Ibid., cxciîi, cccxxxi, cccxxxii
G. Pagi, Crilica, ad ann. 1140, n. 7 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1534 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxi, col. 567. L'cvèché de Tournai ne fut distinct de celui de Noyoa qu'en 1140. (II. L.)
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les enfants et les simples, on dispute sur la sainte Trinité et on émet bien des propositions absurdes ou contraires à la foi catho. lique. On s'appuie surtout en cela sur maître Pierre Abélard, sur son ouvrage De theologia et ses autres livres. Cet état de choses nous a émus et plusieurs avec nous. Le seigneur abbé de Clairvaux, averti de cette situation et ayant examiné cet écrit et les aiitres productions d'Abélard qu'il a pu se procurer, a d'abord visité en secret Abélard, puis il est revenu avec quelques témoins et lui a demandé amicalement de faire sortir ses élèves d'une voie funeste et de corriger ses livres. Il engagea également plusieurs disciples d'Abélard à rejeter les livres empoisonnés et à se garder d'un enseignement contraire à la foi. Maître Pierre (Abélard), très mécontent, nous demanda à plusieurs reprises de citer à Sens, pour le jour de l'octave de la Pentecôte (2 juin 1141) ^, l'abbé de Clairvaux, afin que lui-même pût venir au rendez-vous et y exposer sa défense. L'abbé ne voulait pas ; mais enfin, inspiré par le feu du Saint-Esprit, il accéda à cette demande... Au jour fixé se trouvèrent réunis à Sens Louis VII, roi de France, Guillaume, comte de Nevers '^, le seigneur archevêque de Reims avec plusieurs de ses sufîragants, nous-même avec tous nos sufîragants, sauf les évêques de Paris et de Nevers ; en outre^ beaucoup d'abbés et de savants clercs, et enfin l'abbé de Clairvaux et maître Pierre avec ses partisans '■^. Lorsque le seigneur abbé r45gi eut présenté le livre de théologie écrit par Abélard et les propositions absurdes et môme hérétiques qu'il y avait notées, afin que. si maître Pierre les reconnaissait comme siennes, il pût les défen-
1. En opposition avec l'opinion généralement admise et concernant la date du concile. Dcutsch, op. cil., p. 50 sq., s'est efforcé de défendre les données d'IIcnschens, /Ic/asancf., février, t. m, 196, en y ajoutant des arguments spécieux, d'après lesquels notre concile aurait été célébré le lundi après la Trinité (26 mai 1141).
2. Otlon de Freisingen nomme également ïhibaud, comte de Champagne» Gesta Fridei:, I, 48.
3. Coll. regia, t. xxvii, col. 141 ; Labbe, Concilia, t. x, col. 1018-1024 ; Hardouin, Conc. coll., l. vi, part. 2, col. 1219 ; Coleti, Concilia, t. xii, col. 1527 ; Mansi, Co?ic. ampliss. coll., t. yiKi, col. 559 ; Concilia, Supplem., t. ii, col. 437 ; Duru, Bibl. hist. Yonne, 1863, t. ii, p. 599-600; S. M. Deutsch, Die Synode von Sens 1141 und die Verwiheilung Abâlards, eine kirchengeschichllicJie Uniersuchung, in-8, Berlin, 1880 ; E. Vacandard, La date du concile de Sens, 1140, dans la Revue des questions historiques, ld>9\ , t. vi, p. 235-245 ; Le même, Fie de sam^ Bernard, in-8, Paris, 1895, t. ii; AViihelm Mayer, Die Anklagesàtze des heil. Bernard gegen Ahœlard, dans JSachrichten der kun. Gesellschaft der Wissenschaften zu Gôltingen, philolog.-hisl. Klasse, 1898, fasc. 4, p. 420. (H. L.)