Luc, XXII
'J. Ekkehard, Chron. iiniv., dans Monum.Gevm.hist., Saipl..\. vi, p. 250 sq. ; Wiillr'rirh, Vilir pnnlij. roni., I. ii. p. R^! sq.
comme étaiil partisans de. l'empereur ; mais il se trompe complctcmenl : Pierleone et Jean de Gaëte, étaient huit dévoués à la cause du ])ape. Jean de Gaëte n'était autre que le cardinal et chancelier de l'Eglise romaine (le futur Gélase II), qui avait partagé avec Pascal la capti\il('' de deux mois en 1111 et n'avait cessé d'engager le pa])e à résister au parti des intransigeants comme à celui de l'empereur. Suivant en cela la chronique d'Ursperg, Baronius le désigne comme évoque de Gaëte, mais le texte d'Ekkehard, copié par la chronique d'Ursperg, ne porte pas le mot episcopufi, et avec raison. — Dans la cjuatrième session (vendredi 10 mars), Conon de Préneste réclama une sentence d'excommunication contre Henri V ; mais l'abbé de Cluny et d'autres membres de l'assemblée s'y opposèrent. De son côté, le ])ape chercha à adoucir les esprits par la déclaration suivante : « L'h^glise primitive n'a pas possédé de biens terrestres, mais lorsqu'elle eut converti les princes, ils lui donnèrent, surtout Constantin, toutes sortes de droits et de possessions. L'Eglise peut donc (et non l'empereur) les transmettre à ses enfants, comme elle l'entend. » Afin d'infirmer le fameux privilège, Pascal II se décida à renouveler la sentence de Grégoire VII contre les investitures ; il revint, somme toute, à la ligne de conduite tracée par l'évêcjue d'Angoulême au concile de Latran de 1112. Pour déterminer le pape à prendre des mesures plus énergiques, Conon de Préneste dit : « Seigneur et père, si j'ai réellement été ton légat, et si ce que j'ai fait comme légat obtient ton assentiment, je te demande de le déclarer ouvertement devant le concile et de confirmer mes actes par ton autorité. » Le pape se trouva fort embarrassé : d'une part, il avait promis de ne jamais excommunier l'empereur ; d'autre part, il avait laissé ses légats, Conon en particulier, publier partout une sentence d'excommunication, et cela dans l'exercice de leurs fonctions. Ces faits s'étaient renouvelés pendant des années entières saris que le pape se prononçât ; il devenait donc indispensable de trancher cette qviestion ; aussi Conon était-il dans son droit en parlant comme il l'avait fait. Pascal répondit : « Certainement, tu es mon légat, et ce que toi et les autres légats avez approuvé ou rejeté en vertu de mon autorité (c'est-à-dire [335] d'après mes ordres), je l'approuve et je le rejette pareillement. » Les mots nostra auctoritate renferment évidemment une restriction ; mais Conon, sans s'y arrêter, raconta comment, au