‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 471 sur 505 · I. II, |i · texte numérisé non relu

I. II, |i

<i. //"■'/., l. II, p. 1,S.

qui n'ouvre pas la porte ^. » Il ajoute avec saint Augustin: Quid prodest locutionis integritas, quam non sequitur intellectus audien' tis^ ? Quant à l'objection : « Il n'est pas possible de comprendre adéquatement les dogmes, » elle n'est pas soutenaljle ; car a) quoif[iie la Trinité ne puisse pas être comprise, beaucoup de Pères n'en ont pas moins écrit des traités sur ce sujet ^; et b) cognoscere est (lilTrrciit de intelli gère. Cognoscere, aioule Abélard, s'applique uniquement à ce que je vois dans ce moment-ci ; intelligere * s'applique au contraire aux in^'isibilia. 11 n'y a que l'orgueilleux qui dise : Primo uideam et sic credam^. Celui qui reste persuadé que, dans cette vie, on ne peut pas intelligere ce qui est dit (révélé) sur la Trinité, tombe dans l'erreur de Montan, lequel soutenait que les prophètes avaient parlé dans une extase, sans se rendre compte de ce qu'ils disaient ^. Pour comprendre ce que la foi nous présente, la piété est également nécessaire. Si cupiunt Deuni intelligere, velint ad intelligentiam se bene vivendo prœparare '^. Et : Cum auditur [aliquid) de Deo, quod non intelli gitur , excitât audiiorem ad inquisitionem, inquisitio vero facile intelligentiam parit, si devotio adsit, cui se Deus reçelare dignatur ^.

Enfin, d'après Abélard, la troisième fonction de la raison dans les choses de la loi est de défendre contre les hérétiques, etc., toutes les vérités de la foi. Il ne faut pas, dit-il, prêter l'oreille à ceux qui -fidemrationibus vel astruendam vel defendendam esse dene gant ^. Saint Grégoire le Grand dit avec beaucoup de justesse : In his praecipue, quseDei sunt, ratione magis constringere homines, quam auctoritate festinamus ^^. A ceux qui doutaient de la résurrection de la chair, Grégoire cherchait à la démontrer, congruis rerum exemplis i^el similitudinibus ratiocinando astruere ^^. Saint Pierre dit à son tour : « Rends raison de ta foi i^. » Aussi Abélard voulait-il se servir des

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