‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 390 sur 505 · S. Augustin, De Trinilate, 1. I, c. i · texte numérisé non relu

S. Augustin, De Trinilate, 1. I, c. i

o. S. Jérôme, In quœst. Ilebr. in Cènes., proœm.

GOO LIVRE XXX

exposées à être frappées par la foudre ^. Si vous voulez procéder 1^ J contre lui canoniquement, il faut faire lire l'exposé de sa doctrine ou son livre, et entendre l'auteur, afin qu'il soit convaincu ou qu'il avoue. » ...Mes adversaires s'écrièrent aussitôt : «0 le prudent conseil ! Nous serions obligés dans ce cas de lutter contre son éloquence dialectique, lorsque le monde serait impuissant à tenir tête à ses arguments et à ses sophismes !... » L'évêque chercha alors à calmer leur jalousie par un autre moyen : il leur dit que, pour une affaire aussi importante, les membres du concile étaient en trop petit nombre et conseilla à mon abbé de me ramener à Saint-Denis, et là d'examiner sérieusement mon livre devant une grande assemblée et des savants notoires. Le légat et ceux ([ui délibéraient avec lui adoptèrent cette conclusion ^, et Conon me fit dire par l'évêque de Chartres d'avoir à m'en retourner. Mes adversaires, fort mécontents de la tournure que prenait la procédure, se hâtèrent de représenter à l'archevêque (de Reims) qu'il serait honteux pour lui que je fusse jugé ailleurs, et qu'il y aurait danger à me laisser libre. Ils s'adressèrent encore au légat, parvinrent à le faire changer d'avis et le déterminèrent à condamner mon livre sans enquête, à le faire brûler publiquement et à me séquestrer dans un autre monastère. Ils disaient que, pour juger mon livre, il suffisait que je l'eusse enseigné sans aucune approbation du pape ou de l'Eglise, et que j'en eusse fait tirer des copies. Rien ne serait plus utile à la foi chrétienne que de faire sur moi un exemple pour détourner les autres de pareil excès. Comme le légat n'était guère savant ^, il s'en rapporta à l'archevêque, lequel s'en tint pour son compte à l'opinion d'Albéric et de Lotulf. L'évêque de Chartres m'avertit de cette intrigue et m'engagea à m'en émouvoir d'autant moins que, de l'avis de tous, on usait de violence envers moi, ce qui me serait plus utile que nuisible. Quant à la séquestration, je ne devais pas m'en effrayer, car, quelques jours après son départ de Soissons, le légat me ferait certainement remettre en liberté. C'est ainsi qu'en pleurant, il me consola, moi qui sanglotais. Je fus donc appelé devant le concile et obligé de jeter de ma propre main mon livre au feu : r3621 sans aucune discussion, il fut consumé. Afin de dire quelque

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