Voir
5. Pagi, Critica, ad ann. 1112, n. 6; cf. Codex Udalrici, dans Jafïé, Biblioth. rer. German., I. v, p. 288, la lettre d'Azzo d'Acqui à Henri V.
G07. SECOND VOYAGE d'hENRI V A ROME 555
de 1116 et le pape chargea les cardinaux-évcques d'vine enquête. Ce conflit remplit la première et la seconde session et ne fut résolu que dans la cinquième. Dans la troisième session, le 8 mars, l'évèque de Lucques se plaignit des Pisans, qui avaient enlevé un l)ien appartenant à son église. L'évèque de Pise s'eii défendit et, après une longue discussion contradictoire, l'un des évèques assistants dit très haut : « Que le pape se souvienne donc du motif qui, au milieu des plus grands dangers, a fait venir tant de monde à ce concile. Parlons d'abord du point capital, po\ir savoir ce que le pape pense là-dessus et ce que nous aurons à annoncer quand nous serons de retour dans nos pays. » Pascal répondit : i( Après que Dieu eut mis entre les mains du roi ma personne et le peuple romain, le vol, l'incendie, le meurtre et l'adultère étaient devenus habituels. Mon désir était de mettre fin à tous ces maux, et ce que j'ai fait, je l'ai uniquement fait pour délivrer le peuple chrétien. Néanmoins, je me suis trompé en cela et je vous demande à tous d'intercéder auprès de Dievi pour qu'il me pardonne. Quant à ce document maudit qui a été rédigé sous la pression (de l'empereur) et, à cause de son absurdité, a été justement appelé praçilegium, je le frappe d'anathème éternel, et vous demande d'agir de même. » Bruno de Segni voulut mettre immédiatement à profit cet aveu du pape pour faire proclamer son dogme favori, à savoir, que l'investiture laïque était une hérésie. Un des assistants fit alors cette remarque ironique : « Si le privilège est hérétique, celui qui l'a promulgué est aussi hérétique; » aussi s'écria-t-il : « Dieu soit loué ! car voici que le pape condamne lui-même ce prétendu privilège hérétique; « mais plusieurs protestèrent; entre autres, Jean de Gaëte, qui ne voulait pas permettre que l'on accusât le pape d'hérésie. Pascal dit alors: « Frères et seigneurs, écoutez: cette Eglise, l'Eglise romaine, n'a jamais été hérétique ; au contraire, elle a vaincu toutes les hérésies. Le Christ a prié pour elle lorsqu'il dit : J'ai prié pour toi, Pierre, afin que ta foi ne défaille pas ^. » Le lendemain, 9 mars, il n'y eut pas de session: le pape voulant examiner l'affaire de l'empereur avec l'abbé de Cluny, Jean de Gaëte, Pierleone et '^3341 Pierre, préfet de la ville. Ekkehard, qui nous donne ces détails dans sa Chronique '^, représente tous ces personnages