifier. Quant au moyen à prendre, il laissait au concile le soin de le déterminer, en écartant tout préjudice pour l'Eglise et pour son âme.
L'évêque Gérard d' Angoulême imagina un habile moyen de reprendre les concessions faites à l'empereur, sans manquer au serment prêté, ce dont Pascal et le synode le félicitèrent vivement. Conformément à ses instructions, on procéda ainsi dans la sixième session (23 mars). Le pape commença par déclarer en général « qu'il s'en tenait à la sainte Écriture, aux canons des apôtres et à ceux des quatre conciles œcuméniques de Nicée, Constantinople, Ephèse et Chalcédoine, aux décrets des papes, en particulier de Grégoire YII et d'Urbain IL II louait ce qu'ils louaient, rejetait ce qu'ils rejetaient, défendait ce qu'ils défendaient, interdisait ce qu'ils interdisaient. » Après avoir ainsi renouvelé implicitement la défense des investitures, Gérard d'Augoulème lut, de l'assentiment du pape, le projet suivant tluue sentence
synodale composée par lui et plusieurs cardinaux : « Ce privileglum, qui serait mieux nommé pravilegium, extorqué au pape par le roi Henri, est rejeté par nous tous unis dans ce saint concile avec le pape Pascal ; de par la censure canonique, de par l'autorité ecclésiastique et conformément au jugement du Saint- Esprit, il est rejeté, déclaré sans valeur et cassé quant au fond. Nous portons cette décision parce qu'on dit, dans ce prétendu privilège, que celui qui a été élu canoniquement par le clergé et le peuple ne doit être sacré par personne, s'il n'a encore reçu l'investiture du roi. Cette maxime est contraire au Saint-Esprit et à l'investiture canonique. » Ce projet eut l'assentiment général, qui se manifesta par les cris, Amen, cf,men, fiât, fiât ! et fut signé par douze archevêques, cent quatorze évêques, quinze cardinauxprêtres et huil cardinaux-diacres. Quelques-vins de ces évêques, Jean de Tusculum, par exemple, et Bruno de Segni, alors absents, signèrent après coup ce décret qui les remplit de joie ^.
Gérard d'Angoulême ayant ainsi prouvé son habileté, le pape lui confia une mission très délicate : il devait faire connaître à l'empereur les décisions du conpile et l'engager à renoncer aux investitures. Gérard emmena donc avec lui un cardinal ; mais son discours à l'empereur, qui fut traduit par le chancelier Adelbert, excita à tel point la colère des courtisans qvie l'archevêque de Cologne, ancien élève de Gérard d'Angoulême, craignit pour les jours de son maître et lui demanda des explications amicales. « Tu as soulevé une violente colère dans notre assemblée, » lui dit-il ; mais Gérard lui répondit avec humeur : « Ce qui pour toi est une cause de colère n'est pour moi que l'exécution des préceptes de l'Évangile. » Du reste, l'empereur le protégea et le renvoya, selon la coutume, avec des présents ^.
Les décisions du concile de Latran ne satisfirent pas complètement les plus zélés Français. Ils trouvèrent illogique que, d'un côté, le pape condamnât l'investiture laïque et, d'un autre côté, voulût tenir la promesse extorquée de ne jamais inquiéter l'empereur Henri pour les brutalités dont il s'était rendu coupable
1. Baronius, Annalesi, ad ann. 1112 ; Hardouiii, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1899 ; Mansi, C'oiic. anipliss. coll., t. xxi, col. 49, 67 ; Mon. Germ. Iiisi., Script., t. VI, p. 246 ; Leges, l. ii, append., p. 181 ; Guillaume de Malmesbury, dans P. L., t. ci.xxix, ool. 1378 sq. ; Watterich, Vitae pontif. rom., t. ii, p. 73.
2. Pagi, Crilica, ad ann. 1112. n. 2 ; Bouquet, Rec. des liisl. de la France, t. XII, ]). 394 ; W.iltcrich, op. cit., l. ii. p. 78.
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et pour le droit qu'il s'arrogeait toujours de donner des investitures. Les Français regardaient comme absolument nécessaire que l'investiture des laïques fût déclarée une hérésie et qu'on lançât l'excommunication solennelle contre Henri, Ces deux mesures devaient être prises dans des conciles français. C'est ainsi que Jean, archevêque de Lyon, en sa qualité de priinat des Gaules, convoqua, à Anse, non seulement les évêques de sa province ecclésiastique, mais encore d'autres métropolitains i^yec leurs sufïragants ^. Dans sa pensée, cette assemblée devait être un concile général de l'Eglise de France, mais ce projet ne put se réaliser, parce que l'épiscopat fit opposition au primat de Lyon.. On possède encore la lettre d'Yves de Chartres, par laquelle les évêques de la province ecclésiastique de Sens, l'archevêque Daimbert à leur tête, refusèrent de prendre part à l'assemblée projetée ^. Ils montraient d'abord que le primat avait outrepassé ses pouvoirs, car il ne pouvait convoquer à un concile des évêques étrangers que sur l'ordre ou la permission du pape ou après appel au priniat, Yves aborde ensuite l'affaire en elle-même ; d'accord avec ses collègues, il juge qu'il n'est pas nécessaire de déclarer hérétique l'invest^iture donnée par es laïques et ne permet pas de dévoiler la faiblesse du père (le pape), dont la condescendance peut s'expliquer par les circonstances. On doit, par des lettres affectueuses, l'|nviter à [320] retirer ce privilège ; s'il y coi^seiit, on }ie pourra qu'en remercier Dieu, mais il ne leur appartient pas de juger le pape. Dans sa lettre à Henri, abbé de Saint-Jean-d'Angély, Yves de Chartres s'explique dans le même sens ^.
Guy, archevêque de Vienne (le futur Calixte II), légat du pape et proche parent de l'empereur, fut moins modéré dans sa manière de voir, et, le 16 septembre 1112, il réunit à Vienne vin concile qui émit ces trois propositions *: 1. Suivant en cela l'au-
1. Labbe, Concilia, t. x, col. 786-792 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 101 'i ; Coleti, Concilia, 1. xii, col. 1185 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 77. (H. L.)
2. Yves de Chartres, Epist., ccxxxi, P. L., t. clxii, col. 138 sq. ; Mansi, Conc. anipliss. coll., t. xxi, col. "p ; Monuin. Germ. hist., Libelli de Ute, t. ii, p. 649- 654 ; Bernheim, Quellen, t. ii, n. 18, p. 39-42. (H. L.)
3. Yves de Chartres, Epiai. , ccxjf^xyi, P. L., t. CLXfi, col. 238 ; Mansi, op. cit., t. XXI, col. 77 ; Walterich, op. cit., t. ii, p. 72, avec la réponse un peu vive de l'archevêque de Lyon.
4. Coll. regia, t. xxvii, col. IG ; Labbe, Concilia, t. x, col. 784-786 ; Hardouin,
LlVllE XXXII
torité <le l'Église romaine, nous déclarons liérétique l'investitiirc des évêchés, des abbayes, ou de tout autre bénéfice ecclésiastique, donnée par un laïque. 2. Par l'autorité du Saint- Esprit, nous rejetons le document ou privilège que le roi Henri a extorqué par la force au pape Pascal ; nous le déclarons absolument infirme et sans valeur. 3. Nous excommunions, anathématisons et excluons de la communion de l'Eglise, jusqu'à pleine rétractation et satisfaction, le roi allemand Henri, qui, venu à Rome sous des apparences pacifiques, a promis par serment au pape pleine sécurité pour sa personne et renonciation complète aux investitures, et cependant a trahi ce même pape, au tombeau de saint Pierre, après l'avoir embrassé comme un autre Judas, l'a fait prisonnier avec plusieurs cardinaux, l'a dépouillé de ses insignes et vêtements, l'a rendu un objet de dérision, et enfin lui a extorqué ce décret détestable.
Le concile fit aussitôt connaître au pape ses décisions ; ajoutant « que des ambassadeurs du roi allemand avaient assisté à l'assemblée et exhibé des lettres prouvant que, jusqu'à ces derniers temps ^, le pape était dans les meilleurs termes avec leur maître ^. Le synode en avait été très surpris, parce que la lettre du pape à Guy de Vienne et à l'évêque d'Angoulême laissait entendre le contraire. L'assemblée demandait au pape confirmation de ses décisions. La plupart des princes de la chrétienté et tous les peuples étaient d'accord avec eux. Si, contre toute [321] attente, le pape était opposé à leur demande, que Dieu lui pardonne, car il pousserait malgré eux les évêques à la désobéissance. » Le résultat fut que, dès le 20 octobre de cette même année, le pape confirma, d'une manière vague, dans une courte lettre, les décisions de Vienne, et loua le zèle de Guy.
Conc. coll., t. VI, pari. 2, col. 1913 ; Coleti, Concilia, L. xii, col. 1183 ; Mansi, Concilia, Suppl., l. n, col. 305 ; Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 73-78, P. L., t. cLxiii, col. ^idb sq. ; Bernheim, Quellen zur Geschichte des Investiturstreites, Leipzig, 1907, t. ii, n. 20, 21, p. 44 ; cf. Ekkehard, Chronicon univers., p. 246 ; Jaffé, Regest. pont, rom., n. 6630 ; Gesla abhat. Trudonensium, 1. XI, c. ii, dans Mon. Gerni. hist.. Script., t. x, p. 298 ; Meyer vou Khonau, Jahrbucher, t. vi, p. 247, n. 48. (H. L.)