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Ordonnance fréquente dans les conciles de cette époque

G 15. DIXIKME CONCILE ŒCUMENIQUE 733

inlionestum delestanduinque jlagilLuni ne ullenus fiai, onniunodis prohibemus, et sub pœna anathemis interdicimus.

Les prétendues nonnes ne doivent jnis habiter dans des maisons particulières.

27. Simili modo prohibemus, ne sanctimoniales siniul cum canonicis \'el monachis in ecclesia in uno choro conveniant ad psallendum.

l^es nonnes ne doivent pas venir au chœur avec les moines et les chanoines pour chanter les psaumes.

28. Obeuntibus sane episcopis, quoniain ultra très menses vacare ecclesias prohibent patrum sanctiones, sub anathemate interdicimus, ne canonici de sede episcopali ab electione episcoporum excludant religiosos viros, sed eorum consilio honesta et idonea persona in episcopum eligatur. Quod si exclusis ejusdem religiosis electio fuerit celebrata : quod absque eorum assensu et con<^>enientia factum fuerit, irritum habeatur et çacuum.

Comme les lois de l'Eglise défendent qu'après la mort d'un évêque, une église reste vacante plus de trois mois, nous ordonnons sous peine d'anathème que les chanoines de l'église cathédrale n'excluent pas, lors de l'élection, les i^:ros religiosos, cest-k-dire les moines et les chanoines réguliers. Bien plus, ils doivent prendre conseil près d'eux pour élire comme évêque un homme capable. L'élection faite sans leur concours sera nulle.

29. Artem autem illam mortiferam et Deo odibilem ballistariorum et sagittariorum adversus christianos et catholicos exerceri de csetero sub anathemate prohibemus.

L'art mortel et haï de Dieu des arbalétriers et des archers ne doit pas être employé contre les chrétiens et les catholiques, et cela, sous peine d'anathème ^.

30. Ad hœc, ordinationes factas a Petro Leonis et aliis schismaticis et hsereticis ei>acuainus, et irritas esse censemus.

Les ordinations faites par Pierlone (l'antipape) et par les autres schismatiques et hérétiques sont nulles de plein drrit.

Otton de Freisingen nous apprend que le concile de Latran s'occupa également d'Arnaud de Brescia ^. C'était un jeune clerc,

1. Allusion probable aux tournois dans lesquels on usait de ces sortes d'armes.

2. Arnaud était né à Brescia, à une date incertaine, mais plus probablement

plein d'ardeur et de talent, d'un esprit inquiet et d'une grande éloquence. Né à Brescia, dans les premières années du siècle, il s'était consacré de bonne heure au service de l'Eglise et, pour perfectionner son instruction théologique, il s'était ensuite rentiu en France, suivant la coutume de l'époque, et y avait eu pour maître [ii->j le célèbre Abélard. ('c ilernicr reconnut ([ue sou élève ])0ssédait

dans le dernier dccennium du xi'^ siècle. On lu bien gruLuilenieul eoniplé pai'uii les élèves d'Abclard, sur la foi d'Otton de Freisingen, dans Monum. Germ. Iiisf., Script., t. XX, p. ''i03, cf. le Ligurinus, dans P. L., t. ccxii,col. 369; cette opinion n'est fondée sur rien de solide. Comba, / nostri prolestanti, in-8, Firenze, 1875, t. I, p. 173. Le même Otton de Freisingen fait d'Arnaud un simple lecteur, tandis que l'auteur bien informé de Vllistoria pontificalis, dans Mon. Germ. hist., Script., t. XX, p. 537, assure qu'il fut prêtre, chanoine régulier et même prieur de son monastère.

Les doctrines d'Arnaud de Brescia obtinrent en peu de temps une vogue extraordinaire. Les contemporains ne lui ont ménagé ni l'admiration ni la sévérité. Otton de Freisingen le classe parmi les ingénia ad jahricandas hsereses scismalumquc perturbationes prona, et Vllistoria pontificalis lui attribue la fondation d'une secte (piœ adhuc dicitur hieresis Lumbardoriim et rappelle son excommunication lanquam Itsereticum ; cf. Moniim. Germ. hist., Script., t. xx, p. 403, 538, 537. Innocent II qualifie Abélard et Arnaud de perversi dogmalis fabricatores et catliolicce fîdei impugnatores. Baronius, Annales, aà aiui. 1140, n. 10. Eugène ITI le traite tantôt d'hérétique, tantôt de schismatique. Baronius, Annales, ad ann. 1148, n. 38 ; Martène et Durand, Amplissima collectio, t. ii, col. 554. Saint Bernard le malmène comme schismatique et sectateur d'Abélard, P. L., t. clxxxiii, col. 363; enfin, Hadrien IV le nomme hérétique; cf. Jalîé, Regesta, n. 10073. Quel fut donc l'enseignement d'Arnaud de Brescia ? Il signala les abus auxquels donnaient lieu trop souvent les biens ecclésiastiques. Jusqu'ici il ne sortait pas des limites de l'orthodoxie, et plusieurs de ses contemporains, dont la foi fui intacte, saint Bernard, entre autres, s'attaquèrent aux mênies maux. Mais Arnaud n'envisagea pis la (jucslion des biens d'église uniquement au point de vue disciplinaire. Il nia le principe du droit de propriété de l'Eglise. Toutes ses possessions temporelles, disait-il, appartiennent aux princes temporels ; le pape n'a pas à s'occuper du gouvernement de Rome ; évèques, clercs et moines ne peuvent rien posséder sous peine de damnation. Ceci déjà était plus grave.. Sans doute, la légitimité du droit de propriété de l'Eglise n'avait pas encore été l'objet de définitions très précises ; pourtant, elle était assez manifeste pour que ce langage d'Arnaud fût au moins téméraire. Arnaud alla plus loin. D'après lui, l'Église, corrompue dans la personne des clercs, des évêques,des cardinaux, presque tous simoniaques et avides de richesses, n'était plus la véritable Église et le pape n'était plus le viai pape : Ipsum papam non esse quod profiletur apostolicum virum et animarum pastorem... Dicebat quod sic apostoUcus est ut non aposlolorum doctrinam imitelur ad çitam, et ideo ei obedienliam et reverentiam non deberi. Historia pontificcdis , dans Monum. Germ. hist.. Script., t. xx, col. 538. Ainsi il n'y avait pas à obéir au pape et aux prélats prévaricateurs. Ce n'est pas

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