‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 5)Chapitre 490 sur 505 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

4. Cet édit de Marcien n'est pas adressé au pape, mais aux bourgeois de Conslaiitiiiople. Le pape d'alors ne s'appelait pas Jean, mais bien Léon.

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et même de nouvelles ont commencé à se répandre active- [48 'i] ment. Il se console néanmoins, parce (jue la France possède comme autrefois d'excellents pasteurs, qui s'opposeront à l'hérésie et conserveront intacte l'épouse du Christ. Après avoir pris le conseil des évêques (cardinaux évoques) et des cardinaux, il a condamné les capitula qu'on lui a transmis, ainsi que toutes (les fausses) doctrines d'Abélard et leur auteur. A ce dernier, il impose un silence éternel, parce qu'il est hérétique. Quant à ses partisans et à ses défensevirs, ils sont frappés d'excommunication ^.

Dans un second édit beaucoup plus court, le pape ordonne qu'Abélard et Arnaud de Brescia soient enfermés dans un monastère et que leurs livres soient brûlés ^.

Une lettre adressée au pape par Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, nous fournit des détails sur ce ([ui arriva à Abélard après le concile de Sens. « Il y a <[uel([ue temps, maître Pierre, venant de (Sens en) France, arriva à Cluny (se rendant à Rome). Sur ma demande où il voulait aller, il me dit qu'ayant été accusé à tort, par quelques personnes, d'une hérésie qu'il détestait de tout son cœur, il en avait appelé à la majesté apostolique, auprès de laquelle il espérait trouver protection. Je louai ce projet (la sentence du pape contre Abélard n'était donc pas encore connue). Sur ces entrefaites, l'abbé de Cîteaux vint à Cluny et chercha avec moi et avec Abélard les moyens de réconcilier celui-ci avec l'abbé de Clairvaux. Je m'efforçai d'obtenir une solution pacifique et j'engageai Abélard à aller trouver Bernard avec l'abbé de Cîteaux, et, s'il avait écrit quel- ([ue chose de blessant pour les oreilles catholiques, à le rétracter sur le conseil de Bernard et des autres. Il alla el, à son retour, il me raconta <|uc, grâce à l'entremise de l'abbé de Cîteaux, un accommodement avait eu lieu entre Bernard el lui. Sur mes

1. Coleli, Conciiut, L. xii, ful. 1531 ; lianlouiii, Conc. cuil., l. vi, pari. 2, col.

1223 ; Mansi, Conc. nmpliss. coll., t. xxi, col. 564, donnent un texte fort peu correct de ce décret du pape, d'après Otlon de Freisingen, De gestis Frid., 1. I, c. XI. VIII ; l'ep. cxciv, dans la correspondance de saint Bernard, en renferme un autre bien plus correct, P. L., t. clxxix, col. 515 ; Jaffé, Reg. pont, rom., t. I, n. 81'i8.

2. Coleti, Concilia, \. xii, col. 1532 ; Hardouin, Conc. coll., l. vi, part. 2, col.

1224 ; Mansi, Conc. auipliss. coll., t. xxi, col. 505 ; P. L., t. clxxix, col. 517 ; JalTc, Heg. poiil. lo/ti., I. i, ii. 81V.}.

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exliorlalions, ou plutôt par suite d'une grâce divine, Abélard se décida à se retirer coinplètement du l)ruit des écoles et des études et choisit Cluny comme lieu de rcLraite définitive. Nous demandons, maintenant, le monastère de Cluny, Abélard luimême et moi, qu'il lui soit permis de passer à Cluny les derniers jours de sa vie, qui du reste ne peuvent pas être bien nombreux ^. » [485] La sentence du pape contre Abélard fut certainement publiée à l'époque où ce dernier se réconcilia avec saint Bernard, et l'on peut supposer que l'abbé de Cîteaux s'était rendu à Cluny précisément pour obtenir qu'Abélard se soumît à la sentence du pape. Le résultat de ces négociations fut une seconde apologie d'Abélard : Cousin suppose ^ qu'il l'écrivit après sa réconciliation avec Bernard, tandis que M. de Rémusat ^ pense qu'elle fut composée avant la visite d'Abélard à saint Bernard. Voici le résumé de ce travail : « Un proverbe bien connu dit : Rien n'est si bien exprimé qui ne puisse être dénaturé, et saint Ambroise remarque que celui qui écrit beaucoup de livres a beaucoup de juges. Je n'en ai écrit que quelques-uns, fort petits, et cependant je n'ai pu échapper au blâme. Quant à moi, il m'est impossible de découvrir ce qu'il y a de condamnable dans ce qui a été si vivement attaqué. Néanmoins, s'il existe des passages répréhensibles, je ne veux pas les défendre ; je suis toujours prêt à corriger ou à faire disparaître ce qui n'est pas juste . .. Ce que l'Eglise admet, je l'admets aussi; ce qu'elle rejette, je le rejette également. Je n'ai jamais voulu détruire l'unité de la foi,

« 1. Par ignorance ou méchanceté, on a prétendu que j'avais écrit : Pater plena potentiel est, Filius qusedam potentia, Spiritus Sanctus nidla potentia ; ces mots, je les rejette comme diaboliques et non pas seulement comme hérétiques, etc,

« 2. Je professe que le Fils et le Saint-Esprit sont de même substance que le Père, de même volonté, de même puissance, etc. C'est par ignorance ou par malice qu'on a pu dire que, d'après moi, le Saint-Esprit n'était pas de substantia Patris.

1. Pelri Venerahilis epislolx, 1. lil, episl. iv, ad Innocenlium H, P. L., l. chxxxix, col. 304 ; 1. IV, epist. xxi ; 1. VI, epist. xxii, ad Ileloiaam. col. 347, 428. (H. L.)

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