‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 436 sur 505 · Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 487 sq · texte numérisé non relu

Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 487 sq

6. Mon. Ceint, hist., Script., l. vi, p. 770 ; Beruhaidi, op. cil., p. 582 sq.

Gl'i. CONCILES SOUS LE PAPE INNOCENT II 7( •?

était certaineinenL en possession de sa dignité et jiersonne ne la lui contestait. De même, Alexandre, évêque de Liège, fut accusé de simonie devant le concile de Pise. N'ayant pas comparu, malgré plusieurs citations précédentes, il fut déposé; mais cette mesure lui porta un coup fatal et il mourut le G juillet 11351.

E. Bernlieim a loul récemment découvert dans un nis. de Vienne, parmi les actes du concile de Pise de 140!), des reu- [4201 seigncments abrégés sur l'assemblée dont nous parlons 2. Quoique écrits au xv^ siècle, ces renseignements proviennent certainement d'un document contemporain. Le concile y est daté de l'année 1136 (comput Pisan), et le grand nombre de ses membres (encore la nomenclature est-elle incomplète) permet de conclure que ce fut un véritable concile général. Après avoir nommé 113 évèques et 13 abbés^ on ajoute : et aliorum abhaluin copiosa inuU titudo;\a. majorité des assistants appartenait à l'Italie septentrionale et centrale, mais il y avait aussi des évêques d'Espagne, de France, de Normandie et, d'Allemagne, ceux de Metz, Toul, Verdun, Spire et Worms.

A ce concile se rattache la lettre cclv de saint Bernard. Elle nous apprend que le roi de France Louis VI, mécontent du pape, voulut empêcher les évêques de son royaume de se rendre à Pise, mais les remontrances de Bernard le firent se désister de cette défense ^. «Si tu es mécontent de la sévérité du Saint- Siège à ton égard, lui dit-il, les agents français présents au concile s'emploieront à faire rapporter des mesures qui ne sont pas absolument nécessaires. Quant à moi, si j'ai quelque influence, je m'y emploierai certainement *. »

1. Jafîé, Geschichte des deutscheii Reichs unter Lothar dem Sachseii, Berlin, 1843, \). -09, 2C3; Beriihardi, op. cit., p. 580 sq.

'2. Beruheim, dans Zeitschrifl fur Kirchotrecltt, t. xvi, fasc. 1, p. 147 sq.

o. Le vrai motif de cette opposition du roi Louis le Gros était son niccon- Icntement de la bulle de condamnation lancée par le pape contre les perturbateurs de l'Eglise d'Orléans; cf. E. Vacandard, Vie dr saint Bernard, t. i, p. 369, n. 2. (II. L.)

4. Une bulle adressée à rarchcvèciuc de Dol, en date du 8 novembre 1134, nous apprend que l'ouverture du concile était fixée au jour de la Pentecôte, 26 mai 1135. Jaiïé, Reg. pont, rom., n. 5476; Boson, Fi/a innocfn/'/t //, dans Watterich, Vi^c-e pontif. roni., t. 11, p. 177. Sur la date du concile, cf. E. Vacandard, Saint Bernard et le schisme d'Anaclet II en Italie, dans la Revue des quest. histor., janv. 1889, p. 32, note 3. (H. L.)

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Erimud, abbé de Bonne val et second biographe de saint Bernard, raconte ^ que le saint assista au concile de Pise, où il reçut de grands lionneurs qu'on lui rendit; on ne décida rien sans prendre son uNis et la multitude de ceux qui voulaient le voir assiégeaient constamment sa ])orte. Rrnaud appelle le concile dr |*is(' nue assemblée magnœ gloriu; et remarque que des é\r([ut's ri des cl<M'(s {\r loiil l'Occident y ])rirent part 2. In ])assage de la Vita Innocenlil IJ, pm le cardinal B(»s(»n, s'accorde avec ce récit ; il rapporte ((ue « le concile se tint dans la cathédrale de Pise, en présence des évêques d'Espagne, de Gascogne, d'Angleterre, de France, de Bourgogne, d'Allemagne, de Hongrie, de Lombardie et de Toscane. On y déposa plusieurs évêques, entre autres Eustache de Valence, le titulaire d'Orange, Pierre de Terdona (Tortona en Italie), Hubert de Lucques, le titulaire de Bergame et Bojanus d'Arezzo ^. r- Mansi a prouvé que cette nomenclature est fautive en ce qui [Aon] concerne l'évcque de Luc([ues. Le manuscrit de Vienne cite un certain Hiihertus Taurinensis ; je suppose que, par suite d'une abréviation inexacte, on a changé Albertus en Huberius, et, comme il n'y a jamais eu d^ H uhertus Taurinensis, on a remplacé Taurinensis par Lucanus. Le motif de la déposition de cet évêque fut de s'être occupé exclusivement du service militaire en négligeant complètement les devoirs de sa charge, l)ieu <|ue son siège eût été vacant pendant cinq années. Parmi les autres évêques cités par Boson, notre ms. ne mentionne que ceux de Valence et d'Arezzo ; il dit que le premier fut déposé pour incontinence et le second })our dilapidation des biens de l'Église. Litard de Cambrai fut aussi déposé, comme nous l'avons dit ; l'évêque d'Acera le fut également pour s'être montré schismatique et parjure (il s'était déclaré ovivertement pour

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