‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 400 sur 505 · LE CONCORDAT DE WORMS · texte numérisé non relu

LE CONCORDAT DE WORMS

rétablir la paix entre l'Église et l'Etat. Dans leur lettre très polie à « l'empereur », les légats protestaient qu'à Mayence il ne serait rien fait contre lui, mais qu'au contraire on le favoriserait dans les bornes permises par la justice ^.

Stenzel ^ imagine huit jours de négociations à Mayence, examen de tous les points, rédaction des traités, puis transfert à Worms pour la mise au point et la proclamation du concordat. [o/zj j^jgjj cependant n'indique ce transfert dans les sources originales, et les lettres des légats mentionnées plus haut sont seules à parler de Mayence. Il est très probable que cette dernière ville, récemment encore en rébellion contre l'autorité de

pas à revendiquer rien de ce qui est à vous. Nous ne voulons pas porter atteinte à la gloire de votre royaume ni à celle de l'empire ; ce que nous souhaitons, c'est de servir Dieu seul dans la justice de son Eglise. Rentrez donc, rentrez en vous-même et voyez soigneusement qui vous êtes et ce que vous êtes devenu. Ne vous confiez pas aux conseils orgueilleux des méchants, parce que Dieu résiste aux superbes. Vous avez pour aides vos soldats ; l'Eglise a pour défenseur le Roi de tous les rois, qui l'a rachetée au prix de son sang. Elle a aussi pour protecteurs et pour patrons les saints apôtres Pierre et Paul. Abandonnez ce qui n'est pas de votre ressort, afin que vous puissiez administrer dignement ce qui vous appartient. Que l'Eglise possède ce qui est à Jésus-Christ, que l'empereur ait ce qui est à lui. Que chacune des deux parties se contente de son rôle; que ceux qui doivent observer la justice à l'égard de tout le monde ne se dépouillent pas réciproquement par ambition. Si vous voulez nous écouter et suivre les conseils des hommes sages et religieux et obéir à nos avertissements, vous causerez une grande joie à Dieu et au monde, vous augmenterez la prospérité de votre royaume et de votre empire et vous obtiendrez en même temps la gloire du royaume éternel. En outre, vous vous enchaînerez toute l'Eglise et nous, par de tels liens d'affection que vous paraîtrez véritablement prince, véritablement roi et véritablement empereur par la grâce de Dieu. Si vous écoutez aveuglément les flatteries et les suggestions perverses des insensés et de ceux qui veulent vous gouverner, si vous ne rendez pas à Dieu et à l'Eglise l'honneur qui leur est dû, nous confierons à des hommes religieux et sages le soin de veiller à la défense de l'Église de Dieu, et non sans dommage pour vous, parce que nous ne voulons pas que cette situation se prolonge davantage. » (H. L.)

1. Les lettres des légats se trouvent dans le Codeo; LV!a/rici, n. 304, 331, 33*2, dans Jaffé, Biblioth. rer. germ., t. v, n. 210-213, p. 383 sq. Lambert d'Ostie adressa une convocation générale aux archevêques, évêques, abbés, religieux, clercs, seigneurs et fidèles de France, en faisant appel surtout à ceux des premiers qui étaient le plus versés dans la science des saintes Écritures. Enfin, nous trouvons une lettre des légats à Otton, évoque de Bamberg, pour le prier instamment d'assister à la diète de Mayence. Codex Udalrici, dans Jafîé, Biblioth. rer. Germaii., t. v, p. 385. (H. L.)

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