Gestu Friderici, 1. I, c. xxviii
o. C. XXXII, dans Mon. Germ. hi.sl., Script., t. xx, p. 338-
Ci:i. DIXIÈME CONCILE ŒCUMENIQUE 741
])ar les villes Uuiihardes, peiidanl les luttes entre le pape et l'empereiir, fut l'idéal des Romains et les prédications d'Arnaud de Brescia contre le pouvoir temporel du clergé leur offrirent une base doctrinale très commode pour dépouiller le pape. Celui-ci pria, supplia, avertit, mais en vain ^.
Depuis que l'impératrice Mathilde, veuve de l'empereur Henri V et fille d'Henri P^, roi d'Anoleterre, avait élevé des prétentions sur le li'ùue de son père, plusieurs grands de ce royaume avaient [446] senti vaciller leur fidélité au roi Etienne et d'autres étaient soupçonnés de faire secrètement cause commune avec elle. Tel était le cas de Roger, évéque de Salisbury, qui, preinier ministre du feu roi, a^ail acquis ])lusieurs châteaux forts et de grandes richesses "^, excitant ainsi contre lui la jalousie des grands du royaume. Ceux-ci persuadèrent au roi que Roger n'attendait que l'arrivée de l'impératrice en Angleterre, pour se déclarer en sa faveur, avec ses nombreux soldats et ses solides forteresses bien approvisionnées. Les deux neveux de Roger, Alexandre, évêque de Lincoln, et Nigel, évêque d' Ely, étaient également soupçonnés de trahison ; ces prélats eurent beau déployer un grand zèle pour la cause d'Etienne, le roi conspira leur perte et résokit de s'en prendre au clergé, oubliant le secours qu'il en avait reçu pour arriver au trône. La diète célébrée à Oxford, le 24 juin 1139, lui fournit une occasion de réaliser son projet ^. TjCs gens de l'évcque de Salisbury ayant eu une querelle avec les serviteurs de deux comtes au sujet du logement, le roi fit emprisonner l'évcque, sous prétexte cfu'il avait troublé la paix dans le camp royal et commis ainsi vin crime de lèse-majesté. Il s'empara aussi de son neveu, Alexandre de Lincoln, mais l'évêque d'Ély parvint à s'enfuir à Devizes. C'était une très forte citadelle de son oncle, commandée par Mathilde de Ramesbury, ([ui avait eu de l'évêque Roger un fils devenu chancelier royal. Le roi vint assiéger Devizes et fit traîner à sa suite ce chancelier et les deux évêques prisonniers, menaçant le
1. ralcon de Bénévent, dans Wattoiicli, ^'ilee pontij. rom., l. ii, p. 25o sq. ; Otton de Freisingen, Chroii., 1. VII, c. xxvii.
2. Ces forteresses étaient nécessaires aux évèqiics pour se défendre contre le brigandage, qui sévissait alors en Angleterre d'une manière inouïe ; cf. Lappenberg, Gesch. von England, t. ii, p. 325, 328.