‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 361 sur 505 · Voir · texte numérisé non relu

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4. Coll. rcgin, I. XXVI, col. 802 ; Labbc, Concilia, l. x, col. 802 ; Hardouin, Conc. coll., t. VI, pari. 2, col. 1929; Coleti, Concilia, I. xii, col. 1221; Mansi, Conc. ampliss. coll., 1. xxi, col. 139. (H. L.)

5. Coll. regia, l. xwi, col. 801 ; Lnbbe, Concilia, t. x, col. 802-803 ; Hardouin,

GOG. OPPOSITION CONTRE l'eMPEREUR 551

dessein de renouer des relations avec Rome, mais réclamant tout d'abord le rétablissement de l'union ecclésiastique ^. Une semaine plus tôt, en la fcte de l'Assomption (15 août 1115), à la demande du pape, Guy, archevêque de Vienne, avait tenu un concile à Tournus, pour régler un conflit entre les églises Saint- Jean et Suint-Étienne de Besançon, chacune d'elles prétendant être cathédrale. Guv donna gain de cause à Saint- Jean ; mais, dans un concile du Latran, en 1116, le pape Pascal cassa cette décision et se déclara pour Saint-Étienne. Mais, plus tard, Guy, devenu pape sous le nom de Calixte II, rétablit la sentence portée à Tournus ^.

Conc. coll., t. VI, part. 2, col. 1931 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1221 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 139 ; Jafïé, Reg. pont, rom., t. i, p. 758 ; F. Chalandon, Histoire de la domination normande en Italie et en Sicile, 1907, t. i. p. 318. (H. L.)

1. F. Chalandon, Essai sur le règne d'Alexis I^^ Comnène, in-8, Paris, 1900, p. 262. Hefele s'est laissé induire en erreur par Jafïé, dont la fe édition des Regesta reportait à l'année 1115 la lettre de Pascal II à l'empereur Alexis I^"", qui appartient à l'année 1112 et que nous avons donnée p. 538, note. (H. L.)

2. Chilïlet, Histoire de l'abbaye royale et de la cille de Tournus, avec les preuves enrichies de plusieurs pièces d'histoire très rares, in-4, Dijon, 1664, p. 341 ; Labbe, Concilia, t. x, col. 803-806; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1221 ; Hardouin, Conc. coll., t. VI, part. 2, col. 1931 à 1937; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 139, 149. Ce conflit entre les églises Saint-Jean et Saint-Étienne de Besançon, toutes deux cathédrales, fut des plus vifs. Chacune des deux églises avait ses chanoines et les archevêques y ofTiciaient concuriMMument. Au xii^ siècle, surgit un différend sur la primauté. Le siège archiépiscopal était à Saint-Jean, mais les chanoines de Saint-Etienne prétendaient ne l'avoir perdu qu'à la suite d'un incendie et l'archevêque Guillaume P'" ne put les mettre d'accord; cf. Richard, //isio ire des diocèses de Besançon de Saint-Claude, t. i, p. 306. Une bulle du 22 avril 1115, de Pascal II, invitait Guy de Bourgogne à réunira Dijon ou ailleurs quelques évoques qui jugeraient le conflit. Chifïlet,//(s/. de l'abbaye ...de Tournus, p. 370, 371 ; P. L., t. clxiii, col. 334; Bouquet, ReciteiZ, t. xv, p. 57 ; Jafïé, Regesta, n. 6456. Guy convoqua ce concile à Tournus, le 15 août 1115, et le présida. On y voyait Josscrand, de Lyon ; Hugues, de Grenoble; Léger, de Viviers; Bcrard, de Màcon; Etienne, d'Autun; Gauthier, de Chalon-sur-Saône; Josserand, de Langres; Pons, de Belley; Guy, de Genève; Guline, de Sion ; Ponce, abbé de Cluny, et dix-sept autres abbés ou ecclésiastiques. Les députés de Saint-Jean exposèrent les droits de leur église ; ceux de Saint-Étienne se présentèrent, mais ils ne furent pas entendus '.l'un s'était parjuré, un autre était coupable de sacrilège, un troisième était vendu, enfin le quatrième était excommunié. Bulle de Calixte II, du 10 nov. 1121, dans Pflugk-Harttung, Acta pontifie, romanor. inedita, t. i, p. 117 •,\J. Robert, Bullaire du pape Calixte II, n. 261 ; Jaffé, Regesta, n. 6935; ou trouve dans cette bulle tous les détails de ce long procès, de même dans la bulle du 19 mars 1122. BuUaire, n. 283; Regesta, n. 6955. Le concile statua que Saint-Jean serait métropole et posséderait seule

Pendant le dernier soulèvement contre l'empereur Henri, les Saxons, soucieux de procurer à leur cause l'appui de l'I^glise, appelèrent auprès d'eux le cardinal Dietrich, alors en Hongrie ; le 8 septembre 1115, ce cardinal publia, à Goslars, une sentence d'excommunication contre l'empereur et reçut à la communion de l'Eglise l'archevêque de Magdebourg et d'autres Saxons. Le légat prépara une deuxième réunion à Fritz, pour le 1^^ novembre ^. L'empereur Henri proposa à ses adversaires allemands la réconciliation, non seulement, parce que la politique le lui imposait, mais aussi parce que, la comtesse Mathilde étant morte le 24 juillet 1115, [331 j il avait hâte d'aller en Italie s'approprier les fiefs et les alleux ^. Or, au su de tous, Mathilde avait légué ces biens à l'Église romaine. Afin de régler cette aiïaire, Henri convoqua, pour le 1®^' novembre 1115, une diète générale à Mayence ; mais les Saxons et beaucoup d'autres ne s'y rendirent pas ; les Mayençais eux-mêmes se révoltèrent pendant que l'empereur était dans leurs murs, assiégèrent sa maison et le forcèrent à rendre la liberté à leur archevêque Adelbert. Celui-ci, auparavant partisan dévoué d'Henri, son chancelier et son soutien, lors- (ju'il s'était agi de maltraiter le pape, était passé à ses ennemis ; aussi l'empereur l'avait-il fait enfermer dans la citadelle de Trifels

le siège épiscopal. Mais le pape désapprouva cette sentence, 27 août 1115, et prescrivit la réunion d'un nouveau concile au carême de 1116; même une bulle du 24 mars 1116 décida que Saint-Étienne aurait le siège archiépiscopal et les privilèges des cathédrales. Gallia christiana, t. xv, instr., col. 19; Jafîé, Regesla, n. 6517 ; U. Robert, Histoire du pape Calixte II, in-8, Paris, 1891, p. 37-38. (H. L.)

1. Mon. Gertn. Iiisl., t. vi, p. 249; A finales Patherbrunnenses, édit. Schefîer- Boichorst, p. 131 ; Pagi, Critica, ad ann. 1115, n. 9.

2. Gerwais, Politische GeschichteD eut schlands unter rieinrichV und LotharlII, t. I, p. 141 ; Gicsebrecht, Geschicitte der Kaiserzeit, t. m, p. 802 sq., 869,1208; Ekkehard, Cliron. unii'., ad ann. 1115, dans Mon.Genn. Iiist.,' Script., t. vi, p. 249 : luterea directi in Ilalia nuncii obitum illius iiiditie Matliildis (24 juillet 1115) nniiciant, rjiisqiie pru'dioruin terras amplissimas hcreditario jure possidendas Cœsarem invitant; cf. Donizo, Vita Matliildis : De insigni obitu memorandge comitissse Matliildis, vs. 1-135, dans Mon. Germ. liist.. Script., t. xii, p. 406-409 ; Fiorentini, Memorie délia contessa Malilda, I. II, Lucca, 1756 ; Tosti, La contessa Matilda e i romani pontefici, in-8, Firenze, 1859 ; O. Tannenberg, Sludien zur Geschichte der Herzogin Mathilde von Canossa, Gôttingen, 1872 ; P. Scheiïer- Boichorst, Zu den Mathildischen Schenkungen. Kleinere Forschungen, t. x, et réimprimé dans Gesammelte Schriftcn, édit. E. Schaus et F. Gûtcrbock, Berlin, 1904, t. i; A. Overmann, Grdfin Matliildis von Tuscien, ihre Besitzungen, Geschichte ihrer Giiter von 1115-1230 und ihre Rcgesten, Innsbrûck, 1895. (H. L.)

G07. SKCOND VOYAGE u'hK.XHI \ A lUtMF. 553

(près d'Anweiler, dans Ja lîavière Rhénane) '. Réduit par la misère à l'état de squelette, Adelbert parvint à s'échapper et convoqua aussitôt les autres princes cà Cologne pour déliljérer sur la situation de l'empire. Le zèle qu'il déploya pour les intérêts de l'Eglise, à partir de ce moment, venait bien un peu de la haine qu'il gardait à Henri. Il demanda au cardinal-légat Dietrich de venir à Cologne publier les décrets du pape, l'assura de son obéissance et se dit tout disposé à recevoir enfin la consécration épiscopale qu'il avait refusée si longtemps. Le cardinal Dietrich mourut à Schwelm, avant d'arriver à Cologne ^ ; néanmoins, lors des fêtes de Noël 1115, beaucoup d'évêques, de princes se trouvèrent réunis dans cette ville, tandis que l'empereur, abandonné de tout le monde, était à Spire, Afin d'empêcher ({u'iine sentence d'excommunication fût prononcée à Cologne, Henri envoya dans cette ville Erlung, évoque de Wûrzbourg ; mais celui-ci commença à vaciller à son tour, et, de retour à Spire, il ne voulut plus avoir de communications avec le prince excommunié. Henri le força à dire la messe devant lui, mais Erlung penchant de plus en plus vers le parti du pape, l'emperevir lui enleva le duché de Franconie pour le donner à son neveu, Conrad de Ilohenstaufen ^.

607. Second voyage d Henri V à Rome et derniers conciles L^'^'-J célébrés sous Pascal II.

Dans les preiniers mois de 1116, Henri V se rendit pour la seconde fois en Italie, afin d'y rétablir sa puissance et son autorité *. Quelques évêques schismatiques, comme Burchard de

1. On peut juger de la profondeur du coup que cette défection causa à Henri V par sa lettre donnée dans Raumer, Geschichte der Ilohenstaufen, 1823, t. I, p. 278; Gervais, op. cit., t. i, p. 98 sq., 145; Codex Udalrici, dans Jafïé, Bibl. rer. German., t. v, p. 310 ; Kolhe, Erzbischof Adalbert I von Mainzund HeinrichV, in-8, Heidelberg, 1872. (H. L.)

2. Il fut enterré à Cologne, en présence de quatorze évèques ; cf. Annales Patherbrunnenses, édit. Schefîer-Boichorst, p. 131.

3. En partie dans Pagi, Cri/icn, ad ami. 1115, n. 9 ; Gervais, o/>. c//., l. i, p. 15G; Giesebrecht, op. cit., t. m, p. 8G4 sq., 1207 ; Mon. Germ. hist., t. vr, p. 2'i9.

4. Gervais, op. cil., 1. i, p. IGO ; Giesebrecht, op. cit., p. 8G8.

Munster, l'accompagnèrent, tandis qu'Otton de Bamberg, célèbre par sa modération comme par sa sainteté, et que l'empereur désirait vivement avoir avec lui,, s'abstint ^ Henri trouva dans la Haute-Italie, en particulier à Venise et à Padoue, la plus cordiale réception, ce qui fortifia notablement son parti. Tous les biens de Malbilde, sans en excepter ses forteresses imprenables, tombèrent aux mains de l'empereur, qui espéra alors plus que jamais se réconcilier avec le doux Pascal et le séparer du parti des intransigeants. Dans ce but, il envoya de Padoue Ponce, abbé de Cluny, parent du pape ^, pour entamer avec ce dernier des négociations. C'était précisément à cette date, 6 mars 1116, que Pascal ouvrait le concile de Latran. Des évêques et des abbés, des ducs, des comtes et des ambassadeurs venus de divers pays y assistèrent ^. Le premier jour, lundi de la troisième semaine de carême, on traita des dissensions de l'Église de Milan. Ainsi que nous l'avons vu*, Grossulanus avait été élu en 1102 archevêque de Milan. Le parti des patares, mal disposé pour lui, le chassa et se plaignit de lui à Rome; mais le pape Pascal lui donna gain de cause, au concile de Latran tenu en 1105. Aussi l'archevêque resta-t-il en possession du pouvoir jusqu'au début de 1112, où son clergé le chassa de nouveau et lui donna pour successeur le prêtre Jordan ^. Grossula- [333] nus et Jordan portèrent leur rivalité devant le concile de Latran

1. y (la Oltonis, édit. Kôpke, dans Mon. Gcnu. Iiisl., Script., i. xii, p. 721.

2. Ponce de Melgueil était parent de l'empereur, cf. Giesebrecht, op. cit., 1. m, p. 1207, il ne pouvait donc l'être en même temps du pape Pascal H; peutêtre aurait-il été allié, à un degré plus ou moins éloigné, avec Guy, archevêque de Vienne, plus tard Calixte II ; la notice d'Ekkehard fait allusion à cette parenté : consan^uineus, ut aiunt, papas. Ce Ponce était auvergnat, bel homme, i)ien élevé et disert. Abbé de Cluny en 1109, il se montra peu digne de cette grande charge, qu'il dut, finalement, résigner en 1122; il était cardinal depuis 1120, fut excommunié en 1125 et mourut en prison le 28 décembre 1128 ; cf. Histoire litt. de la France, t. xi, p. 20-26 ; Pignot, Histoire de Clunij, 1868, t. m, p. 1-46. (H. L.)

3. Ekkehard, Chroii. uni'.'., dans Mon. Germ. hist.. Script., t. vi, p. 250-252 ; Meyer von Khonau, Jahrbiicher des deutschen Reiches unler Heinrich IV und fleinrich V, in-8, Leipzig, 1907, t. vi, p. .'Î50 sq. ; Labbe, Concilia, t. x, col. 806- 810, 1834-1835 ; Hardouin, Conc. coll., t. vi, part. 2, col. 1933 ; Coleti, Concilia, t. XII, col. 1225 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 145 ; Jafîé, Regesta pont, rom., 1. 1, p. 761-762 ; Schone,i>er Cardinallegat Kuno, p. 37 sq. ; Watterich, Vitse pontif. roni., t. ii, p. 83. (H. L.)

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