‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 383 sur 505 · U. Robert, Histoire du pape Calixte II, p. 78-79. (H. L · texte numérisé non relu

U. Robert, Histoire du pape Calixte II, p. 78-79. (H. L

5. Cette session fut très remplie: la phrase que lui consacre Hefele ne permettrait pas de s'en douter. Je cite le récit de U.Robert, Histoire du pape Calixte II , p. 79 - 81 : « Avant d'en venir à l'affaire de Cluny, Jean de Crème exposa que, de même qu'il était juste que le pape s'occupât des plaintes et des intérêts des assistants, de même il était convenable qu'il eût dans chacun de leurs diocèses, en toute propriété et en toute liberté, luie église, une maison, ou une possession quelconque, soit de son propre choix, soit par suite de dons. Tous adhérèrent à cet avis ; puis, il continua en disant que, depuis sa fondation, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, l'abbaye de Cluny avait été donnée au pape, qui l'avait, dans un concile à Rome, enrichie de nonnbreux privilèges ; construite par Guillaume, duc d'Aquitaine, celui-ci, venant à Rome, la plaça sous la soumission du Saint-Siège, à qui il offrit, en signe de dépendance, ui\ tribut annuel de douze sous d'or. Il ajouta que Cluny n'était sous la dépendance d'aucun prince, d'aucun évêque, mais du ])ape seulement ; que le nombre de ses biens et de ses religieux

s'était heureusement augmenté; que sa réputation s'était répandue au loin; que les religieux élisent leur abbé, qui s'en vô à Rome, avec des lettres attestant son élection, pour recevoir du pape, selon l'usage de l'Église, la consécration et la bénédiction, etc. Comme conclusion, il annonça que le pape, protecteur de Cluny, confirmait ses privilèges et ses possessions. Ce résultat, (lui était à prévoir, ne satisfit pas fout le monde, car plusieurs protestèrent très énergiquement.

« Ordéric Vital nous apprend encore que le concile s'occupa de diverses aH'aires, dans le détail desquelles il ne peut pas entrer, et que, parmi les orateurs les plus écoulés, on distingua surtout Girard, évêque d'Angoulème ; Haton, évoque de Viviers ; Geoffroy de Chartres et Guillaume de Châlons-sur-Marne. Au nombre de ces affaires, il en est que des bulles de Calixtc nous font connaître : telles sont celles de Sainte-Croix de Quimperlé et celle de Migné. Hervé, abbé de Redon, s'était emparé à main armée de Belle-Isle, qui appartenait au monastère de Sainte-Croix. Un concile tenu à Angoulême, au mois de mars 1118. et. présidé par Girard, évêque de cette ville et légat du pape, ordonna la restitution de Belle-Isle à Sainte-Croix. Hervé rendit la terre, mais garda les revenus. Les religieux de Sainte-Croix se plaignirent à Calixte, qui, par une bulle du 3 août, intima à l'abbé de Redon de rendre l'argent ou, s'il croyait avoir des droits à le garder, de venir au concile de Reims pour les taire valoir. Bullaire, n. ''18, t. i, p. 64; Res.esta, n. 6726. Il se présenta au concile, mais il repartit sans avoir donné la satisfaction demandée. C'est pourquoi Calixte dut, quelques jours t)1us tard, écrire à Morven, évêque de Vannes, et à Brice, évêque de Nantes, de le forcer à cette restitution, soit par la persuasion, soit en usant des rigueurs canoniques. Bullaire, ]i. 101, t. I, p. I'i7 ; Jafîé, Rei;esta, n. 6781. Il semble que cette dernière sommation fut efficace.

« L'abbaye de Bourgueil et celle de Monticrneuf de Poitiers se disputaient l'église de Migné, que Baudry, abbé de ce premier monastère et plus tard archevêque de Dol, avait reçue d'Etienne de Migné, bien que les religieux de Monticrneuf prétendissent qu'elle leur appartenait. Après de longues discussions, Girard, évêque d'Angoulème, dans une réunion d'évêques qui eut lieu dans cette ville en 1117, accorda à Guibert, abbé de Bourgueil, l'investiture de l'église contestée. Mais Marcher, abbé de Montierneuf, en appela au pape de la sentence de son légat ; il obtint gain de cause et Calixte reconnut ses droits. Lors du passage du pape à Bourgueil, les religieux de ce monastère réclamèrent aviprcs de lui ; il invita l'abbé de Montierneuf k venir le trouver à Tours, puis ajourna l'aflaire jusqu'au concile de Reims. Guibert et Marcher se rendirent au concile ; la discussion relative à la possession de l'église de Migné fut soulevée. Baudry. archevêque (le Dol, prit la parole en faveur de l'abbaye de Bourgueil; il n'avait pas oublié qu'il avait reçu cette église d'Etienne de Migné, mais il ne nia pas que l'investiture en eût été accordée aux religieux de Montierneuf par l'évêque de Poitiers. Alors les cardinaux et les évêques qui leur avaient été adjoints pour examiner la question, Guillaume de Champeaux et Geoffroy, évêque de Chartres, demandèrent aux religieux de Bourgueil de montrer leurs titres de propriété; s'ils étaient plus sérieux que ceux de Montierneuf, la possession de l'église de Migné leur serait attribuée. A cette proposition, ils répondirent qu'avant de traiter la question de fond, il fallait juger celle de l'investiture. Les cardinaux et les évêques estimèrent que la cause des religieux de Bourgueil n'était pas juste, puisqu'ils éludaient la proposition (jui seule permettait d'établir la légitimité

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