‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 457 sur 505 · Un confrère. (H. L · texte numérisé non relu

Un confrère. (H. L

.3. On se demande, en vérité, par quel biais il était possible d'intéresser l'honneur du royaume de France en pareille affaire; mais il y avait, au moyen âge, des gens pour obtenir ce résultat ; de nos jours, il y en a eu, dit-on, quelques-uns. (H. L.)

^1. Adam moiinil \r 19 féviicr 1122; cf. LiK-haire, Lnui.s 17 le Croa, p. l'iT). '11. L.^.

de Nogeul, qu'il avait visité jadis ^ Quelciiies amis lui donnèrent de l'argent et du U'iiain, et, avec la permission de l'évêque de Troyes, il se bâlit une petite chapelle couverte de paille et de roseaux. Un seul clerc formait toute sa société. Mais lorsque sa retraite fui connue, les étudiants accoururent de divers pays et se firent des cellules dans le voisinage de la sienne; ils échangèrent leur lahlo c()])ieusc d'autrefois pour le pain et les plantes agrestes, leurs lits moelleux pour des couchettes de paille, et ressemblèrent |iliilnl à des ermites qu'à des étudiants. Abélard ouvrit alors une école et ses jeunes amis pourvurent à sa subsistance, à la culture des champs et aux frais des nouveaux bâtiments. L'oratoire étant tr(i|) petit, ils en érigèrent un plus grand et plus beau, de pierre et de bois ; Abélard lui donna le nom de Paraclet, en souvenir des consolations qu'il y trouva. Beaucoup blâmèrent ce titre, ])arce qu'alors on n'avait pas encore l'habitude de dédier des églises au Saint- Esprit : on les dédiait à la Trinité ou au Fils. Abélard remarqua à ce sujet qu'on pouvait appeler la Trinité tout entière le Cohso/aieur, de même qu'on appelle les trois personnes le Seigneur. «Tandis que ma renommée, raconte Abélard, se propageait de toutes parts, mes anciens ennemis, sentant qu'ils perdaient du terrain, excitèrent contre moi de nouveaux apôtres, un chanoine régulier et un moine, qui parcoururent le monde entier en prêchant et en me noircissant sans pvideur. Ils m'enlevèrent toute estime auprès de mes supérieurs ecclésiastiques et laïques et me ravirent mes meilleurs amis. Dieu m'en est témoin, chaque fois que j'entendais parler d'un concile, je craignais d'y être condamné ... et je désirais souvent me réfugier chez les païens, afin d'y pouvoir vivre d'une manière chrétienne. » Abélard fait ici allusion à saint Norbert et à saint Bernard ; mais sans doute la mémoire lui fait défaut en ce qui concerne saint Bernard ; car, des propres explications de celui-ci ^ et d'une phrase de Guillaume de Saint- Thierry, il résvilte que l'abbé de Clairvaux ne s'occupa de cette affaire que beaucoup plus tard, peu de temps avant le concile de Sens, et non dès les années 1123-1125 ^.

Page 1