‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 49 sur 505 · VASTE PLAN DE GKKGOIRE VII · texte numérisé non relu

VASTE PLAN DE GKKGOIRE VII

de Die ^, et par la Chronique de Hugues de Flavigny -, que pendant ce concile, c'est-à-dire le 1(3 mars lOV-'i, le pape Grégoire sacra Hugues, (pii Nenait d'(Mre élu évèque tir Die (près de Vienne), et le nomma son légat en France jiour faire exécuter le décret contre la simonie -K Le même chroniqueur nous a conservé une circulaire du pape aux é\èques français, leur rappelant la levée de l'impôt (fu'ils oui à payer à la chambre pontificale.

Les nouveaux décrets devaient être annoncés dans les autres provinces et royaumes, comme ré\'è({ue de Die devait le faire en France, et Lamberl de lleisfeld nous assure, en ])articulier, que le pap(; envoya aux é\ r([ues d'Allemagne, de nombreuses lettres pour les engager « à briseï- par un anathème éternel les rapporis des clercs avec des femmes ^. » En même temps, le pape envoya en Allemagne l'ambassade

1. Regislruin, I. I, u. G'J ; Moiiunt. Gregor., p. 87 ; Rege.sla, u. '*S'iS. (H. L.)

2. Maiisi, Conc. ampliss. coll., t. xx, col. 112; Haidouin, op. cit., t. vi. part. 1, col. 1247 ; Mon. Germ. hist., Script., t. viii, p. 412; Jafîé, Motiiun. Gregor., p. 526.

3. « Depuis son avènement au siège de saint Pierre, éciit Luchaire, Les premiers Capétiens, p. 211, Grégoire VII ne parut plus en France, mais il fut présent par ses lettres, ses décrets, ses conciles, ses moines, et surtout par ses légats. Ces pei^sonnages investis d'un pouvoir discrétionnaire, ont tenu leur rôle avec une conviction, une vigueur, une rapidité de mouvement, un mépris du danger Lieu faits pour intimider les adversaires et surprendre les indilïérents. Presque tous étaient doriirinc monastique, clunistes ou imprégnés de l'esprit clunisien, cardinaux en service détaché, ou pourvus en France d'un siège épiscopal ou d'une légation permanente : Pierre Damien, Hugues de Die, Amat d Oloron, Lambert d'Arras, Matthieu d Albano, Conon de Préneste. » Hugues, un des plus énergiques parmi ces hommes d'énergie à outrance, élu évêque de Die 19 oct. 1073; sacré à Rome 9 mars 1074 ; archevêque de Lyon en 1082, meurt à Suze le 7 oct. 1106 ; D. Brial, dans Recueil des hist. de la France, 1806, t. xiv, p. cxi, 776-777 ; Ceillier, Ilist. des auteurs etclés., 1757, t. xxi, p. 243-254 ; 2^ édit., t. xiii, p. 589-595; .T. Chevalier, Recherches historiques sur Hugues, é<^'èque de Die, légat du pape saint Grégoire VU, in-8, Montélimar; 1880, Colonia; Histoire de Lyon, 1730, t. ii, p. 196-198, 203-229: Ch. Fierville, dans .Xotices et extraits des manuscrits, 1884, t. XXXI, part. 1. p. 121, l'i 1-143 ; B. llauréau, dans yourelle biographie générale, 1858, 1. XXV, p. 429-432 ; Rivet, Histoire littéraire de la France, 1750, t. ix, p. 301-328 ; F. Liebermann, dans Hijitorische Au/scitze G. W'ailz gcA'uiniel, 1886, p. 156-203 ; \V. Meus, Zur Légation des Bischof s Hugo von Die unler Gregor \ II, in-8, Greifswald, 1887; Cypr. Perrossier, dans le Bull. soc. arch. de la Drônie, 1882. t. XVI, p. 69-79, 137-145, 241-256 : Roches, Biogr. Dmphinù, p. ISjS, ( i, p. 443. (H. L.)

4. Lambert, Annales, dans Monum. Germ. hist., Scrijif.- t. v, p. 218.

annoncée l'auncc précédenLe, (jui dixail réconcilier Itenriavec les Saxons, s'occuper des alîaires politiques cl ecclésiastiques de l'empire et publier partout les ordonnances du récent concile ^. Sur la demande de Grégoire, l'inipératrice-mère Agnès s'était rendue en Allemagne avec les légats, afin (rins])irer à son [--oj fds de I)ons sentimenis. ("rhii-ci ([uilla Bamherg où il avait célébré la fcle de P;u[ues cl, accompagné des archevêques de Mayence et de Brème, et de plusieurs autres évéques, vint au devant de sa mère et des légats jusqu'à Nuremberg, où il leur fit une réception amicale et honorable. Apres a\()ir renouvelé en leur présence l'aveu de sa faute et s'être engagé à tourner tous ses efTorIs contre la simonie, il fut de nouveau admis à la communion de l'Eglise. Les conseillers du roi jurcrenl également de rendre les biens des églises acquis par simonie et furent alors relevés de rexcommunication prononcée contre eux-'.

Les légats ilemandcrent ensuite, au nom du pape, la i)ermission de tenir des synodes en Allemagne, pour faire exécuter les nouveaux décrets contre la simonie et le concubinage*. Le roi y

1. Marianus Scotus rapporte ceci : Unde et de prsedicta synodo legati Papœ missi ad Heiiricum regem Romanorum, id est duo episcopi (les cardinaux-évêques) Gérait! d'Oslie et Huinbert de Palestrina) ciim rcgina, régis ejusdein matre, ut et uulversali synodo coram rege, communi omnium episcoporum inlerdictu, jeininas scpararenl a dericis et maxime a preshyteris ; Monum. Germ. fiist., Script., t. v, p. 561. Cette ambassade se composait ofTiciellement de Gérald et d'Humbert, mais surtout de l'impératrice douairière Agnès escortée de ses conseillers de confiance Raiiiald, évoque de Côme et Henri évèquc de Coire. Bonitho. Liber adamicum, 1. VII, dans Monum. Gregor., p. 657 ; Bcrthold, ad ann. 107'î, dans Monum. Germ. hist., Script., t. v, p. 277 ; Lambert de Hersfeld, Annales, ad ann. 1074, dans Mon. Germ. hist., Script., I. v, p. 215 ; Bernold, Chron., ad ann. 1074, dans, Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 430 ; Marianus Scotlus, ad ann. 1074, dans Mon. Germ. hist., Script., t. v, p. 561. Quanta Rainald et Henri, ils n'étaient pas légats ; le témoignage de Grégoire VII est formel ; Paul de Beruried, V ila Gregorii, dans Watterich, Pontif. ronuin. vitw, t. i, p. 519. (H. L.)

2. Agnès et les légats arrivèrent le 20 avril 1074 à Nuremberg ol rel'usèrent de pousser jusqu'à Banibcrg dont l'évèque Hermann passait poiu'simoniaque. (H. L.)

3. J'ai adopté le récit de Bernold, Script., t. v, p. 430, qui en cette circonstance, comme dans beaucoup d'autres, me paraît plus digne de foi que Lambert cl Boiiilho. \jc sci'oiiil concile du carême lonu en 1075, où les conseillers du roi furent de nouveau {ilcrum) excommuniés, prouve (juc ces conseillers avaient été relevés de l'cxconununicatioii. Script., t. v, p. 277.

4. Lambert, Annu, ad ann. 1074 : Petierunt (legati) ver bis ronuini pontijicis ut sinodum tencre intra Gallias pace episcoporum sinercnlur. Vehenienler hoc (ilinneru)il uiinies episcopi. (II. L.)

5GM. VASIE PLAN DK (; Il l'.GOl RK Vil 101

consentit, dans Tesiioir cpie certains évèques, ])armi ceux qui lui étaientle ]ilus opposéset (pii. comme l'évêciue de Worms par exemple, étaient du côté des Saxons, seraient déposés^. ^lais les légats rencontrèrent une résistance violente et inattendue de la part {\c répiscoi>at allemand ; aussi cherchèrent -ils à gagner les deux archevêques de Mayence et de Brème. Mais ceux-ci s'entendirent avec leurs confrères j)résents cl. eu leur nom. Liémar de Brème déclara qu'à défaut du pape, rarclicvè((uc de Mayence, étant légat perpétuel, avait seul le droit de tenir en Germanie des conciles généraux. Le concile projeté ne put donc avoir lieu et les légats retournèrent à Rome comblés de présents par le roi, après avoir cité à comparaître à Rome pour la fête de Saint- André (30 novembre), Liémar, chef de l'opposition '^. [-^J Beaucoup de clercs furent surtout irrités de la décision du concile relative au célibat, et Lambert de Hersfeld rapporte que beaucoup d'entre eux tenaient le pape pour hérétique, puisqu'il oubliait ces paroles du Christ : « Tous ne comprennent pas cela ^, » et celles de l'Apôtre : « Celui qui ne peut résister, peut se marier 4.)) «11 voulait forcer les hommes à vivre comme des anges, et, en s'opposant ainsi aux lois ordinaires de la nature, il ne favorisait que la débauche. S'il persistait dans son sentiment, ils aimeraient mieux abandonner le sacerdoce que le mariage, et ils verraient alors si les anges viendraient remplir les fonctions ecclésiastiques ^. »

1. Id., Siquidetti inteiulerat Romanuft pontifeT ut omnes epivropo.»} et abbnles, qui sarros ^ifiilus precio redemis.'if'iil. disrussio)ir liahila. depowerel ; jamque liac de causa Banibe)ge)isem epixcopum et nlio.s uoiinuUos ah onuii dicinn offirio suspenderat, donec coram venientes iiicestum sibi crimeu h^ereseos digna satisfactione purgarent. Et rex quidem cupide i'olebat odio Wormncicusis episcopi et quorutndam aliorum qui euin bello Sa.ronico offenderant: quos hac calumpuia iiivoh'eudofi et dignitatis siuv d( - Irimenta passuros, spe certissima pra'sump.serat. Sed quia per Icgatos res tanta coufici passe despernbatur, consulta iu aiuJieu'iuni ipsius romani pontificis dilata est. (H. L.)

2. Mon. Germ. Iiist., Script., t. v, p. 215 ; Registruin, I. Il, n. ii8 ; Sudendorf a publié dans son Registrum, t. i, p. 8, n. 5, une importante lettre de Liémar de Brème sur cet incident; G. Schrôder, De Liemaro Hammaburgensi archiepiscopo et de legatione eccles. llammaburg. ad populos septentr., dissert, inaug., in-8, Hal;e. 18G0 ; Dehio, Gescliichle des KrzbistJiunis llainhurg-Breinen. l. n. p. 1 sq. ; Bippen, dans Allgemeine deutsche Biographie, t. xviii. p. 628-631 ; A. Hancl;, Kirchengeschichte Deutschlands, in-8, Leipzig, lyOG, t. iv, p. 775. (H. L.)

;{. Malth., IX, 11.

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