‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 414 sur 505 · Voir · texte numérisé non relu

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2. Les Frangipani étaient, à Rome, les représentants du parti et de la politique germaniques, Pierleone incarnait le parti populaire et romain; telle est du moins

clama pape l'ôvèque d'Ostie. Ce dernier refusa de se prêter à une élection si peu ré(;ulière, mais les cardinaux-électeurs, soit par crainte de voir se renouveler les violences qui avaient accompagné l'élection de Gélase II, soit pour éviter un schisme possible, se rangèrent peu à peu du côté de Lambert, et bientôt, Théobald ayant volontairement abdiqué, Lambert fut canoniquemenl proclamé pape le 21 décembre, sous le nom d'Honorius II, et reconnu immédiatement par tous ^.

Les convoitises pour la couronne impériale eurent une issue moins pacifique. Avant sa mort, Henri V avait convoqué près de lui les princes présents à la cour, sa femme Mathilde et son neveu Frédéric le Borgne, duc de Souabe, de la famille des Hohenstaufen, etil avait délibéré avec eux sur les destinées de l'empire. Il avait remis à sa femme les insignes de la royauté, en même temps qu'il confiait à son neveu ^ le soin de protéger la princesse

l'afTirmation do Gregorovius, Geschichte der Stadt Rom, t. iv, p. 390, et de Zop- Jl'el, Die Papst'.valili'ii, in-8, Gôttingen, 1871, p. 281, tandis que Bernhardi, Jahrbiiclier der deuf.sclien (ieschichte, Lotliar von Supplinhuig,heipz[g, 1879, p. 286, cl A. Hauek, Kirchengeschichte Deutschlands, Leipzig, 1903, t. iv, Die Hohenstnujenzeit, p. 128, sont d'un avis opposé. (H. L.)

1. Codice diplomatico e bollario di Onorio II, dans Liverani, Opère, édit. Maccrata, 1859, t. iv; Pandulfe, Vita Ilonorii, dans Watterich, Vitœ pontif. rom., t. II, p. 157-173 ; Bovo, Vi(a Honorii, dans Watterich, op. cit., Liber pontificalis, édit. Duchesne, 1892, t. ii, p. 327-328, 379. Honorius II, Lambert de Fagnano, bolonais, cardinal-évêque d'Ostie en 1117, pape le 15-16 décembre 1124, couronné le 21 décembre, mort le 14 février 1130. Cf. Baronius, Annal, eccles., ad ann. 1124, n. 7-1130, n. 1; cf. Pagi, Crilica, ad ann. 1124, n. 10-1130, n. 2 ; Bouquet, Recueil des historiens de la France, t. xv, p. vi-vii, 251-256 ; R. Ceillier, Histoire génér. des aut. ecc/e's. , 1758, t. xxii, p. 82-85; 2"^ édit., t. xiv, p. 251-256; G. CipoUa, Due epistole di papa Onorio II (1222-1223), dans Rendiconti delV Accademia dei Lincei,1891, série V, t. vi, p. 29S-'300;¥a.ntu7.zi, Scritt. Bologn., 1788-1794, t. vi, p. 184-188 ; t. IX, p. 160 ; ¥. Fita y Colonie, Bula incdila de Ilonorio II, dans Boletin de la Acad. de la historia, Madrid, 1885, t. vu, p. 335-346 ; Dos hulas inediias de Ilonorio II, dans même recueil, p. 414-423 ; Jafïé, Regesta pontifîcum romanorurn, t. i, ]>. 823-839 : t. ii, p. 715, 755 ; Koch, Vita Honorii II, in-8, Marburgi, 1735 ; P. L., t. cLxvi, col. 1213 ; Lôvvenfeld, dans Neues Archiv, 1886, t. xi, p. 595-596 ; Schindelhutte, }'ita Honorii II pontificis romani, in-8, Marburgi, 1735; K. J. C. Will, Renzo's Panegyricus auf Ileinricli I\', besonders mit Rûcksicht auf den Kirclienstreit zwischen Alexanderll und Honorius II und dos Concil zu Manlua kritisch beliandelt, in-8, Marburg, 1856; cf. A. Luchaire, Louis VI le Gros, Annales de sa vie et de son règne, 1081-1137 , in-8, Paris, 1890, Introd. p. cxxxviii sq. (H. L.)

2. Ekkehard, dans Alan. Germ. hist., Script., t. vi, p. 264 ; Ordéric Vital, dans Afonum. Germ. hist., Script., t. xx, p. 76; Les Annales Stadens., dans Mon.

et de veiller sur son héritage ; c'était le désigner indirectement comme son successeui'. Doué de grandes qualités, il se distinguait entre tous les princes de l'empire. Ses sentiments à l'égard de l'Église étaient connus et rassurants, car il avait toujours déploré les abus de la force commis par son oncle l'empereur. Néanmoins, il ctait loin de i)laire à tous les {)rinces, ([ui voyaient un ennemi dans tout compétiteur au trône et redoutaient d'autant plus Frédéric de Souabe (ju'il en était plus digne. Dix des plus hauts princes de l'empire, tant de l'ordre ecclésiastique que de l'ordre laïque, assistèrent aux funérailles de l'empereur à Spire ; parmi eux se trouvait Frédéric de Souabe. Ils se réunirent pour examiner la situation et préparer les voies à une élection utile. Par une lettre commune, ils invitèrent les autres princes de l'empire à se rendre à Mayence, le jour de Saint-Barthélémy (24 août 1125) pour procéder à l'élection d'un nouveau roi ^. A la tête des adversaires de Frédéric de Souabe se trouvait Adelbert, archevêque de Mayence, chargé du gouvernement intérieur de l'empire, soit qu'il eût reporté sur le neveu sa haine tenace contre Henri V, soit qu'il se méfiât des Hohenstaufen en ce qui concernait les choses de l'Eglise. Cependant, il conserva une attitude amicale et sut obtenir de l'impératrice, bien qu'elle subît l'influence du duc de Souabe ^, la remise des insignes de la royauté. Frédéric se croyait assuré de son élection. Les princes allemands, accompagnés d'une suite nombreuse, se rendirent à Mayence au jour fixé, avec deux légats du pape Honorius II (Gérard, plus tard Lucius II, et Romain ^). L'archevêque Adelbert, premier prince de l'empire et vicaire impérial, dirigea les délibérations. Le droit d'élection n'était pas alors le privilège d'un petit nombre de princes -électeurs, et surtout il n'était pas encore soumis à un

Genii. liist..Sciij)l., l. x\ i, j). 322, rapportant à lort que l'empereur mourant avait donné directement à Frédéric de Soviabe les insignes de la royauté. De mémo, la Chron. Ursp., dans Mon. Germ. hist., Saipl., t. xxiii, p. 331).

1. Ci. la lettre à Otton de Bamberg, dans le Cod. Udalrici, dans Jafïé,B^6Z. rer. Germ., t. v, p. 396.

2. Cf. les passages à l'appui dans Jaffé, Geschichte des deutschen Reiclics unler Lotliur dein Sachsen, Beilin, 18''i3, p> 27 ; W. Bernhardi, Lothar von Supplinbuig, Leipzig, 1879, p. 23.

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