‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 452 sur 505 · DIXIÈME CONCILE ŒCUMENIQUE · texte numérisé non relu

DIXIÈME CONCILE ŒCUMENIQUE

un remarquable esprit de suite dans l'étude des saintes Ecritures et bientôt cet esprit ardent adopta les idées violentes émises au sujet de la querelle des investitures. Revenu dans sa patrie Arnaud fut ordonné prêtre, se fit chanoine régulier et se regarda comme chargé de combattre l'incontinence et la mondanité du

tout ; les fidèles ne devaient pas recevoir les sacrements des prêtres indignes, ni se confesser à eux, mais bien plutôt se confesser les uns aux autres : ,Vec dcbere illis populum delicla faleri, Sed magis aUeriitrutn nec eorum sumere sacra.

Cf. Archivio délia Socielà rornana di storia palria, 1878, t. i, p. Ti\. Fidèle à son principe, Arnaud refusa, au moment de mourir, de recevoir un prêtre et déclara qu'il ne voulait se confesser qu'au Christ. Ibid., p. 473. Celte fois, nous sommes en plein schisme et en pleine hérésie. En outre, Otton de Freisingen se fait l'écho d'un on-dil, qui attribuait à Arnaud des opinions blâmables sur l'euchtristie et le baptême des enfants. Monum. Germ. hisl., Script., t. xx, p. 'lO't. Comme on sait également qu'Arnaud fut condamné au deuxième concile œcuménique de Latran, Baronius, Annales, ad ann. 1139, n. 9, en conclut que le 25*^ canon du concile vise Arnaud en même temps que Pierre de Bruys. Ce n'est pas probable. Si Arnaud avait professé une hérésie relativement à l'eucharistie ou au baptême (si même il avait déjà poussé ses idées de réforme jusqu'aux limites qu'il atteignit plus tard), la sentence du concile aurait été plus rigoureuse, Arnaud n'aurait pas été laissé libre et saint Bernard n'aurait pas écrit seulement quc^ dans cette circonstance, Arnaud, occi/saius apud doviinum paparn schismate pessimo,natali solo pulsus est. P. L., t. clxxxii, col. 36'2. Saint Bernard appelle Arnaud inimicus critcis Chrisli. P. L., t. clxxxii, col. 363. S'il fallait prendre ces motsà lalettre, nous aurions un point de contact sûr entre Arnaud et le pétrobrusianisme. Mais il semble que leur sens est plutôt métaphorique. F. Vernet, dans Dictionn. de théoL, t. I, col. 1973-1974.

Historia pontificalis, dont lauteur est probablement Jean de Salisbury, dans Motiitm. Germ. Iiist., Script., t. xx, p. 537-538 : Otton de Freisingen, Gesta Friderici imperaloris, dans i^Ionitm. Germ. hist., Script., t. xx, p. 366-367, 403-404-, Gontier (de Paris), Ligurinus, vers 202-348, P. L., t. ccxii, col. 369-371 ; E. Monaci,6'es^tt per imperutorem Fredericum Barham Riibeam in partibus Lombardise et Italiœ, dans Archivio délia socielà romana di storia patria, 1878. t. i, p. 466-474; Gerhold de Reichersberg, De invesligatione Antechristi, dans MârgiXTiii de la Bigne, Bibliotheca Patrum, Paris, 1624, t. iv, b, col. 727-728; S. Bernard, Epist., cLxxxix, cxcii, cxcv, cxcvi, P.L., t. CLXXXII, col. 354-357, 358-359, 361-363, 363-364 ; la lettre de Wetzel et une autre lettre, peut-être rédigée par Arnaud, dans Martène et Durand, Veterum scriptorum et monumentorum historicorum ,dogmaticorum, moralium amplissima collectio, Paris, 1724, t. ii, col. 554-557, 399-400 ; Buonacorso di Milano, Vitœ hsereticorum, P. L., t. cciv, col. 791-792.

Apoteosi di Arnaldo da Brescia, dans Civiltà caltolica, 1882, série L, t. xi, p. 257-268 ; J. Benvicenni, Arnaldo da Brescia condannalo a morte per ordine di papa Adriano IV, in-16, Firenze, 1873; A. Bert, Essai sur Arnaud de Brescia, in-8. Genève, 1856; R. Bonghi, Arnaldo da Brescia, dans Nuova antologia, 1882, série II, t. xxxiv. p. 601-639 ; R. Broyer, Arnold von Bre.icia, dans Ilistor.

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clergé. Sur le premier point, il paraît, s'en être tenu aux idées de Grégoire VII, mais pour le second, vivement ému par la lutte des investitures, il alla plus loin que le pape Pascal II ; il se persuada que tout bien terrestre est nuisible au clergé et que tout clerc possédant (|uelque bien ne peut arriver au bonheur éternel. Tout appartenait à l'empereur et ne devait être donné par lui qu'aux laïques. A ces principes, qui devaient plaire aux laïques, Arnaud joignait l'ascétisme : ses sermons eurent un retentissement inouï parmi le peuple et amenèrent bientôt des disputes entre clercs et laïques, principalement à Brescia. Tandis que l'évèque de cette ville, Mainfred, était allé à Rome, Arnaud avait provoqué contre lui une telle opposition, qu'à son

Tafichciibucli, 1889, série VI, l. viii, ]•>. 123-178 ; G. de Castro, AnialJo du Brescia e la rwoluzione romana del xii secolo, studio, in-16, Livorno, 1875; cf. F. Bertolini, dans Archii>. stor. Italiano, 1875, série III, t. xxii, p. 282-291 ; R. Reuss, dans Rev. critique, 1876, II® série, t. i, p. 33-36 ; V. Clavel, Arnaud de Brescia et les Romains du xii^ siècle, in-8. Paris, 1868, cf. Revue critique, t. viii, p. 219-222 ; H. Franche, Arnold von Brescia und seine Zeit, nebst eineni Anhan^ iiber d. Stiflung d. Peraklet, in-8, Zurich, 1825, ; \V. Giesebrecht, Ueber Arnold von Brescia, dans Sitzungsberichte phil.-histor. Akademie d. Wissenschaflen, Mùnchen, 1873, t. m, p. 122-154 ; traduct. ilal. par F. Oderici, in-16, Brescia, 1877; G. B. Guadagnini, Dijesa di Arnoldo da Brescia, 2 vol. in-8, Pavia, 1790 ; G. Gucrzoni, Arnaldo da Brescia, secondo gli ultinii studi, dans Nuova antologia, 1871, t. XVIII, p. 723-754; G. Guibal, Artiaud de Brescia et les Uohensiaufen, ou la question du pouvoir temporel de la papauté au nioi/eii âge, in-8, Paris, 1868, cf. Rev. critique, 1869, t. vu, p. 8-12 ; A. Hausroth, Arnold von Brescia, dans Xeue Heidelberg Jahrbiicher, 1891, t. i, p. 72-144; J. D. Kœler, Dissertatio historica de Arnoldo Brixiensi, in-4, Gôltingen, 1842 ; Th. n. Liebenau, Arnold von Brescia und die Sch^veizer, in-8, Lucerna, 1885 ; C. Mafïre, Histoire populaire des réformateurs, t. V, Arnaud de Brescia, in-32, Paris, 1862 ; L. Mercantini, dans Rivista Sicula (Palermo), 1871, t. vi, p. 178-185; E. Mulas, Arnaldo da Brescia, dans Rivista europea, 1882, série II, t. xxix, p. 473-508 ; Muralori, Cenni storici di Arnaldo da Brescia tratti dalle opère, in-12, Brescia, 1877; G. B. NiccoHni, Arnaldo da Brescia, 1843 ; F. Oderici, Arnaldo da Brescia, ricerche istoriche, in-16 Brescia, 1862 ; G. Paolucci, L'idea di Arnaldo da Brescia nella riforma di Ronia, dans Rivista stor. Bal., 1887, l. iv, p. 669-684; G.B. Pianciani, dans Annali di se. relig., Modènc. 1844, t. xix, p. 374-416; Civiltà cattolica, 1851, t. iv, p. 35-49, 129-152; 1856-1875, t. v, p. 654-665; t. vi, p. 43-59; F. A. Quirin, Essai historique sur Arnaud de Brescia, in-8, Strasbourg, 1848; J. J. Schàlchlin, Arnoldvon Brescia, ein Vorkàmpfer und Vorlâufer der Reformation, seine Zeit und sein Leben, Wirken und Tod, in-8, Ziirich, 1872 ; II. Firenzc, 1884, Élude sur la vie et les doctrines d'Arnaud de Brescia, in-8, Montauban, 1861 ; Tocco, L'eresia nel medio evo, in-8, Firenze, 1884, p. 231-256 ; E. Vacandard, Arnaud de Brescia, dans Revue des questions historiques, 1884, t. xxxv, p. 52-114. Résumé dans Vie de saint Bernard, in-8, Paris, 1895, l. n, p. 235-259. (H. T..)

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rcluur, c'est à peine s'il puL enlrer dans lu\ ille. Aussi l'évèque cl les clercs de Brescia le dénoncèrent-ils au concile do Tjatran de 1130, comme perturbateur. Après enquête, le pape lui retira sa char^fe. lui interdit la prédication et le sol de l'Italie, où on lui lit ])r()n\ellre de ne jamais revenir sans autorisation. On voil (ju'Aiiiauil n'avait encore professé aucune hérésie proprement dite : sinon, la sentence eût été tout autre. Mais il côtoyait l'hérésie et il ne tarda pas à franchir la limite, lorsqu'il présenta la défense pour l'Église de posséder des biens, non plus seulement comme une mesure disciplinaire, mais un véritable dogme positif. Lorsqu'Otton de Freisingen lui attribue des erreurs formelles sur l'eucharistie et le baptême des enfants, ce ne peut cire que par suite d'une confusion avec les pétrobrusiens condamnés par le concile de Latran. Du reste, Otton ne formule ces erreurs que comme des racontars [dicitur non sane sensisse). Sur ces entrefaites, Arnaud vint en France retrouver son maître 14441 Abélard ^, alors engagé dans une violente discussion avec saint Bernard : Arnaud prit ouvertement son parti et entra ainsi en conflit avec l'abbé de Clairvaux '^.

D'après le récit d'Onofrio Panvinio ^, le concile publia une ordonnance attribuant aux seuls cardinaux le soin de procéder à l'élection des papes; le reliquus clerus et populus perdit le droit de participation qui lui avait été reconnu, quoique avec des restrictions, par le décret de Nicolas II. Grauert qui, si je suis bien renseigné, a déjà fait connaître cette opinion de Panvinio '*, la considère comme dénuée de tout fondement; il a tort, à mon avis c3lt un argumentum ex silentio dans Graùen ne sufïit pas pour refuser d'admettre un renseignement des plus vraisemblables. Gratien^, a vaitde sérieux motifs de ne pas mentionner le décret dont nous parlonsetde s'en rapporter exclusivement à l'ordonnance de Nicolas II,

1. Il ne fut probablement jamais l'élève d'Abélard; cf. Comba, / noslri pro- Icsianli, in-8, Firenze, 1895, t. i, p. 173.

2. Otton de Freisingen, De gestis Frider., lib. II, c. xx, dans Mon. Germ. hi.st., Script., l. XX, p. 403; Histor. ponfif., c. xxxi, dans Mo/i. Germ. Iiisl., Scripl., t. xx, p. 537; Mansi, op. cil., t. xxi, col. 536 sq. ; Hardouin, op. cit., t. vi, part. 2, col. 1215; Colcti, Concilia, t. xii, col. 1510; S. Bernard, E}>., cxcv; Giescbrecht, .4rnoW i-oii Brescia, dans les S ilziin gsberichte . . . philos. -philolog. und Iiisl., 1873, p. 122 sq.

3. Dans son ouvrage : De origine cardinalium, édit. A. Mai, Spicileg. roman., l. IX, p. 495, et dans la Mla Innocentii //, dans Platina, Cologne, 1G26, p. 186.

4. Gurrcsgesellschaft, 1. 1, 1880, p. 595, Ein angehliches PapsUvahlgcselz, von 1139.

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