‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 456 sur 505 · Abélardet le concile de Sens en · texte numérisé non relu

Abélardet le concile de Sens en

Peu après sa première condamnation au concile de Soissons, Abélard avait pu revenir à Saint-Denis. Ayant lu, dans les commentaires du vénérable Bède sur les Actes des apôtres, que l'Évangile avait été apporté en France, non par Denis l'Aréopagite, mais par Denis, évoque de Corinthe (vers l'an 160 après Jésus- Christ), il fit connaître aux autres moines du monastère ce passage, où une part de vérité se trouve mêlée à des erreurs ^. Les moines furent naturellement très irrités contre le vénérable Bède " et en appelèrent à la biographie de saint Denis écrite au début du ix^ siècle par leur célèbre abbé Hilduin, Abélard déclara préférer s'en rapporter à l'autorité de Bède, vénéré dans l'Eglise entière, et souleva une telle tempête que l'abbé Adam proféra contre lui les plus terribles menaces et l'accusa d'attenter à l'honneur du royaume de France tout entier, ce qu'il fallait sans délai faire connaître au roi ^. La nuit suivante, Abélard prit la fuite et se réfugia d'abord auprès de Thibaud, comte de Champagne, puis au monastère de Saint- Aigulf (près de Troyes), dont le prieur était son ami, Quelcfue temps après, l'abbé de Saint-Denis ayant fait au comte Thibaud une visite d'affaires, Abélard en profita pour demander sa libération définitive du monastère de Saint-Denis. L'abbé s'y refusa; mais, comme il mourut quelques jours après *, son successeur, le célèbre Suger (1123), accéda à la prière d' Abélard, à condition qu'il n'irait dans aucun autre monastère (aucun ne pouvant avoir la préférence sur Saint-Denis) et se retirerait dans la solitude. Abélard choisit alors un lieu désert au diocèse de Troyes, près

1. Voilà une phrase qui ne risquerait pas de compromettre Hefele avec la criliquc. Aujourd'hui, après bien des combats, il se trouve que Bède est tout près de la vérité. (H. L.)

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