VASTE PLAN DE GREGOIRE VII
{■} itnii'uiti. (jui. Dcuin ii^iiordiilrs, .supciljiii, nipinis^ prrfidid, lioiiiicidiis, poslicmo iDiisrrsis pciic scclcribu.s, niiiiidi prindpr diabolo riili'lircf tii^ilniilc, .super jxircs scilicel honiiiies, doniiiiaii rivca (itpidine cl inlolntilnli piicsuiiiplioiic afjectas'eruiil? {Regii^lr., I. VIII. n. "JI ; Mon. Gvcgor., p. 45G).
Que le pouvoir tivil suit d'origiiic divine cl (|M(' les rois ait'iil im |)ouvoir (l'oritzini' violente et dialKilique, voilà bien denx ihèses (jui, seniLle-t-il, sont en contradiction formelle. W. llarlens. oj). (il., l. ii. p. lo sq.. admet olïectivcment que c'est vine vérilalde i uniradiclior, cl l'e\|>lii|ue par la dillérence des circonslanecs: Grégoire VIT s'adrcssanl anx princes leur expose l'origine divine du pouvoir d'aprî;s la doctrine do rÉeriturc; écrivant à ïcs'i^'que de Mclz, il donne libre lours à son indignation et parle de l'abondance du cœur. — Cependant, les deux lettres de Grégoire VII à llermann étaient, dans la pensée du pape, destinées à recevoir la ])lus grande publii'iLé aus^i bien tlans le monde laïc <pic dans les cercles ecclésiastiques ; de pins, le |)a(ie aliiile son exposé sons l'autorité de saint Pierre : iilinam bcatus Pelrus pcr luc rcapondcat... Eis aulem qui dicunl : re<j,cni non oporlcl c.vcountinnicari. lied pro inai^na falu-ilate nec eliain rcsponderc dcbeaiuus, ianien, Jie iii< patienter illornni insipientiani pnvferire videantur, ad sancloruni patruin dicta \'el jacta iiios niitlinins. ut eus ad .saniiDi doctrin.im revoccnius. Lettre du 25 août 1076 (Hegistr., 1. 1\', n. 'J ; Mou. Grcgor., p. 'J'iO sq.) ; et dans la lollie du 15 mars 1081 : l'ios, cjui pnvdieatiuuis lucuin in sancta ecclesia tencnt. paucis connnunere cenauiinus ; ut iuler uliu, qua; debentur, verilateni jcrc ab omnibus nei-ledani. cujus propugiuilores et defensores i^ix paucissimireperiuntur, finniler lenerc et constantcr denunciarc studealis[Registr., 1. VIII, n. 21 ; Mon.Cregor., p.'i65).
La distinction, maintes fois invoquée, entre la question de droit et la question de fait est, à notre avis, là solution la plus plausible, la plus conforme aux textes. C'est ainsi que l'expliquent Hergenruther et la plupart des auteurs cités à sa suite (voir plus haut). Cette manière de voir est aussi celle de von Hertling (compte-rendu sur von Eicken,G'esc/(iV///e uiul System der mittelalterlichenWeltanschnuung), dans Ilislorisches Jahrbuch, 1889, t. x, p. 152, et du R.P.Pfùlf(compterendu sur Hefele, Conciliengescliichte, t. v), dans Stimnien cms Mca-ia-Laach, 1891, p. 112, lequel d'ailleurs appuie son exégèse sur des considérations dogmatiques. Dans un compte-rendu sur W. Martens, Gregor VII, les Analecta bollandiana, 1895, t. xiv, p. 220 sq., font aussi la distinction entre le principe et le fait, mais ils l'entendent d'une manière différente : le principe regarde « la nécessité d'une autorité suprême dans la société civile ; » le fait regarde « l'autorité royale proprement, dite ou si l'on veut la forme monarchique, » en ce sens que d'après Grégoire VII « le pouvoir royal a le plus souvent son origine dans l'usurpation et la violence ». C. Cipolla, dans Ri'i'ista. slorica italiana, 1896, t. i, nouv. série, p. 185 sq., est également d'avis que Grégoire VII, en écrivant à Hermann de Metz, n'expose pas une doctrine mais un fait et, de plus, il croit que le pape ne parle pas de l'État en général, mais spécialement de l'œuvre des mauvais monarques. Grégoire, en elîel, s'inspire ici des idées de saint Augustin cL de saint Grégoire le Grand. Or, il est ineonlestable que ces deux écrivains n'ont pas entendu nier l'origine divine du pouvoir, mais ont simplemenL voulu mettre en relief le caractère diabolique d'un pouvoir, lorsque de fait il s'est établi ou s'exerce à rencontre de la loi chrétienne. Saint Augustin, De civilate Dei, 1. III, c. xiv, vu ; 1. V, c. XII ; I. XIX, c. xiv-xviii ; Saint Grégoire le Grand, Moralia, I. XXI, c. XV ; 1. XXVI, c. XXVI.
CONCILES— V - Il