‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 464 sur 505 · AUÉLARD ET I.K CONCILE DE SENS · texte numérisé non relu

AUÉLARD ET I.K CONCILE DE SENS

vertes et ses propres nouveautés hien au-dessus de la doctrine des Pères catholiques et de la foi. Comme tous fuyaient devant lui, il m'a provoqué, moi le plus faible de tous, à un combat singulier. Sur sa demande, l'archevêque de Sens m'a écrit et m'a indique [4001 le jour où nous pourrions nous rencontrer, afin qu'Abélard défendît les propositions que j'avais incriminées dans ces écrits. Je voulais tout d'abord me récuser, parce que depuis son enfance il est accoutumé à argumenter, comme Goliath l'était à porter les armes, tandis que je n'étais qu'un enfant auprès de lui; de plus, il me paraissait messéant ([ue hi cause de la foi. qui a une base inébranlable, fût défendue par les faibles arguments d'un homme. Je disais que ses écrits suffisaient pour ([u'on le mît en accusation, que ce procès ne me regardait pas et relevait plutôt des évêqvies, chargés de juger les questions de doctrine. Mais Abélard s'obstina d'autant plus dans sa demande, réunit ses amis, écrivit contre moi à ses disciples et fit savoir partout qu'il me répondrait au jour indiqué. Tovxt d'abord je ne m'en souciai guère, mais je finis par céder, sur le conseil de mes amis, qui me représentaient qu'en ne paraissant pas, je scandaliserais les fidèles et que mon adversaire n'en aurait que plus de jactance. J'arrivai donc au rendez-vous sans préparation, me confiant en la parole du Seigneur : « Ne soyez pas préoccupé de ce que « vous devrez répondre ; le moment venu, il vous sera indiqué ce « que vous aurez à dire^.» Outre les évêques et les abbés, vinrent en très grand nombre des clercs, des maîtres placés à la tête d'écoles et des clercs distingués par leur science. Le roi même était présent. Lorsque tous furent réunis, mon adversaire se trouvant en face de moi, on lut quelques chapitres (passages) extraits de ses écrits. Mais aussitôt, il ne voulut plus rien entendre et déclara en appeler, récusant les juges cju'il avait lui-même choisis, ce qui me parut tout à fait illégal. Ces chapitres furent examinés par tous les assistants et trouvés contraires à la foi et à la vérité. Voilà pour ce qui me concerne. C'est à toi maintenant, successeur de Pierre, à décider si celui qui renie la foi de Pierre peut trouver asile auprès du Saint-Siège. Toi, l'ami de l'époux, tu dois veiller à ce que l'épouse ne soit pas molestée par des lèvres méchantes et une langue trompeuse. Pour parler phis clairement, ô mon maître, tu dois. Père bien-aimé, être vigilant pour toi-même et pour la grâce de Dieu qui est en toi. Si petit que tu fusses à

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