S. Bernard, ii/jtA?., cccxxxvii
3. Mabillon pense à tort que la lettre de l'archevêque de Sens, dont il est ici question, n'est autre que la grande lettre, ou plutôt le traité de saint Bernard il uni nous parlerons à la suite de ce paragraphe.
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suc les sympathies qu'Abélard a rencontrées à Runie, résume l'histoire du concile de Sens et se termine par cette phrase :« Nous sommes allés aussi loin que possible dans cette alTaire ; c'est maintenant à toi à veiller pour que, sous ton pontificat, l'Église ne soit pas souillée par une hérésie. Tu as en garde la fiancée du Christ, ton devoir est donc de veiller sur sa chasteté^. »
Bernard écrivit encore, en son propre nom, toute une série de Ici 1res, tant au ])ape qu'aux cardinaux, et les envoya à Rome par son confident et secrétaire, le moine Nicolas, chargé de compléter de vive voix son rapport. En tête de ces lettres, se trouve celle adressée au pape, elle porte le n° clxxxix ; c'est un document très . important pour l'histoire de ces discussions. (c J'étais insensé, dit-il, d'espérer le repos après que la rage léonienne (le schisme de Pierleone) aurait pris fin. Elle n'est plus, mais le repos n'est pas encore. J'oubliais que nous sommes dans une vallée de larmes... Lorsque quelques épines se sont érnoussées, il en pousse d'autres... Nous en avons fini avec un lion (l'antipape), il nous faut maintenant lutter avec un dragon qui n'est pas moins nuisible dans sa retraite cachée que l'autre sur la hauteur où il rvigissait. Du reste, il n'est plus dans une retraite ; plût à Dieu t[ue ces feuilles empoisonnées fussent encore dans des cassettes et ne fussent pas lues jusque dans les rues. Mais des ailes ont poussé à ses livres... Ils sont allés d'un peuple à l'autre et d'un royaume à un autre royaume. Un nouvel évangile est divulgué aux nations, une nouvelle foi leur est portée, on établit maintenant un autre fondement. On ne discute plus sur les vices et les vertus, en se plaçant au point de vue de la morale ; sur les sacrements, en se plaçant au point de vue de la foi ; sur le mystère de la sainte Trinité, en se plaçant au point de vue orthodoxe ... Voici Goliath qui s'avance avec un apparat militaire et, devant lui Arnaud de Brescia porte ses armes. L'écaillé s'unit à l'écaillé, l'abeille française bourdonne autour de l'abeille italienne ^, et elles s'unissent contre le Seigneur et contre son Christ ... Quant à la nourriture et au vêtement, ils ont les dehors de la piété sans en avoir la réalité, et ils trompent beaucoup de monde, parce qu'ils semblent être des anges de lumière, tandis qu'ils sont des esprits de ténèbres ... Afin de rabaisser la doctrine de l'Eglise, ce Goliath donne aux philosophes de grandes louanges et place leurs décou-