‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 46 sur 505 · G9. VASTE PLAN DE GREGOIRE VII · texte numérisé non relu

G9. VASTE PLAN DE GREGOIRE VII

Guibeil de Uavennc ; puis la comtesse MalhiKIe, le prince Gisolfc lie Salerne et le marquis Azzon ^. Une lettre de Grégoire à l'évcque Guillaume de Pavie et une autre à Béatrice et à Matliilde nous apprennent (ju'ou ])orla une plainte au concile contre le marquis Azzon. Celui-ci a\ait épousé sa parente la sœur de l'évèque Guillaume ; il devait en répondre devant le concile. Mais il sollicita un délai et réclama un nouvel examen, auquel il })romettait di; se soumettre aussitôt (jue le })apc l'y inviterait. Grégoire invita donc, le 17 mars, les évcques de l'a\ic cl de Modène, au courant de la question, à se rendre à Rome aussitôt ({ue i)ossil)le avec le marquis Azzon -.

Les lettres du pape pendant la durée du synode, peuvent nous scr\ il' pour reconstruire l'histoire de cette assemblée. Le L4 mars 1074, lettre à Arald, abbé de Saint-Sever (province ecclésiastique d'Auch). ([ui. nonobstant Tinvitation du légat Gérald d'Ostie, n'était pas venu exposer au synode ses prétentions sur l'église de Sainte-Marie. Le synode l'avait adjugée à Sainte-Croix de Bordeaux ; s'il avait des objections à faire à cette sentence, il devait se rendre à Rome avec l'abbé de Sainte-Croix, pour la fête de la Toussaint ^.

Une autre lettre aux chanoines de Saint- Hilaire prouve qu'il s'était élevé, entre eux et les chanoines de la cathédrale de Poitiers,

en 1074, autorisait difTicilement. Un i utre témoignage nous montre combien cette idée de croisade lut alors répandue. L'arclievcque de Salerne, dans une pièce de vers adressée au ircre de Gisolfe, Gui, lui dit :

Quam cuperem passes poteris pulo Cœsar ut orheni

Constanlinopolis siibdere régna tibi.

Jamque va/c, sed ab Jtis i\bus desistere noli Evigilet studium grœca Irophxa tuum. Mais, avant toute chose, Grégoire VIT devait en linii- avec les Normands qui étaient le principal obstacle à la réalisation de son projet. Au mois de mars de l'année 1074, le synode, auciucl assistèrent Gisolfe prince de Salerne, Azzon marquis d'Esté, Matliilde, conilessc de Toscane, décida une grande expédition contre les comtes de Bagnorea et contre les Normands. » Le mois de juin fut fixé comme date de rassemblement de l'armée. Cf. F. Chalandon, Histoire de la domination normande en Italie et en Sicile, t. i, p. 235-237.

1. .Jafîé, op. cit., p. 659 ; Watterich, Vitx pontif. rom., t. i, p. 312.

2. .Jidïé, op. c(7., p. 7G, 123 ; JMpiisi, o/;. cit., col. 105, 135 ; llardoiiiu, op. cit., col. 1239, 1270.

3. Il s'agit de Sainte-Marie à Soulac, Registriim, 1. I, n. 51 ; Mon.Gregor., p. 71 ; Hcg. pont, rom., n. 4828 ; Soulac, arrondissement de Lesparre, Gironde. (11. L.)

un conflit qui fut soumis au concile. Les chanoines de la cathédrale prétendaient que, lorsqu'ils visitaient en procession le couvent de Saint- Hilaire, leur évêque, ou en son absence le doyen, avait le droit d'y célébrer l'oflice divin, droit que leur constestaient les chanoines du couvenl. Le synode porta une décision favorable [27] aux chanoines de la cathédrale, alléguant que cette pratique existait dans les processions romaines et presque partout ^.

On i)ourrait conclure d'une lettre de Gréooire aux rois d'Ara<ron. de Léon cL de Castille ^, (jue noire concile s'occupa de faire admettre la liturgie romaine })ar les églises d'Espagne. Baronius le croit ^. C'est, en clîet, très probable, car les légats espagnols

1. Jieifialriuii, 1. J, 11. G'i; Mun.Gregor., p. 74; Re^enla iioiilij. vont., 11. 4831.(11. L.)

2. Celle lelUe est du 1D mars, elle est adressée à Alphonse de Léon et à Saiielic de Caslille, Rc^islruiii, I. 1, 11. 64 ; Moinim. Grc^or., p. 83 ; Re^esla poiitif. roin., n. 4840. (H. L.)

3. Baronius, Annales, ad ami. 1074, n. 44 ; Pagi, Ciilica, 18G9, ad ann. 1074, n. 10. Toute cette afTairc de l'abrogation du rite mozarabe et de la substitution du rite romain en Espagne est traitée en grand détail par H. Florez, Eapana sw^iada, 2^ édit., in-8, Madrid, 175'i, t. m, p. ^'J'i. Nous en avons déjà parlé à l'occasion du concile de Leyre, en 10G8. Ni à Leyre ni en aucune aulre partie de la Navarre, rien ne fut décrété relativement au changement du rile pendant l'année 1068. Aucun changement n'a eu lieu ei» cette province avant 1074, comme on le voit par la lettre de Grégoire VII aux rois de Léon et de Castille. Regislrum, 1. I, n. 64; Mon. Gregor., p. 83 ; Regesta, n. 4840; Florez, op. cit., p. 400-401, et celle du lendemain 20 mars à Sanchc d'Aragon, Regis/iKin, 1. I, n. 63, Mon. Gregor., p. 82 ; Regesta, n. 4841, Florez, op. cil., p. 297-298. Por tanfo desde este afio 1076 en adelante, cstcndio el Reij de Aragon el oficio romane [praticado en su rcijiio) a la parle del reyno de Navarra, de que se a podero f et pour l'Aragon, voir p. 294-304. (H. L.)

Note sur un concile romain (en 1074 ?] Le document que nous allons transcrire appartient à l'un des conciles tenus parle pape Grégoire VII, on ignore lequel ; Friedberg opine pour l'année 1074 ; on n'a guère de quoi le conlirmcr ni de quoi le contredire. Le texte se trouve dans le ms. Vatic. lat. 629 et il a été signalé par Montfaucon, dans sa Rihliotheca hihliothecarum mss. comme une Régula cancndi Gregorii pupvp. Il s'agit, en réalité, de tout autre chose. La confusion vient de l'inlerprétation du mot can. qui doit s'entendre non de chant, mais de chanoines ; la diJïérencc est grande. Le ms. 6'i9 a été décrit par L. Duchesnc, Liber pontificalis, Introd., t. i, p. clxviii comme une Régula canonica Gregorii IIII papiv. En regardant de plus piès D. G. Morin a pu constater qu'il s'agit non de Grégoire IV, mais de Grégoire VIL Nous transcrivons ici une partie de la note et le texte qu'il a donnés sous le titre de : Règlements inédits du pape Grégoire VII pour les chanoines réguliers, dans la Revue bénédictine, 1901, t. xviii, p. 177-183.

« Bien avant d'être pape, Grégoire VII avait manifesté, en une occasion solennelle, son zèle pour le rétablissement de la discipline canoniale. Dans un synode

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