PREMIERS CONCILES SOUS CALTXTE II
Le cardinal ajouta que Frédéric, archevêque de Cologne, avait protesté de son obéissance ^ au pape et lui avait rendu le fils de Pierleone, qu'il détenait comme otage '■^. Ce dernier était un jeune homme d'un mauvais naturel, au teint liasané et de ce tvpe juif qui provoquait dès lors les quolibets des Français^. On s'occupa ensuite des difTicultés entre l'évêché de Mâcon et le monastère de Cluny, dont l'abbé Ponce défendit avec éloquence l'exemption. On remit cependant à plus tard une décision définitive *.
Le pape, indisposé, ne put se rendre à la IV^ session, qui se tint le mardi 28 octobre, et Jean de Crème y prononça, en faveur de Cluny, un grand discours qui souleva de violents débats ^. Le lendemain, à la troisième heure, le pape revint
à distance. Enfin, la nuit nous sépara et chacun regagna sa demeure. Dans la crainte de plus grands dangers, nous nous sommes mis en route pour revenir : que dis-je ? nous nous sommes enfuis, car nous redoutions vivement d'être poursuivis par les nombreuses troupes que ce redoutable tyran emmenait à sa suite. J'en ai dit assez sur ce sujet. » (H. L.)
1. Il avait déjà félicité le pape de son élection et envoyé son adhésion. (H. L. )
2. Pierre, fils de Pierleone, juif converti et baptisé par Léon IX et dont le dévouement ne s'était jamais démenti depuis. « Pourquoi et depuis quand ce Pierre était-il gardé en otage ? Nous savons cjue Pierre, — c'est lui, — cardinal-diacre du titre des Saints-Cosme-et-Damicn, suivit Calixte dans son voyage à travers la France au moins jusqu'au 15 juillet, jour où il souscrivit avec d'autres cardinaux une bulle pour l'abbaye d'Aniane. » U. Robert, Bullaire du pape Calixte II, n. 35, t. I, p. 51. (H. L.)
3. Son père était banquier pontifical, de là à usurier on ne voyait pas très nettement la différence et la sympathie y perdait ; malgré tout, ce Pierleone avait rendu de grands et longs services. (H. L.)